Amanda Lehmann : Innocence and Illusion

Rock progressif

J’aimerais faire connaître aux plus nombreux d’entre vous cette fabuleuse artiste qu’est Amanda Lehmann, dont les talents de compositrice, chanteuse, guitariste et mélodiste se doivent d’être partagés avec le monde entier. Amanda est anglaise et partage depuis plus de dix ans les scènes et les derniers albums en date de maître Steve Hackett (ancien guitariste de Genesis dans la période bénie de l’origine à 1976) et auteur de fabuleux albums solo depuis Voyage of the acolyte jusqu’au dernier en date Surrender of silence.

 

nanook-webzine-musique-album-Amanda-Lehmann-Innocence-and-Illusion

 

Amanda partage donc la plupart des concerts donnés par Steve dont les excellentes tournées Genesis Revisited et chante magnifiquement en chœur et en solo, spécialement sur le cultissime Shadow of the Hierophant et le non moins magnifique Ripples de Genesis. Elle accompagne le groupe avec son talent de guitariste également et participe à plusieurs projets musicaux, entre autres avec Nick Magnus, fidèle acolyte de Steve Hackett depuis des lustres et arrangeur, claviériste et producteur de ce présent album.

J’ai eu l’immense honneur de collaborer avec Amanda pour mon opera rock Foreign, où elle apparait dans le deuxième album sur deux titres comme chanteuse (dont un duo avec moi-même sur Mariner of all seas) et comme guitariste soliste sur une autre chanson Yerushalaîm. Elle fera également partie de mon futur album The Raging project.

Amanda a donc sorti son véritable album solo l’année dernière, après Shadow, un EP 4 titres datant de 2010 déjà très prometteur. C’est de ce Innocence and Illusion dont je vais vous parler maintenant.

 

nanook-webzine-music-Amanda-Lehmann-Innocence-and-Illusion-photo

 

We are the heroes  donne le ton général de l’album, une finesse de composition et d’interprétation, un don pour la mélodie imparable, une production limpide et vintage à souhait, et cette voix (ces voix !) angélique, cristalline, presque divine. Malgré la douceur et la lenteur du morceau, un beau solo très prog de moog vient décorer l’ensemble au beau milieu de la partie instrumentale, histoire de rappeler que l’on navigue sur une musique progressive.

 

nanook-webzine-musique-Amanda-Lehmann-Innocence-and-Illusion-lee-millward

 

Tinkerbell ne me fait pas mentir et rien que de repenser au refrain, j’en ai des frissons. Un très beau travail d’arrangement a été réalisé sur les voix, comme un chœur à part entière, toutes interprétées par Amanda, et le grand passage symphonique du milieu arrangé par sieur Magnus fait des merveilles.

Soudain, l’ambiance nous fait plonger à travers le temps avec le très jazzy Only happy when it rains où l’on découvre le timbre grave d’Amanda, qui nous chamboule les sens tellement elle fait groover l’ambiance. C’est dansant, joyeux, et chantant, et nous en avons tous bien besoin. L’apparition de l’excellent Rob Townsend (acolyte de Steve Hackett) nous gratifie d’un magnifique solo de saxophone soprano, pour alimenter encore ce sentiment que la musique peut toujours nous rendre heureux et peut-être un jour changer le monde.

L’épique est également de circonstance avec The Watcher, belle ballade lancinante et langoureuse que n’aurait pas renié Fish dans ses premiers albums en solo. D’ailleurs quelques ambiances de guitare acoustique et le chorus du milieu ne sont pas sans rappeler la magie de Marillion et le feeling de Steve Rothery. Quel beau moment !

 

nanook-webzine-musique-Amanda-Lehmann-Innocence-and-Illusion-photo

 

Et là, attention aux esprits les plus rêveurs et empathiques : Memory Lane magnifie le savoir-faire d’Amanda, cette somptueuse ballade, écrite en hommage à sa mère décédée d’une forme de démence un peu avant la sortie de l’album (voir vidéo dans cet article), est l’une des plus belles chansons qu’Amanda ait composée et interprétée. Tout est douceur, nostalgie, et aussi tristesse il faut le reconnaître. Les textes sont d’une mélancolie exceptionnelle, d’une haute poésie et Amanda nous fait réellement plonger dans son univers et son esprit.

Frissons garantis, je ne me lasse toujours pas de l’écouter.

Roger King, maître à penser de l’équipe Steve Hackett, qui joue des claviers sur ce titre, ajoute un côté symphonique à l’ensemble, et le sax soprano de Rob distille encore une ombre onirique et enchanteresse sur le tableau déjà très coloré. Que c’est beau, mes amis, j’en pleurerais…

 

 

Reprenons-nous avec le très pop Forever Days et son refrain très accrocheur, doté d’une ambiance « marillionesque » (genre Don’t Hurt yourself de l’album Marbles) du plus bel effet et accompagné d’un très bon solo de Steve Hackett.

La mélancolie est de nouveau maîtresse dans We are one et Amanda continue de nous faire rêver à l’aide de son timbre si particulier, empreint d’émotion et de douceur. Chanson très atmosphérique qui me rappelle certaines ambiances des vieux albums de Yes (qui a dit les meilleurs ?), combinées à quelques envolées mélodiques des premiers Genesis (qui a encore dit les meilleurs ???), et même à un côté Pink Floyd époque Division Bell ; claviers, guitares et voix en osmose, en apesanteur.

 

 

Nous retournons dans une douce ambiance années 50 avec Childhood delusions, la chanson est construite comme un blues en ternaire bien sûr, ou encore une valse lente et lancinante, orné de beaux arrangements harmoniques, et de ce chant très fin dont les lignes vocales restent longtemps en tête. Les textes sont toujours empreints de nostalgie, comme des souvenirs d’enfance perdue.. ou retrouvée.

J’ai ressenti un côté Angelo Badalamenti époque BO de Twin Peaks qui sied merveilleusement à la chanteuse, qui joue ici également du piano.

 

nanook-webzine-musique-chronique-Amanda-Lehmann-Innocence-and-Illusion

 

L’album se termine avec un petit épilogue d’à peine une minute, Where the small things go qui rassemble une dernière fois Steve Hackett (son doigté acoustique est reconnaissable entre tous !) et Amanda, qui nous enlacent comme dans une berceuse éternelle…

 

nanook-webzine-musique-article-Amanda-Lehmann-Innocence-and-Illusion

 

Cet album est un ravissement, mélangeant les styles classieux et ultra-mélodieux, une sorte de fusion entre pop-music la plus stylée et le plus doux du rock progressif. C’est une belle réussite, Amanda a atteint le coup de maître en imprégnant nos esprits, nos âmes pour ce voyage au-delà de l’éther, éveillant nos émotions les plus belles, les plus essentielles. Merci Amanda…

 

 

« Innocence and illusion,
Childhood delusions
The man in the moon still follows me home… »

 

Autres albums à se procurer :
Amanda Lehmann – Shadow
Steve Hackett – Genesis Revisited – live at the Royal Albert Hall
Foreign – The symphony of the wandering jew Part II
Nick Magnus – Catharsis

 

Pour en savoir plus :

Site officiel d’Amanda Lehmann

 

nanook-webzine-music-picture-Amanda-Lehmann-Innocence-and-Illusion-lee-millward