Dark Horse White Horse

Metal progressif

Dark Horse White Horse est le tout nouveau projet de la chanteuse mexicaine Marcela Bovio, que j’ai découvert dans The Human Equation d’Ayreon et ensuite dans Stream of Passion, groupe formé par le maitre d’oeuvre d’Ayreon justement, Arjen Lucassen.

Son timbre et sa tessiture impressionnante m’ont toujours fasciné et le fait qu’elle ait été seulement présente comme choriste sur un des derniers live d’Ayreon est pour moi une injustice totale. Attention, je ne dis pas qu’être choriste est moins enviable que chanteuse lead, mais vu le talent de cette femme, on aurait pu penser qu’elle fût mise plus en valeur.

 

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Bref, comme une douce vengeance sur le destin, elle sort ce EP de 5 titres composés avec deux musiciens hollandais, Jord Otto (guitares) et Ruben Wijga (claviers) fougueux et accompagnés de deux invités, Siebe Sol Sijpkens (basse) et Arïen Van Weesenbeek (batterie), dont la technique instrumentale n’est plus à prouver et n’a d’égale que leur précision et leur virtuosité. Le disque est présenté avec une superbe pochette stylisée, minimaliste et très géométrique, représentant en trait d’or deux demi-faces de cheval.

Moins prog 70’s qu’Ayreon et plus torturé et moderne que le metal prog romantique de Stream of Passion, un aperçu avait déjà été diffusé sur la toile avec ce titre furieux  Black Hole sorti il y a quelques mois, qui m’avait déjà très fortement impressionné, de par le son puissant et précis et la voix de Marcela, qui sortait tout juste d’un cancer et apparemment guérie (c’est tout ce que je lui souhaite), la chanteuse semblant vouloir percer les extrêmes de son organe, déjà exceptionnel d’origine, fêtant la vie, la renaissance, l’envie et la passion de la musique.

 

 

Autant à l’aise dans le registre lyrique qu’en voix claire et poussée, la soprane se targue de flirter avec le fameux contre-ut (presque impensable à atteindre pour une chanteuse metal) et à façonner  son timbre d’une certaine saturation qui lui sied à ravir. Marcela illumine cet album pourtant très sombre et très masculin et apporte cette lumière divine qui embellit chaque chose qui semble trop grise dans chacune de nos vies.

 

 

Si elle avait encore quelque chose à prouver dans le monde des chanteuses metal, elle n’a à présent plus rien à envier à ses non moins talentueuses consœurs telle que Anneke, Cristina Scabbia (Lacuna Coil), Sharon den Adel (Within Temptation) ou même Floor Jansen (Nightwish) et Amy Lee (Evanescence) et culmine à présent au même sommet de flamboyance ! D’ailleurs en parlant d’Anneke, ce très bel essai me fait vraiment penser au projet Vüür de la néerlandaise, essentiellement par le style moderne post-metal furieux et alambiqué.

Les mélodies sont ultra léchées, les rythmiques interprétées avec autant de maîtrise qu’un groupe de Djent ou de Math-metal et les chorus de guitares et de claviers sont rutilants de prouesse. Il est rassurant de voir encore en 2021 des musiciens qui ont encore un renouveau et une modernité à apporter au prog metal, voire au post-metal, c’est un espoir pour les mois et les années qui viennent.

 

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J’espère sincèrement que cette magnifique collaboration donnera lieu à un album entier, car le groupe a forcément beaucoup d’autres choses à proposer de sa musique, j’ai d’ailleurs entendu dire qu’il existait quelques versions orchestrales de certains titres. Ruez-vous sur cet EP, vous n’allez pas en revenir !

 

 

Pour en savoir plus :

Site du groupe Dark Horse White Horse