Interview : Ivan Jacquin, créateur de l’opéra rock The Symphony of the Wandering Jew

Opéra rock

À la découverte de l’opéra rock The Symphony of the Wandering Jew et de son créateur Ivan Jacquin : Ce musicien aux multiples compétences (auteur compositeur, chanteur, claviériste, pianiste) nous nous propose un projet musical impressionnant que nous allons vous faire découvrir dans l’interview qui suit.

 

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Interview

Tout d’abord, pouvez-vous nous présenter votre parcours musical ?

J’ai commencé l’étude du solfège à l’âge de 6-7ans, puis ai choisi le piano comme instrument. J’ai étudié au Conservatoire pendant huit ans, puis me suis orienté vers le jazz et l’improvisation que j’ai étudiés pendant sept ans. J’ai toujours été attiré par pléthore de styles musicaux et ai découvert en même temps le rock et le heavy-metal, style qui ne m’a plus jamais quitté depuis. Je joue un peu de batterie, de guitare acoustique et me suis mis au duduk il y a peu. J’ai intégré mon premier groupe à 17 ans et depuis cette époque, je n’ai pas cessé de jouer en groupe comme chanteur/pianiste/claviériste, rock, pop, celtique, jazz, metal, rock progressif…

 

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Comment vous est venue l’idée de créer l’opéra rock The Symphony of the Wandering Jew ?
À l’origine, il y a le livre de Jean d’Ormesson Histoire du Juif Errant.
Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai toujours eu en tête de composer un truc énorme, et l’opéra rock était le meilleur moyen de composer avec les différents styles musicaux que j’affectionne. Le mythe du Juif Errant m’a paru adéquat pour être mis en musique, suivre la malédiction d’un homme rendu immortel est un formidable moyen de raconter une histoire, de voyager dans le temps et les âges et s’approprier ce mythe médiéval né au XIIIème ou XIVème siècle en Germanie et repris depuis par maints écrits, dont Guillaume Apollinaire, Stefan Heim, Alexandre Dumas, Eugene Sue… et bien sûr Jean D’Ormesson qui est un pur chef d’œuvre et le plus extrapolé. Je m’en suis un peu inspiré mais mon Juif Errant est différent de tous les autres, c’est le mien (rires).

 

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Comment s’est passée l’écriture et la composition des morceaux ?
Quelles en ont été les étapes et les inspirations ?

Pas mal de morceaux ont été composés il y a une quinzaine d’années et la plupart ont atterri sur le premier album, réarrangés et ornés des textes pour l’histoire. Les musiciens qui les jouent sur l’album ont contribué à les rendre plus lumineux et plus actuels. Pour le deuxième, j’ai également utilisé d’anciens morceaux inédits qui ont été modernisés et allongés pour coller aux styles et ressentis des musiciens et chanteurs, certains même comme Zak Stevens ou Andy Kuntz ont réarrangé les textes de leur personnage pour mieux s’immerger dans la musique.

 

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Mais pas mal d’autres chansons sont nouvelles et je les ai composées en fonction des invités prestigieux qui ont accepté de participer à l’aventure. Concernant les enregistrements, les batteurs, bassistes et guitaristes ont prisé leurs parties de leur côté et certains autres instruments également dans leur propre studio. Pour ma part, j’ai accueilli beaucoup d’artistes comme pour le premier album et les ai enregistrés dans mon studio (chants, violons, violoncelles, hautbois, flûtes, duduk, claviers), c’est d’ailleurs l’une des phases les plus enrichissantes du process de l’album, pouvoir échanger avec les gens que l’on ne connait pas forcément, ne pas trop les diriger et les laisser faire avec leurs émotions et leur talent. Et là, c’est l’extase ! Parfois j’ai eu des émotions et des frissons uniques que je n’ai jamais retrouvés ailleurs dans d’autres circonstances de la vie. Comme une fin de phrase d’une chanteuse, ou une suite de notes de violon, ou encore un coup d’archet de violoncelle non prévu ou une erreur d’interprétation peuvent changer toute une prestation artistique, en mieux.

Quand tout fut enregistré, la phase de mixage a commencé aux mains expertes de Markus Teske, bien connu pour son travail pour Vanden Plas, Mob Rules, Red circuit… Il a réellement bossé pour l’album et toutes ses interventions ont été mises en essai avant approbation de ma part. Un beau travail d’équipe, et un résultat au-delà de mes espérances. L’album a un son puissant, mais rempli de détails, actuel avec un petit côté vintage que je désirais réellement retrouver.

Le livret a été superbement constitué par ma compagne Jeannick Valleur (également chanteuse de Foreign) et orné de croquis des personnages principaux de l’histoire dessinés de la main experte de Marie Desdemone Xolin (également chanteuse de Foreign).

Enfin j’ai eu la chance que le label Pride and Joy soit intéressé pour promouvoir l’album et le distribuer en Europe, mais hélas pas trop en France. Je reste encore à démarcher beaucoup de médias pour la promotion de Foreign dans mon pays.

 

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Si le travail de composition est impressionnant, le casting l’est tout autant.
Pouvez-vous nous parler des musiciens qui y participent ?
Comment se sont-ils joints à votre projet ?

Pour le premier album, j’ai fait appel à mes collègues de mon groupe rock metal prog Psychanoia, Thierry Charlet à la batterie, Jeanffy Ciman à la basse et Olivier Gaudet pour les guitares, qui se sont investis d’une manière exemplaire. Mes deux « femmes » d’Amonya, mon autre groupe acoustic jazz cabaret, se sont jointes au projet également (Jeannick au chant et Laurence aux flûtes). J’ai également invité d’autres musiciens avec qui j’avais partagé des groupes et des scènes depuis pas mal d’années et voir regrouper tant de personnes que j’apprécie et dont j’apprécie la musique était très gratifiant.

 

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J’ai enfin découvert quelques perles via Facebook, comme Cathy Bontant, Camille Borrelly, Marie Xolin et Carole Rakotovel pour les chants féminins, Mathilde Armansin et son violon enchanteur, Rachel Ruaux et son doux hautbois, j’en oublie et je m’en excuse, les chœurs aussi étaient constitués de vocalistes avec qui j’avais partagé un spectacle d’Hommage à Pink Floyd de 2008 à 2011 avec orchestre, chœur et groupe rock dont j’étais le chanteur/claviériste. Ce premier album a été un bonheur immense à créer, car c’était tout nouveau pour moi de faire ce genre de grandiloquence un peu folle et de prises de son, et j’ai l’impression que cette folie créatrice a gagné chacun des participants de ce disque. C’est pourquoi il est très spécial et si éclectique.

 

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Pour ce deuxième album, à mon plus grand plaisir, la majorité de mes musiciens m’accompagnent à nouveau, les Psychanoia, les Amonya, ainsi que les personnages récurrents, Marie Madeleine, Jesus Christ, Ar’Brionn, Ahasver, Lady Jane et le Juif errant Isaac Laquedem, respectivement incarnés par Marie Xolin, Thierry Marquez, Stephane Van de Capelle, Florian Pothiat, Jeannick Valleur et moi-même. Certains instrumentistes reviennent également comme Rachel au hautbois, Didier Gris et Mathilde aux violons et alti, Patrice Culot à la guitare, Henri-Pierre Prudent à la batterie, Olivier Goyet et son dulcimer, Camille Borrelly sans sa voix mais avec sa guitare acoustique. Pour l’autre partie de l’impressionnant casting, j’ai voulu inviter des « stars » de l’univers rock metal prog international avec qui j’avais envie de collaborer depuis tant d’années. Je suis donc ravi et plus qu’honoré d’avoir aux chants Zak Stevens (Savatage, Transiberian Orchestra), Andy Kuntz (Vanden Plas), Amanda Lehmann (Steve Hackett), qui joue des chorus de guitares également sur Yerushalaïm, Tom S. Englund (Evergrey, Silent Skies), Mike Lepond (Symphony X) à la basse sur deux morceaux, et Leo Margarit (Pain of Salvation) à la batterie sur quatre morceaux.

 

 

Pour les nouveaux venus, Jean-Baptiste Chalmandrier (avec qui j’ai joué il y a longtemps) a joué de la basse sur Rise 1187, David Humbert mon vieux compère a embelli deux chansons avec son talent de guitariste. De plus, j’ai découvert Sonia Duval qui a transmis beaucoup d’émotions avec son violoncelle, Emma Elvaston et Emmanuel Levy par le biais de leurs groupes Beneath my sins et Wormfood, je suis tombé sous le charme de la voix de Fanny Deroy (et je ne suis pas le seul…), j’ai voulu avoir une petite touche electro-médiévale hors du temps avec la vielle de Grégory Jolivet, puis Christine Bulle et sa harpe doucereuse, et bien sûr le chœur, nommé Les sirènes du temps, différent du premier album car réduit de moitié, mais avec certains fidèles tout de même, comme Raphael Favereaux, Jeannick, Estelle Janod, Alexandra Poinsot, Patrice Duchêne, Florian, et de nouveaux talents comme Benoit Hadengue et Florence Brusseaux. De très belles amitiés sont nées pour ce casting impressionnant.

Je crois que je n’ai oublié personne, une fantastique aventure, je ne les remercierai jamais assez pour avoir concrétisé ce rêve, je suis plus que gâté ! (rires)

 

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Cette création d’opéra rock de Foreign est une autoproduction.
Comment avez-vous procédé pour monter un tel projet dans ces conditions ?

Le premier album est en effet une autoproduction complète, de l’enregistrement au mixage et mastering en passant par le pressage et la promotion des CD. Le budget a été récolté par un financement participatif, ainsi que certains fonds personnels que j’ai accumulé au fil des années. Cela s’est passé un peu pareil pour le Part II mais en plus conséquent, car cette fois, les artistes connus et confirmés, ainsi que le studio de mixage et mastering sont professionnels et j’ai dû leur verser un cachet bien mérité (et encore ils n’ont pas été gourmands en général, sauf quelques-uns..). J’ai eu la chance que le pressage et la promotion des CD soient pris en charge par le label, ce qui m’a fait économiser quelques beaux billets !

 

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Si j’ai bien tout suivi, The Symphony of the Wandering Jew est une trilogie.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la 3e partie ?

Je laisse un peu de mystère pour les années à venir, car ce troisième album sera je pense aussi long à préparer que le deuxième, qui m’a pris six ans. En vérité, je n’ai pas beaucoup de matière musicale disponible et je suis déjà en train de faire le tri des personnages, et lorsque je saurai de qui parler, j’enverrai mes requêtes à des artistes avec qui je rêve de travailler depuis des années… j’espère que beaucoup accepteront, pour permettre à Foreign de s’élever encore et toujours. J’ai la trame générale de l’histoire et je sais que la plupart des musiciens présents sur Foreign I et II sont d’ores et déjà impatients de s’y remettre. Mais j’ai bien peur de vous concocter un double album, vu la densité de ce que j’ai en tête… (rires)

 

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Pour la suite, pourrait-on imaginer voir l’opéra rock The Symphony of the Wandering Jew en live ?

Les miracles arrivent parfois, mais sincèrement je ne pense pas. La mise en place d’un tel spectacle requiert une structure professionnelle et réunir tous les parties, ou même une bonne partie de tous ceux qui jouent et chantent sur le projet relèverait du défi infernal… et un budget énorme. Donc je n’ai que peu d’espoir que cela arrive, mais sait-on jamais…

 

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Pour en savoir plus

Page facebook du groupe Foreign

Soundcloud du groupe Foreign

 

 

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