Alwaid : The Machine and the Beast

Metal symphonique

Deuxième album des lillois d’Alwaid, The Machine and the Beast est une belle preuve d’œuvre évolutive, qui nous permet d’apprécier l’ampleur du talent de chaque musicien, et de l’esprit de groupe également. Je ne sais pas si cela est intentionnel, ils nous le confieront plus tard dans l’interview que je leur ai proposée, mais on sent vraiment un ordre croissant dans le travail des morceaux et de leurs atmosphères respectives.

 

nanook-webzine-musique-chronique-metal-alwaid-1

 

Au départ un peu naïf et convenu, avec l’intro et Amphisbaena, on se dit « Oh, encore du metal symphonique avec une chanteuse lyrique », on aurait même tendance à décrocher et à s’impatienter… Mais les choses s’éclaircissent et le style qui paraissait être trop proche de groupes comme Therion ou Epica, se transforme petit à petit, telle une chrysalide ouverte sur une musique à part entière, se bonifiant au fil des chansons, et notre esprit et nos sens finissent captivés par cet album.

 

 

Le réel intérêt de cet album, outre ses musiciens avec un gros potentiel et une production digne des plus professionnelles est, d’une part, le mélange de style très bien digérés. À noter le côté épique de The lord of cities et Monsters by gaslight (ornées de superbes lignes de chant), un autre côté gothique et obscur sur Sang noir, avec encore ce chant lyrique très beau et aérien, une part folk presque médiéval sur Idle riddles and rhymes rafraîchissante, on ressent même une petite influence King Diamond dans les lignes de chant, flagrant parfois. D’autre part, le style vocal de Marie Perrier, entre voix claire et lyrique, passe allègrement d’un registre à l’autre avec une facilité déconcertante, presque inquiétante même, proche de la bipolarité.

 

nanook-webzine-musique-chronique-metal-alwaid-3

 

Cette voix que je n’aimais pas trop au début et que j’adore après quelques écoutes, ce timbre médium clair et parfois grave, plus juste et puissant que le côté lyrique, s’améliore au fur et à mesure des morceaux. «So the song went» en est la preuve, ces notes graves et profondes font frissonner sur cette ballade ténébreuse et tranche avec les hauteurs soprane de l’excellent Fractalized et son côté à peine progressif, ou encore l’apogée éclatante qu’est The call of the wild, doté d’un refrain fédérateur, accrocheur… Voix lyrique que je place entre les timbres, aussi intéressants, de Claire-Lyse Von Dach (ex-Elfyria) et Manuela Kraller (ex-Xandria).

Les soli alternés de guitares et de claviers se marient également très bien, pour des moments furieux de virtuosité jamais lassants. Encore un plus pour la musique du groupe.

 

 

Plus éloigné de Nightwish et Within temptation que de Theatre of tragedy et Epica, les multiples facettes de nos cinq français raviront une pléiade d’esprits ouverts, des mordus de symphoniques aux fans de heavy metal classique, ratissant par la même occasion une bonne partie de l’électorat gothique et de metal progressif. Une belle réussite !

Bientôt l’interview de ce petit groupe appelé à devenir grand, très grand.

 

nanook-webzine-musique-chronique-metal-alwaid-2

 

Pour aller plus loin