La Tour Sombre

Un film de Nikolaj Arcel

La Tour Sombre ou The Dark Tower pour les puristes était l’une des adaptations des livres de Stephen King les plus attendues ces dernières années. S’étendant sur pas moins de huit livres, l’auteur s’était attelé à la tâche d’écrire une grande épopée dès son adolescence. Le résultat est intéressant (même si je préfère de loin ses autres œuvres) mais l’adaptation cinématographique est une déception, pour ne pas dire un désastre….

 

la-tour-sombre-chronique-nanook-webzine-avis-cinema-film-nikolaj-arcel-the-dark-tower-the-dark-tower-stephen-king-1

 

Alors qu’est-ce qui a pu aussi mal tourner ?

C’est encore une question que je me pose. En effet, d’une part si vous connaissez les livres, il y a matière à faire un sacré film. D’autre part, quand vous voyez le casting, vous pouvez vous dire que ça peut ne pas être trop mal. Sauf que non, la sauce ne prend pas. Là où le film aurait dû durer bien trois heures au minimum, il n’en fait qu’une heure trente et là où les acteurs auraient pû faire ressurgir des émotions, on en reste à quelque chose s’approchant fortement d’une série B diffusée sur TF1 un lundi après-midi pluvieux.

Mais venons-en aux faits.

Pour le moment je n’ai lu que le premier livre de cette grande épopée et malheureusement ou heureusement (tout dépend du point de vue) il n’est pas nécessaire d’avoir lu les livres pour comprendre le film. Par contre je vous conseille quand même de lire le livre avant car le film ne vous donnera pas forcément envie de vous plonger dans des centaines de pages.
Le livre est quelque peu tarabiscoté. C’est du Stephen King en même temps vous me direz. Mais différent de son style habituel, même si habituel est mal choisi. L’auteur ne cessant de prouver ses talents au fil de ses œuvres.

 

la-tour-sombre-chronique-nanook-webzine-avis-cinema-film-nikolaj-arcel-the-dark-tower-the-dark-tower-stephen-king-5

 

Dans le premier volet de La Tour Sombre, le lecteur est plongé dans un univers quelque peu post apocalyptique / western aux côtés de Roland Gilead, le dernier pistolero digne de ce nom. De ce Roland, nous allons découvrir qu’il a grandi dans un monde qui n’est plus et qu’il suit une quête bien définie : atteindre la Tour Sombre et surtout rattraper l’homme en noir qu’il veut dézinguer à tout prix. Il va traverser des contrées arides, rencontrer des gens étranges et surtout tomber sur Jake, qui ne semble pas venir de ce monde-là. Effectivement, ce gamin parle de choses qui paraissent complètement incongrues à Roland qui ne comprend pas la plupart des mots que prononcent Jake tels que parc d’attractions ou métro.

De là, nous sommes amenés à supposer que Jake s’est retrouvé dans ce monde aride et désertique sans trop savoir comment. Les explications restent vagues, ce qui apporte du réalisme à l’histoire. Jake ne sait pas ce qu’il fait là et commence à oublier qui il était.

Grosso modo voici le premier volet sur lequel va s’appuyer le film. Et j’appuie bien sur le grosso modo car c’est bien plus complexe que cela.

 

la-tour-sombre-chronique-nanook-webzine-avis-cinema-film-nikolaj-arcel-the-dark-tower-the-dark-tower-stephen-king-2

 

Le film

Le film donc. Roland est interprété par Idris Elba. Le rôle ne lui va pas trop mal même si bon son interprétation reste basique. Là où je m’attendais à un peu plus de jeu c’était de la part de l’homme en noir joué par Matthew McConaughey, vous savez l’acteur qui a commencé par montrer son joli petit minois dans des films à l’eau de rose et qui a explosé l’écran des années plus tard avec Tropic Thunder et surtout True Detective et Dallas Buyers Club entre autres.

Bah là aussi il ne sort pas trop de ses pénates de rôle de méchant. C’est plat et je n’ai pas arrêté de faire une fixette sur sa peau très lisse et grasse… Quant à Jake, joué par Tom Taylor, ce n’est pas trop mal. Il joue bien mais sans plus. Et au-delà du jeu d’acteurs, même l’histoire reste lisse (à la limite, ce qui fait vraiment plaisir à voir c’est l’actrice qui joue la mère de Jake et qui n’est autre que Katheryn Winnick aka Lagherta dans Vikings).

 

la-tour-sombre-chronique-nanook-webzine-avis-cinema-film-nikolaj-arcel-the-dark-tower-the-dark-tower-stephen-king-3

 

Par rapport au livre, le film se déroule ainsi : vous prenez Jake, un gamin sans histoire qui semble avoir des cauchemars particulièrement réalistes à propos d’enfants qui sont utilisés pour faire exploser une tour. Ces enfants sont enlevés par des hommes qui ressemblent à s’y méprendre à des singes et se déguisent en humain. Ils se distinguent cependant par une marque rouge qui descend le long du cou derrière l’oreille. Jake reproduit ses rêves en dessinant (pas mal du tout d‘ailleurs).

 

la-tour-sombre-chronique-nanook-webzine-avis-cinema-film-nikolaj-arcel-the-dark-tower-the-dark-tower-stephen-king-6

 

Et à chacun de ses cauchemars, la Terre se met à trembler. Bon évidemment, ses parents s’inquiètent. Enfin surtout sa mère. Le beau-père lui aimerait bien voir partir ce gosse pour avoir Madame pour lui tout seul (en même temps on ne peut pas trop lui en vouloir hein, c’est quand même une sacrée belle femme). Les choses dégénèrent petit à petit et l’école propose aux parents de Jake de l’envoyer dans un centre pour soigner ses troubles psychologiques dont ils attribuent le déclenchement au décès du père de Jake.

Mais Jake ne l’entend pas ainsi et voit bien qu’il y a anguille sous roche. Les professionnels censés s’occuper de lui sont en fait ce dont ils rêvent. De ses rêves, il va découvrir qu’une maison existe et pourrait répondre à ses questions. Il s’enfuit donc, trouve la baraque en question, qui comporte un portail lui permettant d’accéder à un autre monde, celui de Roland.

Et je ne vous en écris pas plus parce que sinon je vous spoil tout. Mais autant vous dire que le film n’apparaît qu’au final que comme un gros clin d’œil au livre.

 

la-tour-sombre-chronique-nanook-webzine-avis-cinema-film-nikolaj-arcel-the-dark-tower-the-dark-tower-stephen-king-4

 

Alors oui cela peut être intéressant de se dire que le livre a servi de support pour écrire une autre histoire, sauf qu’à mon avis il n’y en avait vraiment pas besoin. L’épopée de Stephen King est tellement vaste que l’adapter telle quelle sur grand écran aurait déjà été sacrément couillu car autant vous dire d’avance que cette série de livres n’est pas pour toutes les mains. En effet, et pour conclure, le film est largement grand public. Le livre au contraire est clairement écrit pour des adultes.
Donc bon si vous n’avez vraiment rien d’autres à regarder, ou si vous voulez voir un film qui ne dure pas plus d’une heure trente, regardez-le. Il n’est pas mauvais en soi, la mise en scène et les effets spéciaux ne sont pas si mal. Seule l’histoire reste plate et c’est bien dommage.

 

la-tour-sombre-chronique-nanook-webzine-avis-cinema-film-nikolaj-arcel-the-dark-tower-the-dark-tower-stephen-king-7