La Belle et la Bête

Un film de Bill Condon

Sorti en mars 2017, le film Disney de la Belle et la Bête réussit-il son pari à nous faire retourner en enfance ?

Et bien oui !

D’une durée de 2 heures environ, le film nous transporte dans ce conte magique dont on ne se lasse pas. Bill Condon a fait preuve d’une grande attention au dessin animé Disney mais pas que. Effectivement, des petits couacs scénaristiques étaient bien présents dans le dessin animé datant de 1992 et le réalisateur s’est échiné à les effacer pour rendre l’histoire plus réaliste (même si oui je sais c’est quand même l’histoire d’un prince transformé en bête à la base).

 

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À propos du conte

Pour ceux qui ne connaissent pas cette aventure, tirée du conte écrit par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont en 1757, un synopsis s’impose.

C’est à la fin du XVIIIè siècle que l’histoire commence. Nous sommes en France sous le régime de la royauté où un jeune homme (Dan Stevens), prince d’un roi cruel, va grandir à son image. Lors d’une soirée donnée au château pour savourer ses fastes, une vieille dame va demander qu’il lui vienne en aide. Il la jette avec mépris hors des portes. Malheureusement, bien mal lui en a pris car cette vieille bique s’avère être une sorcière qui lui lance un sort : celui de le transformer en bête et d’être condamné à rester sous cette apparence tant qu’il n’aura pas une femme qui sera arrivée à l’aimer tel qu’il est et pour ce qu’il est. C’est un peu la petite leçon : ne pas se fier à l’emballage !
Mais, si les pétales de la rose qu’elle lui laisse tombent toutes d’ici là, il sera condamné à rester éternellement sous cette forme bestiale. Et quand il s’agit de bête, elle ne lésine pas sur les moyens. Il est immense, très poilu et avec des cornes. Autant dire que s’il se lave il a intérêt à bien se sécher sous peine de sentir le chien mouillé.
Mais la malédiction ne s’arrête pas là puisque tous les employés se retrouvent condamnés au même sort : le majordome, la femme de chambre, et j’en passe.

 

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Les années passent et pendant ce temps là, Belle grandit dans un village voisin.

Belle (Emma Watson) est jeune, la tête dans les nuages, toujours le nez fourré dans un livre. C’est d’ailleurs la seule qui sache lire et elle passe pour une femme étrange. Elle rêve d’un ailleurs, elle rêve d’un pays où elle ne se sentira pas à part dans ce monde là et où elle ne sera pas condamnée à épouser un homme qui la mettra aux fourneaux. Car à cette époque le schéma n’est guère égalitaire : l’homme travaille tandis que madame s’occupe des enfants et de la maison. Et elle ne veut pas de cette vie là. C’est d’ailleurs bien pour cela qu’elle refuse de multiples fois les demandes de Gaston, qui ne cesse de la courtiser. Gaston, c’est le méchant dans l’histoire en quelque sorte. Il est grossier, imbu de sa personne et toutes les femmes, sauf Belle, tombent à ses pieds parce qu’il est beau, sexy et viril. Interprété par Luke Evans dans le film c’est sur qu’il ne laisse pas indifférent…

 

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La vie suit son cours jusqu’au jour où le père de Belle part vendre ses créations et se retrouve coincé au retour dans la forêt. Entouré par des loups, son cheval tente de fuir et se retrouve devant les portes du château. Le père entre, se réchauffe, tente de manger le plat servit par on ne sait qui et file à toute allure lorsqu’il réalise que les objets parlent. Dans sa fuite, il prend malgré tout le temps de cueillir une rose, que Belle lui avait demandé. Et la Bête, dans sa fureur et se sentant volé, emprisonne le père de Belle.
Le cheval repart tout seul à vive allure direction la maison où Belle l’accueille alarmée et demande au cheval de la conduire à son père.
Arrivée au château, elle retrouve son père. La Bête s’énerve, considérant son père comme un voleur et propose un échange : libérer son père à condition qu’elle prenne sa place.
Ce qu’elle fait.

La suite, ah la suite… Belle tombe petit à petit sous le charme de cette Bête qui n’est pas ce qu’elle parait et la malédiction prendra fin. Tout est bien qui finit bien.

 

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Le film

Et le film est une pure merveille dans le sens où toutes les chansons du dessin animé sont reprises ainsi que des plans inoubliables : l’accueil de Belle à table avec les dix mille plats ; la préparation de toute beauté de la Bête avant leur soirée où Belle est censée lui déclarer sa flamme et tutti quanti.

Le plus du film, c’est de mettre fin à des incohérences du dessin animé telles que le fait que Belle soit lettrée alors que le reste du village ne l’est pas, le fait aussi qu’il fait beau au village alors qu’au château tout est sous la neige alors que ce n’est qu’à quelques kilomètres de là, le fait aussi notamment que la malédiction dure depuis dix ans et que lorsqu’on fait le calcul y a des trucs qui ne vont clairement pas. Tout ça le film y répond avec brio et finesse. En même temps, le film dure 30 minutes de plus que le dessin animé qui est allé au plus rapide et au plus simple mais c’est mal juger le spectateur que de croire qu’il ne réfléchit pas devant un dessin animé…

Quant aux acteurs, ils ont été très bien choisi et ils chantent parfaitement bien. Bon par contre, je me demande s’il va bien vieillir car quasiment tout le film est en image de synthèse et certaines scènes risquent d’être mises à mal par la technologie grandissante d’ici quelques années. Le jeu d’acteur est aussi très bien mené. J’ai quelques fois cependant eu du mal à trouver une émotion aux expressions d’Emma Watson par rapport à la Belle du dessin animé. Cependant, il est à relever qu’elle n’a quasiment joué que dans le vide, devant faire travailler sa propre imagination. Ce qui a du être particulièrement pénible et déstabilisant par moment.
Et jouer la Bête n’a pas dû non plus être évident pour Dan Stevens qui était recouvert de la tête aux pieds d’une combinaison grise et bouffante avec des capteurs pour reproduire ensuite la carrure de la Bête. Reste que je préfère la Bête au prince charmant. Il a des yeux à couper le soufflet !

 

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Et la fin, oh la fin est absolument géniale. Bon déjà parce qu’elle finit bien mais aussi parce que nous découvrons des acteurs absolument fabuleux une fois que la malédiction prend fin. Lumière, Big Ben et compagnie sont interprétés par des acteurs géniaux et je vous laisse la surprise de les découvrir. J’étais comme une gamine devant l’écran avec les larmes aux yeux.
Ce film est une très belle déclaration d’amour au dessin animé de notre enfance. Bon en même temps c’est Disney qui a tout chapeauté donc difficile de ne pas se tenir au dessin animé de base. Mais quand même, regardez-le, vous ne perdrez pas votre temps.