La La Land

Un film de Damien Chazelle

Multiplement récompensé, La La Land remet au goût du jour le genre des comédies musicales. Pour ceux qui ont grandi avec, nous redécouvrons le plaisir de voir des gens sauter et danser partout à toute heure de la journée, même dans des embouteillages, rendant la vie plus légère et positive. Pour autant, est-ce que ce film réussi son pari de nous transporter dans cette histoire romantique ?

 

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D’une durée de 2h08, le film narre l’histoire d’une rencontre à Los Angeles: celle de Mia, interprétée par Emma Stone, qui rêve de devenir une actrice accomplie, et celle de Sebastian, joué par Ryan Gosling, qui souhaite redonner au jazz la reconnaissance qu’il mérite.
Leur première rencontre va avoir lieu dans un embouteillage. Mia n’avance pas, prise dans ses pensées (elle a de nouveau loupé une audition) et Sebastian la double, énervé, en ne cessant de la klaxonner. Elle le laisse filer mais n’oublie pas ce visage (en même temps qui le pourrait !).
Lors d’une soirée où elle vient en compagnie de ses amies, Mia, a du mal à passer un bon moment. Elle se fait draguer, discute mais elle ne se sent pas à sa place. Elle aimerait être autre chose qu’une barista, elle aimerait que son talent d’actrice soit reconnue. Elle chante alors son désir d’avoir quelqu’un à ses côtés qui la soutienne dans ses rêves.

Et cette chanson, c’est le fil rouge du film. C’est le lien entre Mia et Sebastian.

N’y tenant plus, Mia s’en va pour rentrer chez elle. Mais, la voiture a été enlevée suite à un stationnement interdit et elle se retrouve à devoir rentrer à pied. Sur le chemin, elle va s’arrêter dans un bar, sa chanson est jouée au même moment au piano par Sebastian. Elle le reconnait et attend qu’il finisse son improvisation (qui lui vaudra de se faire virer du bar en question, le patron lui ayant demandé de ne s’en tenir qu’à des chants de Noël) avant d’aller à sa rencontre pour lui dire combien sa musique était magique. Et deuxième entrevue loupée puisqu’au moment où elle va pour l’aborder, il l’ignore complètement et sort. Ce qui peut aussi se comprendre, il vient de perdre son gagne pain.
Ce n’est pas pour autant qu’elle va se décontenancer par la suite puisqu’ils vont de nouveau se rencontrer quelques mois plus tard et c’est en faisant le pitre qu’elle va attirer son attention. Et petit à petit la magie va opérer. Elle, qui dit ne pas aimer le jazz, va découvrir son monde et son rêve de reprendre un bar pour y consacrer cette grande musique. Lui, va découvrir le cinéma et la dure réalité de devenir actrice. Le spectateur se retrouve d’ailleurs lui-même prit dans cette spirale infernale des auditions où tout se joue en deux minutes sans respect le plus souvent du talent de l’acteur.

 

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Tout deux vont se soutenir dans leur volonté de se réaliser jusqu’à ce que ce soit Sebastian qui réussisse, en quelque sorte. Il a l’opportunité de jouer dans un groupe avec Keith, joué par John Legend. Il accepte et Mia découvre avec stupeur qu’il fait un carton mais est en train de laisser filer son rêve car tout ce qu’il ne cesse de faire c’est de la pop pour adolescent, loin du jazz qu’il souhaitait défendre. De son côté Mia, se lance dans un one man show, elle se bat coûte que coûte et baisse les bras en même temps qu’elle sent perdre sa relation avec Sebastian qui ne la soutient plus. Il n’est jamais là, toujours parti en tournée. Ils n’arrivent plus à tenir bon. Et la suite, c’est à vous de la découvrir.

Le résumé que je viens de vous faire s’étale sur plus d’une heure. Autant vous dire que c’est long. La rencontre entre les deux personnages est cocasse et fait sourire mais le rythme empêche quelque peu de se plonger vraiment dans cette histoire d’amour qui est en réalité magnifique. Le jeu d’acteur est parfait. Emma Stone et Ryan Gosling avaient déjà eu l’occasion de partager l’affiche ensemble dans Crazy, Stupid, Love et l’alchimie est de nouveau au rendez-vous mais c’est long et mielleux à ne plus en pouvoir. En somme, la première partie du film ressemble à un Disney avec ses musiques à gogo et ses ballets bien maîtrisés. La deuxième est, par contre, beaucoup plus adulte et m’a prise de court pour ma part. Quant à la fin, c’est une claque. Une bonne grosse claque qui vous laisse une sacrée marque sur le cœur et des larmes qui dévalent vos joues comme des pilotes de formule 1 lors d’une course.
Les musiques ne sont pas inoubliables sauf celle éponyme du film. Elle est entêtante, a un goût acidulé, résonne en nous.
Et visuellement le film est superbe. Les couleurs et les décors nous en mettent plein les mirettes tandis que les tenues nous transportent dans un Los Angeles, à une époque qui rappelle les années 50.

 

 

Je conseillerais donc ce film plus pour sa deuxième partie que pour la première. Par contre évitez de la prendre au milieu, cela gâcherait quand même les jalons de l’histoire et le film reste visuellement très beau à voir. Quant aux chansons, c’est à vous de juger. Si les comédies musicales ne sont pas votre genre ou que vous êtes nostalgiques de films comme Grease, vous allez grincer des dents. C’est très propre mais il faut garder en tête que ce n’est pas le même genre musical non plus.

Et sinon, si vous sortez d’une rupture amoureuse, attendez un peu avant de le regarder au risque de vraiment vous miner encore plus le moral. Et là c’est vraiment un conseil d’amie que je vous donne.