Lazuli : Nos âmes saoules

Rock progressif français

Hors de nos frontières, le groupe Lazuli a déjà acquis une très grande notoriété, à parcourir les scènes d’Europe de long en large depuis presque 20 ans et 6 albums studio et un DVD. Ils ne cessent d’enchaîner les concerts depuis quelques années en se produisant dans les festivals et les premières parties, dont Ange, Tété, Bashung, Lavilliers et Miossec pour ne citer qu’eux.

La France peine encore et toujours à reconnaître ses talents même s’ils sont flagrants – ils ont reçu 2 Awards au Classic Rock Society en Angleterre – et il serait vraiment dommage de passer sous silence l’univers unique musical de nos cinq compatriotes venus d’Alès.

 

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Je tiens vraiment à vous faire découvrir la musique de Lazuli, dont le dernier album « Nos âmes saoules » est une pure merveille de mélancolie, de mélodies folk et rock, de poésie chantée dans notre belle langue et de puissante magie artistique.

Les cinq artistes distillent dans cet album ce qu’ils savent faire de mieux, faire voyager l’auditeur au gré des notes et des mots, l’ambiance est un peu plus sombre que les précédents, ce qui n’empêche pas à la voix si attachante de Dominique de nous transporter et à la Léode (instrument unique entre guitare et synthé) de son frère Claude de nous faire frissonner à chaque glissade mélodique.

 

 

Lâchant parfois des ombres sur l’actualité atroce de ces dernières années (« Le temps est à la rage », « Le mar du passé »), la poésie engendrée dans les textes nous fait totalement déconnecter de la réalité (« Le lierre », « Vita est circus ») et Dominique malmène en bien le verbe français en jouant avec ses mots, non sans un certain brio.

 

 

Petite particularité, le groupe n’a pas de bassiste, le batteur Vincent (qui joue aussi le marimba), très fin dans son approche rythmique, s’amuse donc avec Romain le claviériste qui s’occupe donc des basses par quelques séquences ou par sa main gauche, musicien talentueux qui joue également parfois un peu de cor français, comme dans l’intermède « Fanfare lente » qui reprend le thème de « Vita est circus ».

Le son du groupe est unique de par cet instrument la Léode conçu sur mesure par Roland et Lag pour Claude qui tantôt fait merveille par ses nappes de claviers éthériques et tantôt sublime également les soli et mélodies de Gédéric (guitares), à voir entre autres la fin de « Le temps est à la rage », « Vita est circus » et « Le mar du passé », très belle osmose de sons et de personnalités…

 

 

Le groupe lorgne parfois vers le meilleur du neo-prog à la Marillion avec « Nos âmes saoules », un bouquet de mélodies enchantées tout en progression et comme dans « Les sutures », les influences se font vraiment ressentir, chanson que n’aurait pas renier Fish (ex-chanteur de Marillion), celui-ci ayant repris une deuxième fois nos chers français pour la première partie de sa prochaine tournée… Comme quoi le géant écossais a du goût !
L’album se termine tout en douceur avec « Un œil jeté par la fenêtre », reprise du thème de « Le temps est à la rage », façon Michael Nyman (« La leçon de piano »), superbe conclusion à ce rêve coloré et majestueux…

 

La musique de Lazuli est unique en son genre de par sa variété d’émotions et sa facilité d’accès au grand public, pour les avoir vu en concert et parlé avec eux, j’en suis sorti transformé… en mieux… A noter que le groupe vient de sortir un tout nouveau DVD, à ne pas manquer si vous aimez rêver par la musique et vous retrouver totalement à la merci de sons et d’harmonies sublimes…

 

Autres albums : Tant que l’herbe est grasse, 4603 Battements, Réponse incongrue à l’inéluctable