Premier contact

Un film de Denis Villeneuve

Adapté de la nouvelle, Story of Your Life, de Ted Chiang, et sorti le 7 décembre 2016 au cinéma, Denis Villeneuve réalise une nouvelle fois une belle prouesse cinématographique, en s’attaquant à un domaine de la science-fiction vu et revu de multiples fois: l’arrivée des extra-terrestres sur Terre.

 

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Et l’histoire est vraiment bien menée.

Le film Premier Contact commence avec Louise Banks, jouée par Amy Adams, une linguiste qui semble très seule, comme si elle avait perdu un proche récemment. Elle donne des cours à l’université, et apparaît se débattre avec elle-même pour continuer à se lever tous les matins.
Dans le même temps, la Terre se trouve envahit par 12 vaisseaux de forme ovoïde et de texture lisse qui apparaissent à divers endroits dans le monde, lévitant à quelques mètres au-dessus du sol. Autant dire que c’est un peu la panique.

 

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Mais comment les deux se rejoignent ? C’est tout simple.

Le colonel Weber, interprété par Forest Whitaker, vient trouver Louise dans son bureau universitaire pour l’engager dans le décryptage de la langue alien. En effet, les extraterrestres se sont posés au-dessus du sol terrien mais n’ont montré aucun signe d’animosité. Au contraire, ils veulent communiquer, sauf que leur langage est très particulier.
Louise arrive donc sur la base militaire et accompagnée de collègues dont Ian Donnelly, un physicien, joué par Jeremy Renner, ils vont aller à la rencontre de ces fameux aliens.

 

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Premier Contact pose une ambiance assez froide par l’image, et pesante par les peurs qu’il instaure de manière insidieuse. Soit les personnages sont à l’extérieur sur de vastes plaines, soit ils se retrouvent dans des endroits confinés où la lumière est quasiment inexistante. Et dès les premières minutes on se retrouve happé, surtout lorsque pour la première fois, nous voyons comment il faut entrer et traverser le vaisseau pour rencontrer les extraterrestres. C’est comme si nous y étions et plus la rencontre approche, plus l’attente parait insoutenable.

Une fois devant eux, Louise suffoque. Le spectacle est assez impressionnant, il faut bien l’avouer. Deux aliens sont présents. Une espèce de vitre les sépare des humains. Et cette vitre leur permet de communiquer. Ils ressemblent d’ailleurs étrangement au Cthulhu de Lovecraft, ou plus simplement à de grands poulpes, ce qui change de la vision que nous en avons depuis notre enfance (Rencontre du Troisième type, E.T., Paul etc.).

Autant dire qu’il y a de quoi avoir peur. Et pourtant c’est plutôt bien mené puisque le réalisateur nous secoue un peu. Les aliens sont d’apparence effrayante et pourtant ils sont tout à fait pacifiques, ce qui de prime abord peut nous paraitre inconcevable.
De l’autre côté de cette vitre, Louise, Ian et les autres sont tous en combinaison pour éviter toute irradiation. Ils ont également un oiseau qui les accompagne ainsi qu’une machine pour permettre de décoder leur langage.

 

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Petit à petit, Louise va arriver à comprendre leur langue, non sans mal puisqu’il s’agit de glyphes avec de nombreuses variations. Ils réalisent qu’ils ne peuvent communiquer que par écrit, leur langue restant indescriptible et impossible à prononcer.
Cette écriture a quelque chose d’assez apaisant et onirique d’ailleurs. Et la première chose que Louise va faire c’est d’enlever son casque pour qu’ils la voient et qu’ils l’identifient. Il va donc y avoir un apprentissage de la langue qui va au préalable passer par la présentation de chaque personne pour ensuite devenir plus complexe. Le colonel Weber s’impatiente mais dans un très bon moment du film Louise lui explique que pour poser la question « Quel est le but de votre venue sur Terre ? », encore faut-il que l’interrogation soit comprise ainsi que chaque mot et chaque sens de la phrase.

Mais bon pendant ce temps, le reste de la population du monde entier reste terrifiée, ne comprenant pas pourquoi l’armée n’agit pas. On sent que la tension monte progressivement entre chaque Nation concernée par cette arrivée et tout le lien que construisent Louise et Ian avec ces deux aliens ne tient qu’à un fil.

Et… je me dois d’arrêter là.

Pour connaître la suite, je vous conseille vivement de regarder le film car l’histoire de la rencontre se retrouve entremêlée à celle personnelle de Louise et c’est là que le film prend toute sa valeur. Tout est en réalité lié de manière très poétique et labyrinthique, et il pose de nombreux questionnements sur notre réaction face à ce qui nous est étranger.

 

 

Autant dire qu’aujourd’hui, il est difficile de voir des films sortir du lot en voulant traiter de ce sujet, Interstellar mis à part. Et sur ce point, il y a une petite anecdote plutôt sympathique puisque le scénariste de Premier contact, Eric Heisserer, a dû retravailler la fin suite à la sortie du film Interstellar pour ne pas traiter du même problème de fond. Et pour le coup c’est vraiment très très bien réussi puisque la fin s’en trouve magnifiée.