La fille du train

Un thriller signé Tate Taylor

La dernière fois, je vous chroniquais La vie rêvée de Walter Mitty où les oiseaux nous chantent gaiement que la vie, la nôtre, doit être pleinement vécue sans crainte. Aujourd’hui, je bascule complètement dans un genre bien différent : le thriller et qui plus est, le thriller psychologique.

Autant vous dire que j’ai quand même hésité, ce n’est pas un genre de film vers lequel je me dirige le plus souvent. Mais la curiosité m’a piqué et dès les premiers mots prononcés par le personnage principal, Rachel, joué par Emily Blunt, je ne pouvais pas faire marche arrière. J’ai été happée.

Mon mari me répétait souvent que j’avais une imagination débordante. C’est plus fort que moi. Vous est-il déjà arrivé d’imaginer à travers la vitre d’un train la vie des gens vivant le long de la voie ferrée ? Cette vie que vous n’aurez jamais. Moi je ne peux pas m’en empêcher.

Ces phrases, je m’y suis retrouvée. Je passe mon temps à regarder de ma fenêtre les gens passer, les immeubles et tutti quanti en me demandant souvent comment est la vie par chez eux, par là-bas et c’est parti pour faire travailler mon imagination. Sauf que bon, là, l’histoire qui va se dérouler sous nos yeux pendant près de deux heures est difficile à imaginer quand je regarde des personnes se promener.

 

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Alors, synopsis mon ami, te voici !

La scène s’ouvre sur un train qui roule avec Rachel assise à regarder ce qu’il se passe à l’extérieur. Rachel prend le train deux fois par jour et deux fois par jour, elle fixe les mêmes maisons et leurs habitants dont un couple qui a l’air amoureux. Le spectateur comprend vite que c’en est devenu une obsession. Rachel est clairement dépressive, elle ne travaille plus, et surtout elle est alcoolique. L’ambiance est posée. La scène se termine et nous passons à un autre personnage, Megan.

Megan est jeune, elle vient d’emménager avec son mari dans cette maison que Rachel regarde tous les jours. Ce couple qui a l’air d’amoureux c’est eux et j’écris bien « à l’air » car ce n’en est qu’un. Megan est tiraillée par ce qu’elle ressent. Elle vit dans une ville où toutes les femmes ne semblent aspirer qu’à la maternité. Elle est d’ailleurs la nounou d’Evy mais n’y tenant plus, quitte cet emploi.

Son mari veut à tout prix lui faire un enfant et elle se jette corps et âmes dans les bras d’un amant pour oublier, tout en ayant aussi des sentiments pour son psy.
Elle aussi est clairement malheureuse.

 

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Et nous passons à un troisième personnage. Une femme ici aussi. Anna. Et Anna est celle qui ferme la boucle de notre trio. Anna est la mère d’Evy et c’est aussi la femme de Tom. Elle était sa maîtresse avant de le devenir, Tom étant marié à Rachel.

Anna ne porte d’ailleurs pas Rachel dans son cœur. Elle l’a craint, pensant que c’est une femme instable, et elle l’accuse d’appeler son ex-mari dix fois par jour sans jamais laisser de message. Rajoutez à cela que Tom n’a pas déménagé. Cette maison est celle dans laquelle il vivait il y a quelques temps avec Rachel. Rachel passe donc tous les jours devant son passé. Oui, il y a de quoi être dépressif. Et encore, je ne vous dévoile pas tout.

Les relations entre les personnages sont développées ainsi au fur et à mesure et une fois la présentation terminée, ce sont des bonds dans le temps que le spectateur va être amené à faire pour comprendre tout le déroulé de l’histoire à partir de l’élément perturbateur :
la disparition de Megan.

Et là tout s’enchaîne. Rachel va être placée au cœur de l’histoire. Tour à tour soupçonnée et rejetée, c’est elle qui va mener l’enquête et recoller les morceaux de sa mémoire et petit à petit de sa vie, car tout à un lien. Du début à la fin. Rien n’est laissé au hasard, chaque moment à son sens et son importance.

Et autant vous dire que j’ai eu du mal à en sortir de par sa violence et son propos. La fin m’a happée car il traite d’un problème de société peu évident et qui ne se dévoile que petit à petit dans le déroulé du film. C’est fait avec finesse. L’ambiance est rapidement posée pour se retrouver au cœur de l’histoire comme si nous connaissions ces personnages depuis longtemps et les acteurs jouent également très bien.

 

 

Un film tiré d’un livre de Paula Hawkins

Et puis en faisant des recherches sur le film en lui-même, j’ai appris qu’il était tiré du livre du même nom, écrit par Paula Hawkins. Et du peu que j’en ai lu au niveau des critiques, il a vraiment l’air excellent. Je ne peux donc pas vous dire par moi-même si le livre en est une bonne interprétation ou s’il a pris des libertés inutiles.

Tout ce que je peux vous écrire pour le moment c’est que le film est à découvrir pour ces rencontres avec ces femmes, pour sa poésie mais aussi pour ce qu’il peut nous faire ressentir. Vous ne rirez pas, à aucun moment. Vous aurez peut-être des hauts le cœur, qui sait. Mais quelque part vous aurez vécu quelque chose d’intense pendant deux heures.