Plafonds de Julie Jalaguier : interview de l’auteur

Émotions fortes avec le recueil de nouvelles d’une jeune auteur

Édité en début octobre chez Edilivre, Plafonds est le nouveau recueil de nouvelles de Julie Jalaguier. Comment cette jeune femme, juriste de formation, en est-elle arrivée à l’écriture ? Où a-t-elle trouvé l’inspiration pour son recueil ? Pour en savoir plus, nous lui posé quelques questions. Les réponses dans l’interview qui suit !

 

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L’interview

 

Au départ, votre métier d’origine (juriste) ne vous prédestinait pas à devenir écrivain.
Comment vous est venue l’envie d’écrire ? Quel a été le déclic ?

L’envie d’écrire est essentiellement venue d’un besoin d’évasion et aussi d’un besoin d’expression.
Enfant, je gribouillais à droite à gauche, je m’efforçais de tenir des journaux intimes qui se retrouvaient relégués au fond d’un tiroir deux jours après. Quant à la lecture, c’était une plaie. Toute lecture qui m’étais imposée par le collège et le lycée m’était désagréable parce qu’elle m’était obligatoire justement, exception faite des Fleurs du Mal de Baudelaire. Mais une fois arrivée à la fac, j’étais libre en quelque sorte de lire et d’écrire ce que je voulais et surtout quand je le voulais sans que l’on me dise comment je devais l’interpréter. C’est alors que je me suis plongée petit à petit dans les grands classiques et les œuvres contemporaines pour m’évader du droit, vivre autre chose. Et c’est à partir de là que tout a véritablement commencé parce qu’avec l’écriture tout devenait possible. J’écrivais plus souvent, j’avais même un blog et un soir, comme ça, sans raison, l’idée de mon recueil de nouvelles s’est plantée là devant mon écran à mesure que mes doigts développaient sur le clavier le début d’une histoire.

 

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Pouvez-vous nous parler de votre recueil de nouvelles Plafonds ?

Mon recueil de nouvelles contient douze récits qui ont été disposés de manière chronologique tout en essayant d’alléger par moment le recueil avec des histoires traitant de sujets plus aériens. Chaque récit a comme fil rouge le plafond qui est parfois un véritable personnage avec des sentiments, un vécu ; dans d’autres c’est un narrateur ou encore, un plafond tout simplement. Mais à chaque fois il est là, en abordant des vies de tous les jours qui sont parfois lourdes de sens. J’ai voulu par ce recueil mettre en avant les sentiments par des sujets qui sont parfois tabous tels que l’inceste, les violences familiales, les maladies mentales. Je voulais écrire quelque chose que je n’avais pas encore lu ailleurs, mais surtout j’avais envie de faire ressentir quelque chose aux lecteurs, quelque chose de différent.

 

Dans ce livre, beaucoup de personnages se cherchent, en quête de reconnaissance…
Où avez-vous trouvé l’inspiration pour ces personnages ?

L’inspiration est parfois venue de scènes vécues mais ce fut rarement le cas. Je ne voulais pas faire une autobiographie même fictionnelle. Les scènes ont le plus souvent été imaginées à partir de choses que j’ai pu lire parfois ou entendre ou voir. Je n’écris pas en faisant de plan. J’ai le début de l’histoire qui commence à grandir dans ma tête mais je n’en connais jamais la fin avant de me mettre véritablement à écrire. Et dans ce cas dès que je suis lancée, je suis dans une bulle et les personnages que je vais créer vont se développer à leur gré. C’est après seulement que je relis, prends du recul et retravaille. Mes études y sont aussi sûrement pour quelque chose dans mon inspiration je pense car au final je ne traite pas de sujets totalement anodins mais cela reste de l’ordre de l’inconscient. L’écriture de ce livre m’a mis en face de choses auxquelles je n’avais encore jamais pensées réellement et c’est seulement après coup que j’ai réalisé d’où j’avais pu puiser l’inspiration.

 

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Votre recueil de nouvelles est publié chez Edilivre, une maison d’édition alternative.
Que pensez vous de l’auto-édition ? Est-ce l’avenir pour les écrivains ?

Je ne sais pas si l’auto-édition est l’avenir pour les écrivains. C’est en tout cas bien parti pour, même si je remets quelque peu en cause les maisons d’éditions à compte d’auteur qui demandent des sommes très importantes. Ce qui n’est pas le cas des maisons d’éditions à compte d’éditeur.
Edilivre est une maison d’éditions assez particulière. Il est possible de se faire éditer sans débourser un centime pour le livre. Je ne dis pas que c’est un système parfait mais elle offre une alternative avec des services optionnels. Et sans cette maison je ne me serais pas faite éditée car je n’avais pas les moyens financiers demandés par d’autres maisons.
J’espère cependant un jour voir un de mes ouvrages édités dans une grande maison d’éditions et bénéficier de tout l’accompagnement que peut avoir un auteur dans ces cas-là. Ce que je pense surtout c’est que l’auto-édition est pour le moment un très bon moyen de croire en soi, de se lancer, de découvrir si l’écriture est une passion ou bien plus que cela (même si, soyons honnête cela reste très compliqué d’en vivre encore aujourd’hui). L’auto-édition permet de sortir des sentiers battus, de lire des choses que nous n’aurions pas pu lire ailleurs. Quelque part c’est une chance et c’est aussi très courageux.

 

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Quels sont vos projets pour la suite ?

Pour la suite j’ai le projet de travailler sur un roman. C’est un autre format que la nouvelle et ce n’est pas un exercice aisé. Je veux me tester, voir si j’en suis capable.
A côté je recherche en ce moment des postes de pigiste et d’ici quelques temps j’aimerais créer un blog qui mettrait en lumière des gens inconnus. C’est un projet, encore en fourmillement dans ma tête. Et c’est ce que j’aime avec l’écriture, c’est que ça ne s’arrête jamais. Tout reste à créer.

 

Pour en savoir plus

Plafonds (Recueil de nouvelles) de Julie Jalaguier, sur le site Edilivres