Oubéret : But alors, you are celte ? – Interview

 

Formé en 2006, le groupe Oubéret a sorti en 2016 un nouvel album de folk tradi But alors, you are celte ?
Pour en savoir sur le groupe, ses origines, ses projets, sur ce nouveau disque, Jocelyn (flûtiste d’Oubéret) a accepté, avec les autres musiciens, de répondre à quelques unes de nos questions.

 

L’interview

 

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Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans ce genre musical celtique pour votre groupe ?

 

Si je voulais faire de belles phrases toutes faites je dirais que la musique Celtique nous a choisi. C’est un peu vrai. Nous venons de divers univers musicaux (rock, classique, métal…) et nous avons toujours été impressionnés par le fait que la musique celtique est une des rares musiques avec autant d’échanges avec son public. Que ce soit pour la danse, pour raconter les histoires des villages aux alentours, pour annoncer un mariage ou un enterrement, elle est au service des gens. C’est vraiment ce qui nous a plu dans le celtique. C’est un partage constant et un moyen de parler de la vraie vie. En plus, elle est intergénérationnelle et c’est encore une ouverture culturelle et d’esprit qui nous touche.

 

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Pourquoi avoir fait ce choix de désigner chaque musicien comme un  » personnage  » dans le groupe ?
(Le Monarque, L’Anachronaute…)

 

Chaque personne a sa propre idée de la musique celtique. Certains y verrons des Bretons avec leurs cornemuses, d’autres des vikings, des marins, des dragons…Nos anciens costumes, tout comme nos nouveaux, sont des repères à toutes ces références. Nous laissons l’imagination de chacun s’approprier nos costumes. Si vous voyez un vampire et un mécanicien steampunk très bien mais d’autres verrons un roi et un chasseur. Tout le monde aura ses propres repères et pourra interpréter avec ses propres références l’univers que nous lui proposons. Pour nous, sur scène, ça nous autorise plus de choses puisque nous interprétons un personnage. Nous pouvons mettre en avant un trait de caractère que nous n’avons pas forcément dans la vie et du coup jouer encore plus avec notre univers. C’est plutôt une opportunité d’échanger encore plus sur scène et avec le public.

 

 

Pouvez-vous nous parler de votre album But alors, you are celte ?  ?

 

Il représente beaucoup pour le groupe. Il est un peu la concrétisation de notre orientation musicale ainsi que notre volonté de nous démarquer. Avec l’album précédent L’appel de la Salamandre nous avions pris la décision de faire un album que de compositions, un peu à contre-courant de ce qui se fait en musique trad habituellement. Nous avons cumulé les avis et les retours de notre public et « B.A.Y.A.C. » en est le très bon résultat. La principale demande était d’avoir plus de chants, ce que nous avons fait en proposant 7 chants sur 13 titres.

Il marque aussi notre première campagne de financement participatif qui fut un très grand succès ! Nous avons dépassé l’objectif de financement dès les premières semaines et nous avons pu nous projeter dans d’autre projets. C’est important pour un groupe de voir que sa communauté n’est pas qu’un « J’aime » sur facebook mais également un soutient actif. Nous sommes très fiers de cet album et de la manière dont il a été créé et accueilli.

Si je devais retenir un moment particulier de la création de B.A.Y.A.C., ce serait la recherche des titres des morceaux. C’est toujours un moment particulier parce que nous arrivons vers la fin du projet, nous avons tout enregistré, tout écouté, et il faut trouver des noms à chaque titre. C’est un peu comme un marché bordélique ou chaque vendeur beugle son slogan pour convaincre les passants. Et dans tout ce brouhaha nous avons toujours des phrases qui sortent de nulle part qui déclenchent des fous rires. Pour voir le résultat, il ne vous reste qu’à regarder l’album…

 

 

Quel regard portez-vous sur les groupes de musique celtique actuels ?

 

La musique celtique est très cyclique. Parfois, nous avons un représentant fort qui va percer pendant un temps et parfois nous n’entendons plus du tout parler dans les médias mais les salles de concerts et les bals sont pleins. Il y a eu l’apogée avec Tri Yann, Nunez, Servat, Stivell, soldat Louis. Ensuite nous avons eu Matmatah, Manau… Plus récemment Nolwenn Leroy, Luc Arbogast… Bref, c’est cyclique et j’en oublie, mais c’est évident que tous ces exemples nous influencent.

Aujourd’hui, je dirais que nous avons Celkilt. En tout cas, c’est le seul groupe Français omniprésent sur la scène celtique. Nous espérons secrètement et modestement être le prochain porte-étendard de cette musique à leurs cotés.

À titre personnel, je pense que la musique celtique est assez riche pour que tout le monde y ait une place. Que ce soit mélomanes, danseurs, passionnés ou fêtards d’un soir, on peut trouver groupe à son pied. Le seul regard que je pourrais porter est simplement qu’il ne faut pas sectoriser cette musique. Les organisateurs devraient prendre plus de risques pour mélanger les genres. Aujourd’hui, il y a trop de festivals avec une seule orientation musicale (pur Breton, pur Irlandais, pur Rock…) Cette musique est basée sur l’ouverture et l’échange culturel, alors mélangeons-nous !

 

 

Après la sortie de cet album, quels sont vos projets pour la suite ?

 

Pour 2017, nous préparons plusieurs clips ou tout du moins plus de contenu vidéo (live, making of…). Nous n’arrêtons jamais les compositions, donc nos yeux sont déjà tournés vers notre prochain album. Et pour ce qui est de la tournée, elle commence à avoir de beaux projets avec de très belles dates, donc avons hâte de venir à la rencontre du public.

Nous n’avons pas encore tout exploité de notre dernier album But alors you are Celte? donc allons faire évoluer notre spectacle afin qu’il soit encore plus percutant et qu’il permette à ceux qui ne l’ont pas encore vu de rattraper ce manque…

 

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Pour aller plus loin

 

Le site officiel du groupe Oubéret

La page facebook du groupe d’Oubéret

La chaîne YouTube du groupe Oubéret