« À la Carte » de Mariame Dembélé ou les drôleries de l’univers de la restauration

Mariame Dembélé, 31 ans, est manager dans un restaurant de luxe parisien.
Elle s’y plaît depuis maintenant 5 ans. Elle en a entendu des choses, et son premier livre édité, nous conte de manières humoristique et illustrée, quelques moments de sa vie professionnelle, dans ce milieu encore assez méconnu.

Un livre qui se lit vite et bien, une vraie bulle d’air!

 

Liminza : Pourquoi avoir écrit sur le monde de la restauration?

M.D : Parce que c’est le milieu dans lequel j’évolue depuis une dizaine d’années maintenant. Qui m’a fait grandir et avoir un regard différent sur les gens. Parce que j’ai toujours aimé écrire et parce que le livre « À la carte » fait entrer les clients dans les backstage d’un établissement de luxe. Il reste encore des tas de raisons mais l’essentiel est là: l’amour du métier, la drôlerie de certaines situations et mon goût pour l’écrit.

C’est mon premier livre édité mais pas le premier écrit. Tous le monde me disait qu’il fallait écrire là-dessus. J’ai comparé avec ce qui avait déjà été écrit sur cet univers de la restauration.
En recherchant des illustrateurs, je suis tombée sur MaY. J’ai beaucoup aimé son coup de crayon. J’en ai rencontré beaucoup, certains moins accessibles. Elle a tout de suite compris les personnages qu’il fallait représenter. Et je trouve qu’elle dessine des personnages attachants. C’est une personne qui appelle au projet. Lorsque je lui ai envoyé les premières pages, ça lui a plu, et banco, elle les a illustrées.

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Liminza : C’est un monde assez misogyne non?

MD : ABSOLUMENT !
Lorsque je sens une situation compliquée j’ai le réflexe d’envoyer mon assistant : UN MEC (rires). C’est toujours plus simple et radical ! Avec une femme, les clients ont tendance à polémiquer, à parler pendant des heures.
« Appelez-moi le directeur ! »
« C’est moi ! »
« Non, c’est pas vous ! »
« OK »
Mais il faut savoir répondre. Je me suis habituée. Lorsque les propos sont déplacés ou vexant, comme lorsque l’on dit que l’on a chaud à la vue d’une fille, sans même lui avoir dit bonjour, j’essaie de faire comprendre que cela ne se fait pas, mais qu’ils peuvent revenir au restaurant. Parfois, certains s’imaginent vraiment que certaines de leurs remarques font plaisir à entendre!
Cela reste tout de même pour moi un monde qui permet de s’ouvrir aux autres, de rencontrer du monde. De s’enrichir. L’important c’est les rapports humains que nous avons. Et l’anecdote avec ce petit garçon dont la mère fait croire que je suis aussi médecin pour qu’il arrête de pleurer, en est l’illustration. J’ai parfois vu les premiers rencards, puis les mêmes une fois mariés, puis avec des enfants, et vu ces enfants grandir. Le quotidien des gens s’invite au restaurant.

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Questions à la carte :

Le moment le plus gênant? 
Il n’y a pas de moments gênants, je dirais qu’il y a des situations étonnantes ! Le client qui vient le midi avec sa femme et ses enfants et qui va revenir le même jour dîner avec son amante. Ça fait mal !!! On pense à la femme et on se dit : Et si mon mari se comportait comme cela que ferais-je ? Mais surtout : le saurais-je ?

Le moment le plus drôle?
Nous avons un client qui est très beau et qui le sait. Un jour en fin de service vers 16h un serveur se trouve dans l’obligation d’utiliser le monte charge se trouvant à l’entrée du restaurant. Pour ne pas gêner les clients encore installés dans le restaurant mon collaborateur se met à sortir un grand paravent.

Je lance donc aux clients situés autour, dont le client et son ami :
– « On cache les beaux garçons »
Le soi-disant plus beau me répond :
– « La flatterie ça ne marche pas avec moi ! »
Je rétorque donc :
– « Je parlais pas de vous  »
(Rires, éclats de rires ah ah ah )

Le moment le plus triste ?
Je dirais les départs. Lorsque vous vous liez d’amitié avec une personne ou plutôt que vous détestez un collègue au point de l’aimer, qui fini ensuite par démissionner. C’est extrêmement triste. #MessageVisé  (rires) Au revoir Assad !

 

Liminza : Tout est vrai? Même cet illustre inconnu?

M.D : Oui tout est vrai.

LIminza : non mais en premier lieu on se demande si cette histoire a débuté puisque cela part d’une lettre envoyée et d’une réponse donnée.

M.D : Cette interrogation cache souvent une folle envie d’en savoir plus sur l’histoire de Diego et moi. Diego existe vraiment et va très bien (rires). Je vais répondre à une autre question que vous devez certainement vous poser à son propos. « Y a-t-il eu une suite entre nous? » Et bien… C’EST UN SECRET !!! (rires) Il y a effectivement eu une suite entre nous deux mais pour l’heure je la garde jalousement pour moi, pour nous

Liminza : Certaines personnes du restaurant l’ont lu? Se sont reconnues?

M.D : Certains clients ont lu et se sont reconnus. Ils étaient assez fiers d’eux, jusqu’à me proposer d’autres anecdotes à mettre sur un prochain livre, éventuellement.

 

Liminza : À quand la suite?

M.D : Je ne sais pas. Cela dépend. C’est beaucoup de travail.
Pour l’heure, je me concentre sur d’autres projets dont celui qui se trouve très haut dans la liste de mes envies : Mon association Donia. Nous collectons des fournitures scolaires pour l’Afrique. En tout cas je te remercie d’avoir lu notre livre « À la carte ». Merci à notre maison d’édition Michalon et à l’illustratrice MaY pour sa collaboration. Merci Nanook pour cet interview.

 

 » À la carte « , un livre de Mariame Dembélé , illustré par May, aux éditions Michalon.

 

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