Vanden Plas : Chronicles of the Immortals

 

Il est très difficile de chroniquer un album de Vanden Plas, tant la richesse musicale et la complexité dans l’évolution des morceaux nous oblige à éveiller nos sens pendant un bon laps de temps. Impossible de coucher sur le papier nos impressions au bout de deux ou trois écoutes, il en faut bien plus pour se plonger dans l’histoire car chaque album de nos amis teutons est un concept à part entière et ce depuis quelques années maintenant.

 

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Je le reconnais, j’adore le groupe Vanden Plas, depuis leur premier album « Colour Temple » en 1994 car ils n’ont cessé d’évoluer, autant au niveau musical, technique, recherche de sonorités (surtout concernant les claviers de Günter Werno) qu’en production. Chronicles est un poil plus sombre que le précédent « The Seraphic Clockwork », mais aussi chargé que Christo ou Beyond Daylight, qui sont encore et toujours deux albums excellentissimes, pratiquement des chef-d’oeuvre, sans exagérer.

 

Ici, une fois de plus, la production de cet album de Vanden Plas est dantesque et on plonge d’entrée dans l’univers symphonico-progressif avec la longue intro mi- narrative, mi-chantée par ce cher Andy Kuntz dont le timbre si particulier se bonifie avec les années (Vision 1)… Les chansons sont déclinées en dix parties, de « Vision one » à « Vision Ten », et tout le savoir-faire du groupe est là : guitares et basses incisives, très métalliques et saccadées, monstrueusement en avant dans le mix, un batteur bourrin mais bougrement précis et efficace, et ces claviers magnifiques qui donnent cette noirceur encore plus profonde et progressive au metal allemand (un certain Jordan Rudess ferait bien d’écouter ses compères pour le choix des sons…).

 

Leur son est reconnaissable entre tous et nous naviguons avec Vision 2 : Black Knight et Vision 3 : Godmaker entre riffs de tueurs, couplets et refrains pas forcément reconnaissables de suite et passages très calmes au chant accompagné d’un fin piano et des cordes doucereuses.

 

Vision 4 : Misery Affection Prelude calme un peu les esprits avec ce petit duo entre Andy et la chanteuse Julia Steingass et Vision 5 : A ghost requiem continue à enchanter notre esprit avec ce choeur mixte majestueux mais à peine trop lointain à mon goût par rapport à la musique, on ne distingue pas assez les finesses mélodiques, et c’est bien dommage.

 

Vanden Plas ne cache pas ses morceaux heavy, très heavy même dans le sens « bien lourd » qui ne décolle pas, tel Vision 6 : New Vampyre, morceau qui aurait été dispensable sans ce bon break en mesure 7/8, typiquement prog et qui nous ravigote un bon coup…. mais c’est le morceau suivant qui a tous les honneurs. En effet, dès l’intro aux claviers de Vision 7 : The king and the children of lost world, les sons de Günter envahissent notre perception et semblent nous dire : ceci est LE titre indispensable de l’album, écoutez bien et vivez-le.. Et c’est ce qui se passe, une tendance orientale dans le riff principal, simple mais efficace, et dans les mélodies de cordes, se détache tout doucement pendant qu’Andy Kuntz nous ravit de son chant feutré et ample, qui ferait presque penser à l’atmosphère du Fireworks d’Angra dans les harmonies et la façon de chanter. Les enchaînements et arrangements sont très fluides et le solo de Stephan Lill est exaltant de mélodies… Un beau voyage de 9 minutes pour lequel peu de groupes savent nous faire saliver à chaque seconde…

 

Par contre, ils se sont sentis obligés de nous faire planer avec une ballade lancinante à nouveau en duo mais la sauce ne prend pas vraiment (Vision 8 : Misery Affection).. Le prélude aurait suffi…C’est long, c’est lent, certes le flot de décibels s’apaise et l’ambiance respire au son d’un piano voluptueux…. mais c’est long tout de même..

 

Vision 9 : Soul Alliance nous emmène en plein groove comme rarement les cinq compères (ensemble depuis le début du groupe, rappelons-le !!!) n’avaient joué par le passé, tentant même quelques effets electro sur guitares et claviers du plus bel effet, et on se prend à comparer la façon de chanter d’Andy à Roy Khan, ex-Kamelot… Décidément, ce chanteur a des talents cachés sur ce disque et module beaucoup plus sa voix que par le passé.

 

Vision 10 : Inside nous célèbre la fin de la partie I de l’histoire avec un beau refrain suspensif, tout juste fait pour une fin d’album… Rien à dire, tout est à sa place, sans faille…

 

Le concept, toujours très mystique chez Vanden Plas est tiré d’un best-seller du même nom de Wolfgang Hohlbein assez complexe sur la science, l’imaginaire et l’immortalité…

 

La majorité des morceaux a été composé par les deux compères, Stephan Lill (guitares) et Andy, (les textes sont d’ailleurs de ce dernier), ce qui explique cette profonde unité entre les morceaux, impliquant hélas parfois un flou et une sorte de compression musicale, comme si on se perdait un peu entre toutes ces informations qui s’enchaînent d’une manière si fluide, ce qui fait qu’on ne distingue pas vraiment les morceaux entre eux… Trop de cohésion tue la cohésion…

 

N’empêche, cet album est encore un monument du metal pour ce groupe hélas pas si connu que ça et qui continue à sortir des albums de cette maturité depuis maintenant 20 ans. Pour les avoir vus à leurs débuts en première partie de Dream Theater à l’époque de leur 2ème album « The God Thing », j’imagine la grandiloquence que doit prendre leur musique en live aujourd’hui… Ils devraient vraiment avoir leur place aux côtés de leurs pères et frères du même genre musical…. Bravo, les gars, vous m’avez encore sidéré par votre art !!! Un de mes nombreux coups de cœur…