Réalisé par Jeff Nichols avec: Michael Shannon, Jaeden Lieberher, Joel Edgerton

 

Fuyant d’abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy , père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d’une chasse à l’homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d’accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

Jeff Nichols réalise son quatrième long métrage. Toujours accompagné de son acteur favori Michael Shannon qui joue le rôle de Roy, le père de famille en cavale.

 

Les points de vue de la caméra, l’éclairage ou encore la musique rendent ce film, esthétiquement magistral. Mais cela ne suffit pas, à le classer : exceptionnel.

La famille et les croyances sont des sujets qui reviennent souvent dans les films de Jeff Nichols et qu’on retrouvent ici, mais rien n’est trop développé.

On aimerait s’attacher aux personnages et être émus par les liens qui unissent Roy à son fils, mais rien n’y fait. On retrouve Kirsten Dunst dans le rôle de la maman, et même ce personnage, n’a aucune dimension émotive sur nous. Si le dialogue est absent, le silence devrait en dire long mais là, rien, ni même dans les regards ou postures des personnages. Il est donc difficile de s’identifier à ces personnages, dont en plus on ne sait pas grand chose.

 

Midnight Special

Midnight Special

 

Road movie et science fiction ne font pas bon ménage pour ce long métrage. On ne sait pas quel est le réel enjeu de cette « odyssée ». Les images sont belles, les plans, sont bien faits mais cela manque de profondeur. On reste malgré tout, captivé, pensant que peut être le film nous livrera un final à la hauteur de sa scène d’ouverture mais là encore, on reste sur sa fin.

Après coup, en sortant de la salle, on s’interroge sur l’impact de ce film sur nous, sur les questionnements qu’il peut soulever mais là encore, impossible de trouver quoique ce soit à développer ou à creuser. Cela étant dû au manque d’émotions.

On dit de Jeff Nichols qu’il serait peut être grâce à ce film, l’héritier de Spielberg, mais la construction de ses personnages est beaucoup moins fournie que ceux de Spielberg. Il est aussi comparé à Terrence Malick. Même si le réalisateur, ne s’identifie pas à ce dernier, il avoue avoir des points communs avec ce réalisateur. Les sujets comme la famille ou les croyances  en font partis ainsi que les beaux plans sur les paysages et l’éclairage du film.

C’est un film à voir pour sa réussite esthétique mais il ne faut pas s’attendre à être bouleversé par sa profondeur sentimentale.