W.A.S.P. : Golgotha

Après plus de 30 ans d’existence et une carrière en dent de scie et au line-up sans cesse changeant, W.A.S.P sort depuis quelques années des albums qui redorent un peu le blason du combo. En effet, les tournées de ces derniers temps ont déçu les fans européens, moi le premier d’ailleurs, qui les ai vus à Mulhouse il y a 5 ans, que ne fut pas ma déception en voyant le charismatique Blackie Lawless, seul maître rescapé à bord, une des idoles de mon adolescence, jouer à peine une heure dix, rappel compris, sans un mot au public, tout en faisant semblant de chanter la plupart du temps et mimant les samples de chœurs avec plus ou moins de conviction…

Le chanteur guitariste connu pour son côté introverti et un peu mégalo n’a jamais sorti de meilleur album que le chef d’œuvre Crimson Idol, publié en 1992, et sa vanité et son comportement vient peut-être du désespoir de n’avoir jamais réitéré de coup de maître du point de vue vente d’albums… Car ce n’est pas les successeurs que furent Unholy Terror, The Neon God Part I et II ou encore le plat Helldorado dont on se rappelle, tout juste un Kill Fuck Die un peu industriel et expérimental qui sortait de l’ordinaire du style du groupe à l’époque…

Néanmoins, Dominator en 2007 surpassa tout ce que le groupe avait sorti depuis le milieu des années 90, et Babylon fit également son petit effet…

Mais aujourd’hui, place à  » Golgotha « , très bon album qui semble piocher justement dans toutes les époques que le groupe a traversées, des premiers émois hard-rock couillu aux temps modernes plus progressifs, en passant par les expérimentations plus ou moins hasardeuses…

 

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W.A.S.P. : Golgotha

 

« Scream » démarre sans surprise les festivités, du pur WASP avec les riffs reconnaissables entre tous, (l’intro ressemblant d’ailleurs beaucoup au tubesque Wild Child du deuxième album The Last Command), l’orgue Hammond en retrait mais accompagnant toujours si bien l’harmonie de l’ensemble, le chant si particulier et un peu fatigué de sieur Blackie et les chœurs à la tierce avec ces « ooh » avant presque chaque phrase… À ce stade, l’on craint que tout le disque soit ainsi, au risque de s’ennuyer grave voire de s’endormir sans y prendre garde…

 

 

Que nenni, à l’instar des plus grands moments de  » The Headless children « ,  » Crimson Idol  » ou encore  » Still not black Enough « , la suite change totalement, avec un « Last Runaway » tout en accords majeurs, insistant donc sur une mélodie positive et presque joyeuse. « Shotgun » nous renvoie au bon vieux temps de « Blind in Texas » de 1985 et « Miss You » semble lorgner vers le génie de « The Idol », le chorus de guitare qui s’éternise étant digne de la magnificence du final de  » Comfortably Numb  » des Pink Floyd, rien de moins…

« Falling under » et « Slaves of the new world order » nous amusent par les cassures de rythmes au beau milieu des chansons, architecture de composition chère au groupe depuis  » The Headless Children « , engendrant les excellents « Eyes of my maker » et « Hero of the world », surpassant de loin en interprétation instrumentale et vocale ce que le groupe nous propose depuis une bonne quinzaine d’années maintenant.

Mike Duda, fidèle au poste de bassiste depuis 1996, est impérial comme toujours, le son de batterie semble bien meilleur que les productions habituelles du groupe, et l’album se termine en apothéose par le morceau titre, « Golgotha », empreints d’une émotion vocale rare à faire frissonner et de mélodies imparables, terminant ici aussi par un chorus évolutif qui restera dans les mémoires bien longtemps…

 

 

 

Quelle claque cet album  » Golgotha  » ! Il est intéressant de noter que les paroles sont étonnamment très religieuses et parlent beaucoup de l’espoir, du manque et de louanges à Jésus et à Dieu lui-même, on ne peut que sourire quand on pense que le même Blackie lançait des morceaux de viande dans le public en 1985, se couvrait de sang qui sortait de gros crânes plus impressionnants les uns que les autres, arborait des bracelets en cuir décorés de scies circulaires et dont les textes ne parlaient que de sauvagerie et de meurtres atroces….

Sentirait-il l’âge le peser un peu plus ? Une sorte de rédemption à venir ? En tout cas, ça réussit très bien au groupe qui du coup, ressurgit tel un phoenix, doté d’une nouvelle jeunesse et une inspiration sans faille…. Manquerait plus que le bonhomme communique un peu plus avec son public, élargisse un peu la durée des sets et tout serait parfait dans le meilleur des mondes….

 

En complément de l’album  » Golgotha « , voici d’autres albums que je vous conseille : The Crimson Idol, The Headless Children, The Last Command, Inside the Electric Circus, Dominator…

 

Plus d’informations :

www.waspnation.com