Avec pour titre original X+Y, Le monde de Nathan, est la première œuvre fictive du réalisateur Morgan Matthews.

Au casting figure, Asa Butterfield( Hugo Cabret) dans le rôle du jeune prodige Nathan, sa maman est interprétée par Sally Hawkins ( Vera Drake, Layer Cake), on retrouve également Rafe Spall(Odyssée de Pi) dans la peau d’un professeur raté.

Le film raconte l’histoire de Nathan,un adolescent souffrant de troubles autistiques et prodige en mathématiques. Brillant mais asocial, il fuit toute manifestation d’affection, même venant de sa mère. Il tisse pourtant une amitié étonnante avec son professeur anticonformiste Mr. Humphreys (Rafe Spall), qui le pousse à intégrer l’équipe britannique et participer aux prochaines Olympiades Internationales de Mathématiques. De la banlieue anglaise à Cambridge en passant par Taipei, la vie de Nathan pourrait bien prendre un tour nouveau…Nathan

Morgan Matthews n’est pas dépourvu de connaissances concernant le monde des mathématiques et de l’autisme puisqu’il est le réalisateur d’un documentaire Beautiful Young Minds (2007): des petits génies souhaitant obtenir leur place pour les grandes olympiades internationales en mathématiques. Il y fait la rencontre de jeunes gens présentant des caractéristiques s’apparentant au syndrome d’Asperger.

Ces troubles sont ceux que présentent l’adolescent, Nathan Ellis, passionné de math. Le seul qui arrive à percer son univers, c’est son père, Michael (Martin Mc Cann). Mais celui-ci, lui est enlevé brutalement. Il se réfugie davantage dans son monde fait de chiffres et de motifs géométriques. Il fuit tout signes affectifs même ceux de sa maman. Il semble ne pas comprendre ce genre de manifestations. Rapidement sa maman va prendre les choses en main pour qu’il puisse se sentir reconnu pour ses talents en mathématiques. Dès lors, il rencontre un professeur de math à la « Dr House », Mr. Humphrey. Celui-ci vit encore sur un échec et traine  avec lui un lourd fardeau, la maladie. Un personnage cynique mais suscitant rapidement la sympathie du spectateur. Il sera la première étape vers ce tournant que va prendre la vie de Nathan.

N’oublions pas sa maman, pleine de patience et de bonne volonté qui joue un rôle déterminant en entreprenant les démarches pour faire reconnaître le génie de son fils, après la mort tragique de son mari. Elle est désemparée et on ne peut qu’être submergée par cette émotion. Cette impossibilité pour une mère de rentrer dans le monde de son fils avec toute la frustration qui va avec.

Mais ce monde est celui de Nathan, bercé de chiffres, de motifs, qui sont équivalents à ses émotions. Si on sent bien au début du film que les sentiments ne font pas partis de son univers, ou du moins sa façon de les exprimer, on se retrouve petit à petit embarqué dans sa réalité. On découvre ses émotions exprimées différemment pour finir par être dévoilées de la manière la plus commune qui soit, en toute simplicité. C’est ce qui séduit le spectateur, la simplicité des émotions qu’on ne reconnait plus si facilement au cinéma. Comme si il fallait constamment des artifices ou des péripéties peu ordinaires pour faire un bon film. Non, parfois il faut juste vouloir émouvoir, vouloir éveiller nos consciences de la manière la plus simple qui soit avec des sujets qui en plus sont parfois subtils comme l’autisme.Le monde de Nathan

Des séquences  avec ces motifs répétitifs qui rythment le film, pour replonger dans un univers dépourvu d’émotions car Nathan ne sait pas ce qu’il est d’usage de faire dans telle ou telle situation. Sélectionné pour le camp d’entrainement des olympiades de mathématiques, il se retrouve alors au milieu de jeunes gens ayant le même potentiel que lui. Soudain le garçon bizarre devient ordinaire parmi ces petits génies. Et voilà encore une étape dans le tournant de sa vie!

Puis vient le temps de la rencontre, l’adolescence et les premiers émois, au final, cette rencontre avec la jeune Zhang Mei (Jo Yang) est le véritable tournant. Celui qui le fera sortir sans doute de son mutisme affectif.

Une musique, une caméra qui nous guide d’un monde à l’autre, de celui des gens soi-disant ordinaires à celui des gens soi-disant peu ordinaires. La possibilité pour chacun de nous de s’identifier à un personnage. L’émotion constamment présente, les rires et les larmes. Ce film est simple, beau, plus rien ne parait insurmontable. On se laisse bercer par nos émotions et on passe un beau et bon moment car le bonheur est peut être dans la simplicité des rencontres et des sentiments. Allez-y et laissez vous porter!