Klone : Here comes the sun … J’annonce la couleur d’entrée sans aucun suspense : attention chef d’oeuvre !!! Cet album, comme son nom l’indique, est une ode au soleil, ou du moins à tout ce qui est radieux, à ce qui naît ou renaît et provoque l’espoir et même l’espérance. Sous ces airs mélancoliques, un peu obscurs, profonds et émotionnels se cache une foule d’émotions positives et bienfaisantes.

 

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Emmitouflé par une production exceptionnelle tant elle est moderne et organique à la fois (ce son de batterie, mes aïeux, et ce grain de voix !!!), les poitevins de Klone nous délivre là son cinquième album, tranchant catégoriquement avec leur style qui a fait leur succès, certains parlent de metal moderne, d’autres de post-metal, une poignée de mathématiciens de la musique les englobent dans le post-rock progressif à tendance atmo….. Avec Here come the sun, ils mettent tout le monde d’accord, du metal il y en a très peu, la tendance générale est à l’électro-acoustique et à l’atmosphérique inspiré à outrance…
Là où The dreamer’s Hideaway montrait une belle maturité dans la carrière montante du groupe, les 6 musiciens nous prennent à contre-courant en nous proposant carrément autre chose, avec bien sûr quelques détails inhérents à leur marque de fabrique (le chant éraillé, viril et très clair de Yann Ligner et cette basse ronde et vivante de Jean-Etienne Maillard…)

 

« Immersion » ne pouvait pas mieux être nommée car le morceau glisse sur notre être tout en douceur, comme pour nous habituer pas à pas à plonger dans des profondeurs musicales intenses et inconnues, tout comme un Pink Floyd le faisait à merveille à son époque… Un petit sax soprano vient conclure ce début de voyage avec étrangeté et on est déjà transfiguré et transporté jusqu’à ce « Fog » balançant, étiré, avec une basse un peu dissonante et quelques notes suspendues de guitares saturées, comme un goutte de brume ayant été gelée dans le temps…

 

Cette utilisation de notes suspendues est récurrentes dans quelques autres passages, comme dans le plus dansant, le plus pop oserais-je dire, « Gone up in Flames », fleurant bon le Police qui aurait fait un bon de presque 40 ans en avant… La torpeur nous prend et nous sommes à notre tour suspendus aux notes ambiantes de « The Drifter », les guitares de Guillaume Bernard et Aldrick Guadagnino nous faisant voguer sur une onde très calme et lancinante, façon premier album d’OSI (projet de Jim Matheos et Kevin Moore), les roulements omniprésents de l’excellent Florent Marcadet sur tous les toms sans caisse claire renforce le côté intemporel, qui nous fait glisser inconsciemment sur « Nebulous » et sa lenteur presque « Floydienne » et « Anathemique », transcendée une fois de plus par le timbre posé et mélodieux de Yann.

 

« Gleaming » permet de nous reprendre un peu, nous refaisons surface avec ce petit instrumental rafraîchissant aux sonorités d’ailleurs (chapeau les guitaristes une fois encore…), nous sommes proche de l’aube, les nuages nocturnes se dissipent et « Grim Dance » nous propose ses riffs graves et angoissants, le chant scande les mots comme une marche, lente et sans fin, la basse monstrueuse accentue le côté imperturbable de l’évolution du temps qui passe…

 

Les premiers rayons pointent leur radiance, une luminosité merveilleuse et vivifiante nous est dévoilée par un chant des plus prenants, « Come undone » et la musique, toujours plus belle et en constante évolution, « The Last Experience », nous rappelle qu’un autre journée débute, une nouvelle vie pour certains, une nouvelle mort pour d’autres, un changement perpétuel de la Terre, de l’eau sous nos pieds, et la reprise très personnelle du « Summertime » de Gershwin ne dépareille pas au milieu de ces méandres d’harmonies et de mélodies, toutes aussi somptueuses les unes des autres, affirmées à nouveau par le saxophone éthérique de Matthieu Metzger…

 

Quel voyage, les amis, ruez-vous sur cet album, vos sens en sortiront transformés, vous vous sentirez magnifiques et prêts à bouffer la vie, et vous retournerez avec foi et plaisir dans ce voyage introspectif et émotionnellement bienfaisant. Les fans de la première heure devront avoir l’esprit suffisamment ouvert pour apprécier l’évolution musicale et humaine du groupe, les autres, comme votre serviteur, flotteront dans l’éther, pendant encore un bon moment… L’un des meilleurs albums de cette année 2015, tous styles confondus, dépassant même mon maître à penser Arjen Lucassen et son envoûtant The Gentle Storm tout fraîchement sorti…

 

Autres albums : The Dreamer’s Hideaway, Black Days, All Seeing Eye

Guillaume Bernard : Guitare Aldrick Guadagnino : Guitare Florent Marcadet : Batterie Matthieu Metzger : Sax / Samples

 

Plus d’informations :

http://klonosphere.com/klone