Sincères condoléances« Mes sincères condoléances :

les plus belles perles d’enterrements »

Guillaume Bailly

Après le succès des « Tribulations d’une caissière » d’Anna Sam, « Absolument débordé ! Ou le paradoxe du fonctionnaire » de Zoé Shepard, les livres-témoignages sont largement plébiscités. Si certains secteurs professionnels prêtent à rire, le métier de Guillaume Bailly semble pour le moins dénué de toute dérision. Et pourtant… Croque-mort pendant 12 ans, il raconte ses anecdotes, celles de ses collègues et rend un hommage sincère et respectueux aux défunts. Son recueil « Mes sincères condoléances : les plus belles perles d’enterrements » est évidement sorti pour la Toussaint…

Guillaume_Bailly

L’auteur : Guillaume Bailly

Désormais journaliste pour la revue professionnelle « Funéraire Info », l’ex-croque mort nous fait découvrir et partager des moments truculents, émouvants et parfois cyniques. En tout cas, aucune de ses anecdotes ne laisse indifférent. Si les âmes sensibles peuvent trouver le thème glauque et dérangeant. On y retrouve pourtant respect, écoute et soutien de la part de ces professionnels si nécessaires en ces périodes de vie difficiles.

Le résumé

Nous plongeons dans l’intimité d’un métier pas comme les autres. Si vous êtes fan de « six feet under » ou des autopsies des « experts », passez votre chemin. Pas de sensationnel par ici. Rien que de l’humain avec le meilleur et le pire que peut réserver notre espèce.

L’auteur n’hésite pas se moquer de lui-même et des gaffes de ses collègues. Lorsque, par exemple, ceux-ci se préparent à embarquer une vieille femme qui repose tranquillement dans son lit, le fils de celle-ci les interrompt « pardon, là c’est maman elle dort. Le défunt c’est papa. Il est à côté ». Ou lors d’une crémation, l’affluence est telle, que pas moins de deux cercueils attendent côte à côte d’être lancés. Le maître de cérémonie après un regard pour la première famille, lance la crémation d’un des deux cercueils. Il rejoint les membres de la famille qui lui font part de leur surprise «  Mais pourquoi n’avez vous pas lancé la crémation de notre mère. Vous ne vous êtes pas trompé quand même ? ».

Comme tout secteur professionnel, les pompes funèbres ont leur lot de héros. L’un d’eux stoïque après tant d’années passées aux côtés de familles éplorées, va voir sa carapace craquée face à une famille à la réaction particulière. A contrario, on se surprend à sourire quand l’auteur parle des vocations des jeunes recrues prêtes à prouver aux anciens de quoi ils sont capables. Rares sont ceux qui reviennent le lendemain…

Et puis viennent les histoires des défunts et de leurs familles.

Certains (beaucoup) prêtent à rire comme le décès d’un vieil homme dans un club échangiste. Sa très jeune femme éplorée a su retrouver de l’entrain malgré son malheur en poursuivant sa soirée et en promettant aux professionnels des pompes funèbres d’être au rendez-vous prévu le lendemain.D’autres rassurent sur la nature humaine. Comme ce groupe de SDF qui se cotisent pour payer une cérémonie à l’un des leurs et qui lui rendent hommage à leur façon.

L’auteur nous fait une triste démonstration de la solitude dont souffrent les personnes âgées. Si certaines peuvent compter sur la vigilance de leurs voisins, d’autres ont été découvertes 3 ans après leur décès. Et si ce cas est extrêmement rare, l’auteur et ses collègues assurent avoir l’habitude des décès remontant à plusieurs semaines, voire des mois.

L’auteur passe à la moulinette les familles soucieuses de la rapidité d’exécution de la cérémonie. C’est qu’ils ont rendez-vous chez le notaire après. Faudrait pas être en retard… Il y a aussi les émouvants comme cette petite mamie qui organise ses obsèques à l’avance et demande à ce qu’on prévienne sa famille qu’après «  vous comprenez je ne veux pas les déranger ils ont tellement de travail ».

Ce récit ne laisse pas indifférent. Ce que j’aime dans ce genre de livres, ce sont les rencontres avec les gens de la vie normale dans des circonstances exceptionnelles. SI la mort est taboue, il est de ces gens qu’on rencontre pour ce genre d’événements qui nous inspirent respect et admiration. Il en faut des professionnels des pompes funèbres. Un conseil toutefois, évitez de leur demander de parler de leur métier lorsque vous êtes à table. Cela risque de vous couper l’appétit.

dexter

Par contre, je m’interroge. Si vous trouvez glauque le recueil d’anecdotes d’un croque-mort. Que penser de Michael C. Hall qui après avoir été l’un des héros de « Six Feet Under » en tant que thanatopracteur, est devenu « Dexter » le serial killer expert en sang le plus célèbre de Miami. Aux dernières nouvelles, il va bien..

Michael C hall