J’aime m’immerger, lors des rares plages de temps libres que je m’accorde, dans un album où tous mes sens sont en éveil et prêts à accueillir divers sons et émotions. Avec The Ocean et ce septième album, c’est ce qu’il y a de mieux à faire, tant l’univers de ce groupe suisse est lié à un concept et une imagerie presque cinématographique. Et en terme d’immersion, je suis ici bien servi…

 

the ocean pelagial

 

 » Pelagial  »  est un enfouissement dans les eaux justement, de la surface jusqu’aux abysses les plus obscures et les titres des chansons sont en fait les différents paliers des profondeurs océaniques de notre bonne vieille planète… il y a même un petit feuillet explicatif avec les niveaux métriques, quelle jolie attention : Epipelagic, Mesopelagic (là, la lumière ne passe plus…), Bathyalpelagic, Abyssopelagic, Hadopelagic, Demersal et Benthic.

 

Ayant attentivement lu les textes, je pense comprendre que cette descente sous l’eau est en fait une métaphore de plusieurs choses : cela ressemble d’abord à un recueillement et une réflexion sur soi-même dans les pensées les plus enfouies, ou encore une quête de l’absolu, d’un Dieu quelconque, ou même d’une fin de vie et les dernières pensées d’un mourant…

 

Cet album était prévu instrumental, comme souvent chez ce groupe, sans aucune parole ni ligne de chant, et ç’aurait été dommage, non pas que la musique ne se suffise pas à elle-même, bien au contraire, mais nous saluons le challenge de Loïc Rossetti qui a su imprégner sa marque, sa puissance vocale et son talent d’auteur afin de transcender cette musique déjà extrêmement riche par elle-même.

 

Alors au fil des morceaux, nous plongeons, c’est le cas de le dire, dans des univers concentrés, parfois oppressants et obscurs, lumineux ou glauques, les mélodies sont inspirées autant que puissantes, et ornées d’un quatuor à cordes qui donne une nouvelle couche triste et malsaine sur certains passages.

 

Il y a une évolution et des thèmes reviennent parfois tout au long de l’album, modifiés légèrement à chaque fois, comme pour nous rappeler que la descente au plus profond de l’âme est longue et instructive… On ne s’ennuie pas une seconde et certains passages pourront rebuter les moins « addict » au metal extrême car on passe du progressif le plus saccadé au thrash-core assez épais, limite post-metal en mélangeant au gré du voyage initiatique des thèmes magnifiques de piano saupoudrés d’une voix frêle et mélodieuse et les hurlements les plus torturés et agonisants (« Bathyalpelagic III fait carrément appel au death-metal moderne….). Puis nous descendons, descendons, nous nous laissons porter, ne sentant plus la pression de l’eau, aveugles et sourds, démembrés, jusqu’au ralenti absolu (« Benthic : The origin of our wishes »), jusqu’aux abîmes incommensurables, impalpables, presque morts…

 

Si vous aimez voyager en musique, que vous désirez changer d’univers pour une heure de temps, et si bien sûr vous êtes ouverts d’esprit, la musique de The Ocean est tout de même accessible après plusieurs écoutes, ruez-vous sur cet album, nos amis Suisses nous ont de plus fait l’honneur de nous offrir la version instrumentale et la version chantée, cette dernière étant nettement plus intéressante. Un fabuleux album, plein d’images et de sentiments extrêmes…

 

Autres albums à conseiller : Anthropocentric, Heliocentric

 

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