Depuis quelques années déjà, on assiste avec bonheur à une émergence de jeunes groupes français dans l’univers du metal (Hacride, Silent Opera, Gojira, Trepalium, Memories of a dead man pour ne citer qu’eux…) et cela fait peau neuve à un style qui n’est vraiment pas démocratisé et toujours incompris dans notre cher vieux pays, contrairement à nos voisins qui sont réellement plus évolués que nous culturellement… Bref, on ne refait pas l’histoire et les mentalités, Klone est de ces groupes novateurs et modernes, donnant dans le post-metal le plus mélodique et le gros son, qui possède une véritable identité.

 

klone the dreamer's hideaway

 

Après trois albums très bien faits mais un peu expérimentaux à mon goût, ce The Dreamer’s Hideaway est un gros pas en avant dans l’évolution du groupe et on ne s’ennuie pas une seconde durant toute l’écoute, la musique est riche et les idées novatrices et vocales ne manquent pas.

 

Ce qui se ressent d’entrée avec Rocket Smoke qui introduit très bien l’ambiance de l’album, un côté « chanson » qui même si elle sent le frais, nous promet un déluge de riffs accrocheurs ou atmosphériques et un déchaînement vocal pour la suite…. The Dreamer’s hideaway nous emmène donc dans une lourdeur implacable, avec la basse de Jean-Etienne Maillard bien en avant, peuplée d’ambiances glauques mais pas oppressantes comme un Devin Townsend peut l’être, le chant est puissant et très mélodique, la surprise du chef étant un solo de sax soprano (Matthieu Metzger) qui clôt le morceau, et qui s’harmonise on ne peut mieux avec le tout, étonnant mélange mais efficace. Into the void est magique de sensibilité et la voix de Yann Ligner, très introspective et virile, fait encore des merveilles d’émotion..

 

Tout au long du disque, on remarque une production moderne et brute, sans pour autant être dénuée de subtilité. Mention spéciale au batteur Florent Marcadet qui innove à chaque instant, beaucoup dans ses breaks et ses mouvement rapides de charley.. et quel son de basse, my God ! Très clair avec une légère saturation, une masse vrombissante qui rend ce côté malsain aux guitares de Guillaume Bernard et Aldrick Guadagnino, tantôt acérées et saccadées, tantôt planantes et atmosphériques, pour nous permettre de mieux pénétrer leurs univers bien à eux.

Siren’s song ressemble à une petite fresque épique, un peu dissonante dans les accords de guitares, comme « Corridors » qui fait penser à une marche régulière et lancinante, à la Gojira mais en moins martial. Le chant est encore à l’honneur sur ce dernier et sur le plus violent Rising, une rythmique suivant une basse groovy, et une voix à déterrer les morts… Je commençais à m’habituer au son trash du morceau alors qu’un interlude spatial, Stratum, vient m’enchanter l’esprit aux sons de bols tibétains samplés avec goût, pour continuer dans une certaine torpeur et douceur avec ce qu’on pourrait appeler la ballade de l’album, Walking on clouds , où le titre prend tout son sens, tant on a l’impression de marcher au fil de la musique, sur un paysage éthérique, prudent et cotonneux..

 

The worst is over est à nouveau un format chanson avec refrain, et ça fait du bien de respirer un peu quand même…. A finger snaps lorgne assez vers un bon stoner bien heavy et me fait même penser dans le groove et la façon de chanter à King’s X, sur leurs derniers albums…

Malheureusement, toute bonne chose a une fin,  At the end of the brigde clôt magistralement cette œuvre variée et passionnante, lancinante, poussée, mélodie et groove réunis, pour une belle fin d’album…

 

Klone est avec cet album l’un des groupes de la nouvelle scène française Metal qui promet de grandes choses, car leur univers musical est tellement personnel et leur son propre aux six compères, qu’il sera difficile de les détrôner. On leur souhaite le meilleur pour la suite, surtout d’accéder au niveau le plus haut de la notoriété, car ils le valent bien !

 

Autres albums : Black Days, All Seeing Eye

 

Plus d’informations :

Site officiel du groupe Klone