Une fois n’est pas coutume je vais vous parler d’une bande dessinée : « Chute libre » de Mademoiselle Caroline. Assidue du blog de la jeune femme, ayant adorée « Enceinte », j’étais impatiente de lire « Chute libre » son dernier opus traitant de la dépression. Changement de ton radical et plongeon dans l’intimité de l’auteure.

Chute libre - Mademoiselle Caroline

Chute libre – Mademoiselle Caroline

Mademoiselle Caroline tient son «  journal d’en haut »  depuis quelques années. Ancienne parisienne, elle est montée là haut dans la montagne avec mari (1), enfants (3), chaussures ( à ce jour le chiffre exact n’a toujours pas été révélé au public). Illustratrice, elle publie rapidement «  Enceinte », «Quitter Paris », « Je commence lundi, le régime anti-régime » entre autres. Toutes ses bds et son blog sont classés dans la rubrique Humour et à raison ! Son blog est une mine d’or de rire en barre. Des concours captivants ( de chiottes, de chouzes, de sacs, de bouffes) , des notes de son quotidien qui nous décomplexent (pour celles qui ont des complexes, quelques unes, pas beaucoup) , ses révélations terrifiantes.

Bref on se marre.

Et donc on ne s’y attend pas. A sa dernière BD. C’est la « Chute libre » dans la dépression, le néant, le vide… « Vous ne riez plus ? » …

Vous ne riez plus ?

Mademoiselle Caroline nous fait partager son triple plongeon dans la dépression avec ses dessins actuels et ceux des périodes où elle sombrait. Elle livre beaucoup de choses, ses pensées les plus inavouables, son apparente bonne humeur pour faire bonne figure et s’autoconvaincre. Elle raconte tout (ou presque) de ce qu’elle a vécu et qu’elle vit encore. Elle parle de la vie quand on est malade de la dépression. Le moment où ça craque. Les traitements médicamenteux, comment on commence et surtout comment on les arrête. La recherche DU psychologue, les rencontres qui changent la vie et la maladie. L’entourage qui est là, toujours. Les étapes pour parvenir à la guérison car oui la dépression est une maladie et oui on peut en guérir.

 

C'est noir et ça pique

 

Cette BD m’a fait réaliser que nous ne sommes jamais le même lecteur que le voisin. Nous abordons toujours un livre, un article, une œuvre avec notre vécu et nous sommes plus ou moins réceptifs au message envoyé. Nous côtoyons tous plus ou moins la dépression. Les médias en parlent davantage, les psychologues font de plus en plus d’ouvrages sur le thème. On en parle plus, c’est bien. On met un nom sur des maux et on donne de l’espoir aux malades.

Pour autant, la dépression ne touche-t-elle que les malades ? Que dire aux personnes qui les entourent, vivent avec eux, tiennent le coup pour eux, évitent de rajouter du poids à leur fardeau ?

Que peut on dire à ces gens-là ? Que dire quand « c’est une maladie » ne suffit plus pour tenir bon ?

Guérir de la dépression est un long chemin au bout duquel on arrive rarement seul.

Le journal d'en haut