Habituellement, j’écoute très peu de metal où le chant n’est pas mélodique, pour ne pas dire très mélodique. Je ne renie pas un bon Slayer, Gojira, Amon Amarth ou même Klone de temps en temps mais ce n’est pas ma musique de prédilection.

Pourtant lorsque je suis tombé sur cet album, le tout nouveau Hacride, je me suis laissé aller à lire une belle interview faite par Rock Hard et, outre le fait qu’ils soient français, les gars ont tellement bien parlé de leur musique, leur changement de chanteur et leur direction musicale plus professionnelle (ce dont il est question dans les paroles de cet opus) que cela m’a donné envie de découvrir une fois de plus leur talent, leurs précédents albums me semblant un peu trop agressifs et linéaires…. Béni soit ce jour !!!

 

hacride Back to where you’ve never been

 

Un coup de massue, mais régénérant et salvateur, voilà la première impression… D’entrée, une petite intro d’orgue jouant un motif court qui reviendra parfois sur l’album et soudain : quel son de fou !!! « Introversion », qui porte bien son titre nous embarque dans un univers assez monochrome, grave, ensuqué, malléable, engoncée en une profonde atmosphère glauque mais pas oppressante ; des riffs assassins et saccadés, une rythmique très lourde et groovy en même temps, et la voix puissante et écorchée du nouveau chanteur Luis Roux, pas trop agressive et faisant des merveilles lorsqu’elle passe en chant clair. « Strive Ever to More » enfonce le clou et nous prouve que cet album va être une tuerie de tous les instants, nous remémorant même quelques figures de style limite neo-metal à la Ill Nino sur le refrain et des accords dissonants que ne renierait pas Devin Tonwsend lui-même.

 

« Synesthesia » est un intrumental très introspectif, reprenant le thème du début en plus structuré, doté d’une ambiance théâtrale et grave, comme si l’on explorait quelques profondeurs de l’esprit humain, les accords sont graves, mais il reste toujours un fond mélodique, ce qui rend justement le tout accrocheur… jusqu’à ce qu’une nouvelle salve de décibels (« Overcome ») nous prenne le cerveau et nous regorge d’une montée d’énergie salvatrice et positive… Un riff magnifique hante le morceau entier et le refrain chanté reste très inspiré, en nous introduisant au premier chef d’oeuvre de l’album, « Edification of the fall », juste magique de musicalité, de puissance et d’inspiration progressive ; l’intro dotée d’un soupçon de séquence électro est à tomber, le riff principal fait même penser au « New Millenium » de Dream Theater (album Falling into Infinity), un morceau à rendre fou car il pourrait tourner en boucle dans ma platine que je ne m’en lasserais certainement jamais tant il y a de choses à découvrir…. Et encore une fois, quelle production !! A faire pâlir les plus réputés des ingénieurs du son du monde entier….

 

Puis, à nouveau un instrumental, « To numb the pain », très ambiant, inquiétant qui ravira les fans de post rock et d’indus, pour arriver aux deux autres chef-d’oeuvre, « Ghost of the modern world » et son côté « Ocean Machine » de Devin Townsend, influence très bien digérée et non plagiée. L’évolution harmonique dans le long chorus de guitare nous transporte sur des ondes impromptues, hautement solitaires et somptueuses pour nous faire pénétrer dans le très musical et très triste « Requiem for a lullaby », superbe chanson au chant envoûtant (décidément, quelle bonne recrue ce Louiss), faisant légèrement penser, dans l’ambiance et la recherche des riffs, aux plus torturées des chansons de Pain of Salvation, période The perfect element, une folie en moins…

 

Pour les amoureux de mélodies planantes et paradoxalement de puissance métallique moderne, ruez-vous sur cet album, « Back to where you’ve never been » fera passer vos soirées d’hiver à venir avec plein d’images et de sentiments confus dans la tête… Ca s’appelle de l’art… D’ailleurs, je vais de ce pas ré-écouter les autres albums d’Hacride, histoire de voir si je n’ai pas manqué quelque chose d’essentiel avant….

 

Plus d’informations :

Site officiel du groupe Hacride