Pour ceux qui ne connaissent pas Tarja Turunen, ce fut la magnifique et charismatique chanteuse lyrique du groupe de metal symphonique Nightwish, qui contribua au succès interplanétaire du groupe. Depuis son éviction controversée en 2005, elle mène une carrière solo grandissante et a déjà publié quatre albums sous son nom (deux très rock et deux assez étranges avec des chants de Noël et des chansons seule avec orchestre). Toujours dans une veine metal symphonique, avec plus de douceur et moins complexe que la musique de Nightwish, les albums ont été bien reçus par la critique et le public.

 

tarja colours in the dark

 

Avec ce cinquième opus, dont le livret photo est très coloré, Tarja prend plus de risque et semble s’être fait un peu plus plaisir, en variant les ambiances et allant jusqu’à chanter en voix simple, très joliment d’ailleurs, et non lyrique, l’album précédent  » What lies Beneath  » étant plus axé commercial, très commercial même…

 

La belle finlandaise débute les hostilités avec une relecture du Boléro de Ravel, « Victim of Ritual », exercice de style périlleux mais ici réussi et très intéressant car on ne dénote aucun plagiat à l’horizon, un nouveau morceau a même été carrément inclus au milieu des thèmes connus, qui ont été eux aussi modifiés dans leurs mélodies. Chapeau bas ! On continue avec un morceau sympathique et efficace, « 500 letters », qui nous permet d’apprécier la suite qui est à tomber, avec ce monument presque progressif et symphonique, « Lucid Dreamer ». Les violons sont magnifiques, les lignes de chant sont très inspirées et le refrain est à se pâmer de beauté. La voix de Tarja est admirable, beaucoup plus nuancée que d’habitude et paradoxalement plus aiguë. Le milieu du morceau est assez étrange avec ses bruits bizarres de ronronnements synthétiques, comme si nous étions à l’intérieur d’un corps humain, tel un fœtus, assez oppressant…

 

On a droit également au morceau « dans ta face », « Never Enough » avec son riff de guitare implacable et ce refrain qu’on se prend à chanter toute la journée, très pêchu mais un peu lassant sur la répétition finale, presque trop bruyant même par cette saturation volontaire…

 

La ballade « Mystique Voyage » nous calme un tantinet avec son refrain en espagnol, et un soupçon de finlandais, les chœurs y sont magnifiques. « Darkness » est une reprise de Peter Gabriel, ce qui pourrait sembler incongru mais qui ne l’est pas car très bien appréhendée, beaucoup moins torturée, à peine accélérée et interprétée de main de maître par un Mike Terrana furieux derrière ses fûts et un son de guitare tonitruant, on en oublie presque l’original tant on est scotché par la voix « non lyrique » de Tarja, d’une pureté angélique… Nos oreilles ne seront pas en reste pour la suite car le très prog-symphonique et son entrée à 7 temps nous envoie un côté hispanique rafraîchissant et de nouveau cette voix magnifique et puissante transcende nos émotions les plus légères. J’ai toujours l’impression d’en faire beaucoup lorsque je parle de cette chanteuse, mais que voulez-vous, quand on est fan, on est peu fou-fou….

 

 

Je passerai sous silence « Neverlight » qui n’a aucun intérêt et n’apporte rien à cet album, mais « Until Silence » relève le niveau si haut qu’on se prend à se retrouver dans les ambiances des premiers Nightwish avec des morceaux comme « Sleeping sun » ou « Walking in the air ».

 

« Medusa » clôture étrangement le disque, sous un ciel oriental grâce à un doudouk doucereux et un chant un peu déstructuré, accompagné d’une voix masculine (Justin Furstenfeld – Blue October) à la limite du kitch, comme une impression de comédie musicale populaire à la « Phantom of the Opera » des années 90… Morceau à réécouter pour vraiment s’en imprégner…

 

Beaucoup plus varié que le précédent, lorgnant plus vers son premier et très réussi « My Winter Storm », cet album a été conçu en groupe, la belle et ses musiciens ensemble, on en ressent une belle homogénéité et une osmose qui manquait auparavant. Une grande réussite donc, dotée d’une production enfin à la hauteur de cette beauté musicale et vocale qui, gageons-le, ne plaira pas à tout le monde, car on peut se perdre un petit peu dans les divers styles de metal abordés… Gardons l’esprit ouvert les amis, l’avenir de la musique c’est la diversité et le mélange des genres… Heu… Tarja ? La prochaine fois que tu désires faire un duo avec un homme, je suis dispo, n’hésite pas (lol)…

 

Autre album conseillé : My winter storm

 

Plus d’informations :

Site officiel de Tarja Turunen