Réalisé par Alfonso Cuaron ; avec : Sandra Bullock, Georges Clooney

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste.

Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

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Nouveau film d’Alfonso Cuaron, six ans après Les fils de l’homme, Gravity nous emmène dans l’espace, sur les traces de Georges Clooney et Sandra Bullock, confrontés à la destruction de leur navette après une collision avec les débris d’un satellite.

Le premier constat après la vision du film d’Alfonso Cuaron concerne la maestria visuelle du réalisateur mexicain. Déjà peu avare en plans séquences dans Les fils de l’homme, Cuaron utilise l’Espace mis à sa disposition pour transcender sa réalisation. La caméra est en apesanteur, et se libère des contraintes du cadrage traditionnel. Nous ne sommes pas spectateur, mais acteur de cette prouesse visuelle, de cette caméra qui filme la terre comme jamais personne ne la fait avant. Cuaron joue d’ailleurs habilement avec nous, en alternant les plans devant l’immensité de l’espace, et des cadrages plus serrés sur les protagonistes, pour nous faire ressentir la claustrophobie de ces astronautes prisonniers de leurs combinaisons, des combinaisons qui nous rappellent la faiblesse de l’homme devant l’immensité de l’espace, et qui constitue un frein à l’épanouissement de celui-ci.

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Il faut vivre cette odyssée spatiale comme un voyage initiatique, celui de Ryan Stone (remarquablement interprétée par Sandra Bullock), meurtrie par une tragédie,  et qui considère le fait de se retrouver dans l’espace comme une contrainte, tout le contraire de Matt Kowalski (Georges Clonney) qui semble prendre un malin plaisir à évoluer dans cet immense espace. La catastrophe qu’ils vont subir va permettre à Stone de vivre une seconde naissance. A ce titre, il faut noter ce moment magnifique où Stone, après avoir réussi à rejoindre la station internationale se libère de sa combinaison et, avec l’apesanteur, prend une position fœtale. Sa renaissance, avec l’aide de Kowalski, n’en sera que plus belle. Et de ce point de vue-là, il faut reconnaitre que Cuaron a donné à Sandra Bullock un rôle à la hauteur de celui de Sigourney Weaver dans Alien. Stone et Ripley, même combat !

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Cuaron fait preuve d’un brio remarquable dans sa gestion des scènes d’actions, qui prennent vraiment le spectateur aux tripes. Mention spéciale à la 3D, dispensable dans de nombreux films, mais qui se révèle ici nécessaire pour vivre cette expérience qu’est Gravity. Car c’est bien d’expérience qu’il faut parler, car ce voyage dans l’espace ne laisse pas indemne. On ressort de la salle avec une furieuse envie de vivre !

On notera malgré tout quelques scories, entre un Georges Clooney en roue libre à certains moments, et une petite baisse de rythme dans la seconde partie du film.

Mais on reste malgré tout ébahi devant tant de maestria, avec un final qui n’est pas sans rappeler un passage important de la Bible… Cuaron avait déjà acquis ses galons de grand cinéaste avec Les fils de l’homme, mais avec Gravity il confirme qu’il fait partie aujourd’hui des meilleurs, au point de susciter l’admiration de James Cameron. Nul doute que ses projets futurs sont attendus avec une certaine impatience…