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Cette semaine Nanook vous emmène dans une uchronie steampunk sur l’œuvre de Jules Verne. Pour ceux qui se poseraient la question, une uchronie est une réécriture de l’histoire à la lumière de la modification d’un événement du passé. Elle répond en fait à la question : « Et si ? »… En l’occurrence : « Et si Jules Verne n’avait jamais pu devenir écrivain ? Et si plutôt que de décrire les fruits de son imagination, il les avait réalisés ? ». Voici l’idée de départ de ce projet.

Par Lord_Akhen@ton

Titre : Univerne

Auteurs : Morvan (Scénario) et Nesmo (Dessins)

Genre : Science Fiction

Édition : Soleil

Date de parution : 2011

ISBN :

978-2-30201-076-5

Nombre de pages : 48 pages par tome.

Nombre de tomes: 1 lu sur 2 parus

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Les auteurs:

Jean-David Morvan (Scénariste)

Jean-David Morvan est né le 28 novembre 1969 à Reims, en Champagne. C’est à l’âge de 11 ans qu’il découvre la bande dessinée par le biais d’un ami qui lui prête un album de Valérian. Il sait dès lors ce qu’il veut faire plus tard. Après un bac philo – arts plastiques, il part étudier pendant quelques mois à l’école Saint-Luc à Bruxelles, en section BD, puis à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. A l’origine, il s’oriente plutôt vers le dessin avant de laisser définitivement les pinceaux pour la plume du scénariste.. Il est l’auteur de Zorn et Dyrna, Ronces ou encore Sir Pyle.

Source : Soleil

Alexandre Nesme, dit Nesmo (Dessinateur)


Alexandre Nesme est né le 17 octobre à Berlin. Issu d’une famille où la fibre artistique est présente chez la quais-totalité de ses membres, Alexandre Nesme dit Nesmo comprit vite que les maths ne payeraient jamais son loyer, très vite il s’oriente vers le dessin publicitaire, puis l’illustration.
Ses efforts finissent par payer en 2003, il envoie un dossier de présentation chez les Humanoïdes Associés qui sont séduis par son univers dark et terriblement visionnaire, il lui confie le dessin d’une histoire courte écrite par Roger Seiter et publiée dans Métal Hurlant 140 (Jack Bygrave).
Ses inspirations noires et ses influences « exotiques » trouvent un écho en la personne de Jean-David Morvan qu’il rencontre au hasard d’un forum sur internet. De leur rencontre naîtra une bande dessinée, un projet Horrifico-Steampunk toujours ches les Humanoïdes Associés: Ronces. En 2011 il collabore à nouveau avec Morvan pour publier chez Soleil Univerne.

Sources:  Sci-Fi Universe  et Humano

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Le pitch:

Sur quoi repose donc cette uchronie ? Alors qu’il tente de fuir le régime de Louis Napoléon Bonaparte, l’éditeur français Pierre-Jules Hetzel est écrasé par un train … il ne pourra donc jamais publier les œuvres de Jules Verne.

Paris 1900, un demi-siècle plus tard, alors que s’ouvre l’exposition universelle dans une version steampunk de la capitale française, Juliette Hénin, journaliste et féministe, a rendez-vous à la prison de la santé où est incarcérée  Honorine du Fraysne de Viane, l’épouse de Jules Verne. Celle-ci va glisser dans sa robe un objet qui va bouleverser son existence.

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Mon avis:

En temps normal, j’ai plutôt tendance à vous faire part de mes coups de cœurs, les BDs qui m’ont vraiment plu ou qui ont un petit quelque chose en plus. Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vais vous faire partager ma déception.

L’idée initiale était séduisante : créer une uchronie dans laquelle les mondes de Jules Verne et la réalité se confondraient. Malheureusement, ce projet très (trop?) ambitieux nécessitait quelques précautions et un scénario aux petits oignons.

La seule qualité de ce scénario est de mélanger habilement personnages historiques et personnages fictifs créés par Jules Verne. On prend un certain plaisir à retourner chaque pierre pour voir ce qui se cache en dessous. Cela conduit nécessairement à faire des recherches et donc à s’initier simultanément à l’histoire du XIX ème siècle et à l’œuvre du maître.

En revanche, le scénario de Morvan connait plusieurs défauts majeurs. Tout d’abord, l’intrigue n’a tout bonnement ni queue ni tête. D’une part, l’on peine à comprendre ce qui a pu faire de Paris ce qu’elle est devenue, les bribes d’explications apparaissent de ci, de là sans pour autant réussir à former une chronologie cohérente qui nous permettrait de comprendre cette nouvelle réalité temporelle. D’autre part, l’on ne sait absolument pas où l’on va dans cet univers peuplé de célèbres (de part leur nom) inconnus (on se demande bien ce qu’ils font dans l’histoire et quelle est leur place). Plusieurs factions semblent à l’œuvre sans que l’on sache de quoi il retourne : de mystérieux hommes-capsules en noirs, des créatures mécaniques, sans parler des extra-terrestres qui escortent Jules Verne dans un hôpital … lunaire. Un indice non négligeable de cet imbroglio scénaristique est que le résumé de 4e de couverture nous décrit une histoire qui semble presque différente de ce que l’on lit dans la BD. A vrai dire, le résumé est plus cohérent. C’est vraiment dommage.

Côté dessin, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé non plus. Il est difficile d’être catégorique tant les goûts et les couleurs sont affaires de chacun, mais je dois dire que le style de Nesmo est assez déstabilisant. Alors que les gros plans donnent aux personnages des expressions si marquées qu’elles semblent irréelles voire un peu effrayantes, les plans larges peinent à nous transmettre la moindre information sur l’attitude des personnages. L’on alterne donc les cases neutres avec des cases violemment expressives, ce qui a été, pour moi, source d’un certain malaise et n’a probablement pas aidé à cerner les personnages déjà malmenés par le scénario. Par ailleurs, les styles se mélangent sous le crayon de Nesmo. Certaines cases semblent sorties d’un manga, d’autres d’une BD franco-belge ultraclassique. D’autres encore utilisent des techniques très déstabilisantes (les mouvements des hommes en noirs symbolisés par de grandes trainées par exemple). En revanche certaines planches urbaines, le plus souvent vues du ciel, sont plutôt réussies (Vues aériennes de Paris, la butte Montmartre, etc).

Si vous avez déjà eu à déménager un jour, vous avez probablement eu l’idée de ranger tous les câbles de branchement dans un même carton de manière à n’en égarer aucun. Comme moi vous aurez probablement un immense sentiment de désespoir en déballant le carton pour ne découvrir qu’un immense paquet de nœuds sans queue ni tête et dans lequel on peine à s’y retrouver. C’est l’impression que m’a donnée cette BD à la lecture du premier tome. Un second est sorti cette année mais je n’ai pas eu le courage de le lire. Si certains parmi vous s’y sont hasardés, n’hésitez pas à nous donner votre avis !

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Note indicative du rédacteur

2/5