Dire que plusieurs dizaines de milliers de fans attendaient ça depuis des lustres et désespéraient de voir leur rêve réalisé est une évidence ; 2012, l’année de la réunion de 2 monstres sacrés du heavy-metal mélodique, vous ne rêvez pas, c’est arrivé. Kai Hansen, guitariste chanteur de Gamma Ray et ex-membre du Helloween des années 80 vient de former un groupe avec le chanteur du même Helloween, le surdoué Michael Kiske…. Unisonic !!!

 

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Je ne vous cache pas que 25 ans après, les 2 « Keeper of the Seven Keys » tournent encore sur ma platine, je ne me lasserai jamais de fredonner « Future World », « Dr Stein » et m’égosiller sur « Eagle fly free » ou « We got the right »… Michael Kiske a toujours été l’un de mes chanteurs préférés et lorsqu’il avait décidé de quitter Helloween et le monde même du metal, une grosse perte et un gros vide n’ont jamais été comblé… 

Michael a mené une carrière pop qui a bien marché en Allemagne et toute l’Europe et il s’est il y a peu à nouveau frotté au metal grâce Tobias Sammet, chanteur d’Edguy et compositeur des opera metal que sont ses 3 albums d’Avantasia, sur lesquels se trouvent beaucoup d’invités prestigieux…

Alors, à quoi s’attendre lorsque deux musiciens si charismatiques et géniaux ayant autant marqué les esprits des teenagers des 80’s (secondés tout de même par d’autres musiciens excellents dont Dennis Ward qui a fait partie de grands groupes dont Pink Cream69 dans les années 90) se retrouvent pour pondre un album inespéré en 2012 ??? De l’Helloween pur souche ? Du Gamma Ray sous forme de mélodies pop ? Totalement autre chose ???

Eh bien tout ça en même temps, s’il est possible…. « Unisonic » démarre d’entrée comme un pur hymne de power mélodique comme Helloween et Stratovarius savaient le faire à merveille, il nous pousse des ailes, le refrain nous imprègne, on sent les gars heureux de jouer cette musique et Kiske n’a rien perdu de sa superbe, monte toujours aussi haut avec une facilité déconcertante et son fameux vibrato en fin de phrases (un peu agaçant à force d’être systématique d’ailleur…) « Souls alive » et « Never too late » renouent avec le style Helloween ’90 avec ses refrains accrocheurs et ses riffs de guitare au son reconnaissable entre mille (Kai Hansen et son style inimitable…)

Tout au long de l’album, on se délecte de mélodies et d’harmonies délicates, on est ravi par la consistance des chansons et on ne s’ennuie pas, car chaque morceau a sa propre identité. J’en ai parlé à quelques mélomanes que je côtoie et nous nous faisions la réflexion qu’il y avait comme un goût de l’album tant décrié d’Helloween « Pink Bubble Ape », album tant décrié à sa sortie et qui marqua d’ailleurs le début du déclin du groupe, accentué un peu plus tard par le départ de Kiske. Etonnant de percevoir ces ressemblances lorsqu’on sait que Kai Hansen n’a pas participé à la composition de cet album car à l’époque il était déjà parti ?

On sent beaucoup d’influences dans Unisonic mais toutes par parcimonie et retenue, comme si les gars, en se retrouvant avaient fait très attention à ne pas plagier ce qu’ils avaient fait ensemble 20 ans auparavant.

 

Personnellement, je ne m’attendais pas à ça mais suis agréablement surpris quant à la qualité de la musique et du bonheur qu’elle procure, le chant est merveilleux (« I’ve tried ») et rien que pour cette résurrection, mon coeur est comblé. Est-ce l’apanage des génies de garder une telle voix intacte pendant plus de 20 ans, sans que l’on puisse déceler le fil du temps sur le timbre et la musicalité… ou est-ce juste un incroyable travail technique ?

On sa balade entre metal mélodique, traditionnel, parfois un peu kitch, comme ce « Renegade » et ce « Star Rider » un peu trop « metal allemand », ou encore des relents de hard FM US comme un bon vieux Bon Jovi (« I’ve tried »), on pense parfois à Angra période Andre Matos, on nage souvent en plein AOR (« Never change me »), on en oublie petit à petit le style speepd mélodique de leur ancien groupe, et on apprécie vraiment cette ballade bien sentie et sa superbe mélodie de voix, « No one ever sees me », qui clôt magnifiquement l’album…

En fait on se sent bien après une bonne heure de musique positive, ça redonne un peu la pêche, la joie de vivre, on a chanté, on a écouté attentivement, on a été surpris, on a souri, on a rêvé un peu, on a vu des images défiler devant nos yeux, bref, ça sert à ça aussi la musique, non ? A se sentir différent, changé, et pourquoi un peu plus heureux, au moins pour quelques heures, même une journée entière…

 

Un très bon album donc, pas ce qu’on attendait et c’est tant mieux, car quelle aurait été la déception de tous les fans s’ils nous avaient pondu un mauvais Helloween ou un mauvais Gamma Ray ? Car cela, ces derniers savent le faire depuis un paquet d’années déjà…

Autres albums à écouter: Helloween : Wall of jericho, Keeper of the 7 keys” part 1 et 2 / Gamma Ray « Sigh no more », « No world order », « Powerplant »