Réalisé par Felix Van Groeningen avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse

 

Didier et Elise se rencontrent et rapidement c’est le coup de foudre. La musique vient rythmer leur histoire d’amour passionnelle jusqu’à la naissance de leur enfant. Ils sont les heureux parents d’une petite fille mais parfois la fatalité peut rattraper même les plus belles histoires….

Felix Van Groeningen réalise, ici son quatrième long métrage, après notamment La merditude des choses. Ce film est basé sur une pièce de théâtre de Johan Heldenbergh et Mieke Dobbels.

Une musique, le Bluegrass, un genre de la country moins connu dans nos contrées, que le fameux cotton eyed Joe, et qui pourtant mériterait de l’être davantage. Cette musique rythme cette histoire passionnelle entre Elise (Veerle Baetens) et Didier (Johan Heldenbergh). Rien ne les rassemble à priori, elle, tatoueuse, lui, joueur de banjo dans un groupe de musique. Mais, la musique fait parfois l’effet d’un coup de foudre, et rapidement, ils tombent amoureux, deviennent complémentaires. La naissance de leur enfant, leur permet de vivre ensuite sept années plus ou moins heureuses, jusqu’à ce que la vie en décide autrement, en voulant leur arracher leur bonheur. Ce film nous montre, l’amour entre deux êtres à rude épreuve, chacun partagé par des croyances différentes: Elise, la spirituelle et Didier, le rationnel.

Et dans ce fil conducteur de leur histoire, on retrouve à nouveau la musique qui laisse sortir la douleur, qui essaie de cicatriser les blessures et qui accompagne finalement jusqu’au dernier souffle.

Le film suit un rythme endiablé, faisant des allers-retours entre le commencement de leur histoire et le point où ils en sont aujourd’hui. Parfois, on aurait aimé que ce rythme se ralentisse, qu’il y ait peut être moins d’ellipses et que l’émotion soit plus graduelle. Ces pics d’émotions ont tendance à nous bousculer un peu brutalement.

On rentre facilement dans l’univers de Didier, joué par Johan Heldenbergh, qui est également, l’un des écrivains de la pièce de théâtre dont le film s’inspire. Peut être est-ce pour cela qu’on le sent saisit par les tripes dans son jeu d’acteur ? Didier, fan de l’Amérique, pays où tous les rêves peuvent être réalisés, voit un jour ses croyances s’effondrer. Et que ce passe t-il lorsque ce en quoi nous croyons s’effondre ? On pète tout simplement les plombs, on devient sceptique et parfois on est gagné par l’amertume. Elise, quand à elle, croit jusqu’au bout sans doute et malgré le scepticisme de son compagnon, au fait que la mort ne soit pas forcément une fin. La question du deuil est omniprésente. Et comment continuer d’aimer l’autre et y croire encore, lorsqu’un être cher s’en va.

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Un film musical, un questionnement sur nos croyances face au deuil, mais peut être même aussi un questionnement sur notre aptitude à aimer l’autre malgré les fatalités que la vie met parfois sur notre chemin. Beaucoup d’émotions, de questionnements et de bouleversements. On ne ressort pas indemne de la salle.