Pendant le festival interceltique de Lorient, rendez-vous au Quai du livre ! (De 11 h à minuit, quai de Rohan, entre le palais des congrès et l’office de tourisme). Des maisons d’édition, des auteurs et des libraires vous y présentent leurs livres. Cette année, les éditions du Moule-à-gaufres y seront présentes. Pour mieux découvrir cette maison d’édition, nous avons interviewé Anick Lilienthal, l’une de des responsables.

 

 les éditions du Moule-à-gaufres

 

Pouvez-vous nous présenter les éditions du Moule-à-gaufres ?

Le Moule-à-gaufres est né en 2009 à l’occasion de la sortie de notre premier collectif : Le petit illustré. L’idée de monter une maison d’édition était là depuis longtemps mais je ne savais pas comment l’aborder. C’est une activité difficile pour un novice mais aussi pour quelqu’un d’expérience. Arriver de nulle part et réussir à imposer un peu un style, c’est une vraie gageure.

La première chose que je voulais faire était de trouver des auteurs tous différents, des artistes/auteurs avec un style qui leur est propre. Lorsque je regardais les rayons bd, ce qui me frappait le plus était la ressemblance. Je trouvais que cet art, nouveau, était délaissé au profit de la commercialisation. Ca marche alors on fait du … Bref, je ne voulais pas de ça ! Je voulais des gens qui possèdent une vraie personnalité, une différence, des auteurs que l’on pouvait facilement distinguer et reconnaître. C’est pourquoi vous ne trouverez pas chez nous de ligne graphique à proprement parler. Ce n’est pas mon goût que je veux mettre en avant, mais bien l’univers de chacun de nos auteurs.

 

Anick Lilienthal

Anick Lilienthal, l’une de des responsables des éditions du Moule-à-gaufres

 

Quelle est la spécificité de vos publications ?
Comment choisissez-vous les livres que vous allez publier ?

D’abord je regarde le graphisme, il faut qu’il soit « unique », qu’il représente son auteur. Comme chez un artiste, je recherche un univers. Ensuite vient le sens. Je le veux profond ou empreint de notre époque. Comme Madet, par exemple qui a décidé d’explorer comme un sociologue la sexualité des trentenaires du 21 ème siècle.  Je le donne en exemple car beauoup de monde s’arrête au dessin et ne comprend pas la profondeur de cet auteur. Ce n’est pas grave, le temps jouera pour lui !

Donc, le sens, oui, après la personnalité artistique, il me faut du sens et de la profondeur. J’aime fermer un livre et en retenir quelque chose. J’aime que le livre et moi ayons une interaction.

Ayant d’abord une culture littéraire, je vois assez vite la profondeur ou là où l’histoire peut nous permettre de réfléchir.

Le graphisme est un support, un peu comme les images d’un film.

Je choisis  donc les livres en fonction de tout cela. Il me faut un mixte. Cependant, si je trouve un auteur que je sens capable de grandir (c’était le cas de Bettina Egger par exemple) et que je sens que cette auteure a besoin de voir publier un premier ouvrage bancal, je prends le pari. Et j’ai bien fait car le second est une merveille et le troisième le sera encore plus. Je veux que le Moule-à-gaufres serve aussi à cela ! N’étant vraiment pas capitaliste, même si l’argent, nous en avons besoin pour continuer, je suis prête à perdre sur certains ouvrages, même si c’est très dur de remonter, tout simplement parce-que je sais que les auteurs vont s’améliorer. Malheureusement, il n’existe plus  beaucoup de magazines où les primo auteurs peuvent faire leurs preuves. Il en existe quelques uns mais peut-être pas assez pour la pléthore  d’auteurs. Sans compter que ceux-ci sont souvent à thème donc parfois difficiles pour certains.

 

Bettina Egger

Bettina Egger

 

Cette année, les éditions du Moule-à gaufre seront présentes pour la première fois au Festival Interceltique de Lorient, pour le Quai du livre. 
Quelle image avez-vous de ce Festival ?

Ce ne sera pas vraiment la première fois. Notre premier collectif, Le petit illustré étant né à Lorient nous avons alors eu l’honneur d’y être invités Nous étions dans la librairie de l’espace parole et avons pu donner une conférence sur la naissance d’une maison d’édition. Tout était alors en supposition, et la supposition s’est avérée vraie !

Nous avons de ce festival l’image d’un évènement national et surtout d’un évènement voulant mettre en avant la culture Celte. Les celtes étant des européens avant l’heure, ils étaient sûrement en avance sur leur temps ! J’ai été très surprise de voir qu’il y avait des celtes jusqu’en Espagne !

 

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Lomig en dédicace à Angoulême

 

Quelles sont vos attentes en tant qu’éditeur ?

En tant qu’éditeur présent au festival interceltique de Lorient, j’espère rencontrer le plus grand nombre possible de personnes et leur montrer que les auteurs bretons sont très bons et capables de dépasser les frontières.

En tant qu’éditeur tout court, je ne sais pas. Je n’ai pas vraiment d’attente, à part de moi-même, je ne vois pas. Je souhaite juste (et ferai ce qu’il faut dans ce but) que nos auteurs puissent réussir dans la voie qu’ils ont choisi.

 

Vacadab de Lomig

Vacadab (de ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Lomig)

 

Est-ce qu’il y a un livre en particulier que vous souhaiteriez nous présenter ?

Vous parler d’un livre en particulier me semble un peu délicat. Cela voudrait dire que j’en mets certains de côté. Or ce n’est pas ce que je veux.

Mais puisque nous sommes en Bretagne, je peux vous parler des deux albums de Lomig qui se passent entièrement à Rennes. Lomig a sorti son tout premier album chez nous, «  Vacadab « , un album qui a eu un succès assez rapide puisqu’en trois mois nous n’en avions plus ! Lomig parle de nous, de notre société … Chacun de ses livres sont dérangeants et drôles, un paradoxe qui rappelle notre quotidien… Lomig est un auteur à part entière : il dessine, il scénarise et les deux sont faits avec brio. C’est un jeune auteur dont j’ai la joie d’avoir publier le premier puis le second album. Personne ne le voulait. J’ai dit « oui » dès que j’ai vu son travail ! Et peu m’importait le nombre de ventes, juste à l’émotion. Je ne suis pas une intellectuelle et encore moins une snob, je suis toute en émotion et c’est ce qui conduit ma vie !

 

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