Jeune groupe allemand, The Intersphere nous propose un savant mélange de pop énervée et de rock progressif et métallique qui amène un peu de sang neuf dans cette industrie musicale ultra bouchée où les plagieurs et les « sans-intérêt » sont légions.

 

The Intersphere Hold on Liberty

 

Ca commence fort avec « Masquerade » et son rythme de batterie décalé et syncopé, on entrevoit déjà une belle suite de compos, tant au niveau de l’inspiration que de la production, puissante et moderne. Le son de batterie est à tomber, et le chanteur possède un timbre très particulier, sorte de fusion entre Claudio Sanchez de Coheed and Cambria, Joey Eppard de Three et Matthew Bellamy de Muse. 

Ca s’énerve un peu plus sur « We are », lorgnant sur un metal nouvelle génération à la Fair to Midland ou Alter bridge, voire Karnivool, qui confirme la présence incroyable du chanteur Christoph Hessler, on sent l’expérience dans sa façon de moduler sa voix. Vient ensuite le summum de l’album (déjà?), « Sleeping God » et son riff de guitare à tomber et son refrain mélodieux et original… Rarement entendu un riff aussi bien construit et puissant, avec ses notes liées et redondantes, ce morceau à lui seul est un pur bonheur ! Dommage, l’intensité tombe un peu juste après avec « Hold on, Liberty » avec ses accents pop prononcés, qui nous fait nous demander si c’est bien le même groupe qui joue….

On navigue en terrain énergique et électrique, avec des rythmiques de batterie compliquées mais toujours très carrées, comme si le musicien ne pouvait s’empêcher de sortir du sempiternel 4 temps binaire, c’en est impressionnant de finesse et de technique. Ce mec doit être passionnant à voir sur scène, tant son jeu est hors norme…

 

D’ailleurs on a parfois l’impression que le chanteur voudrait le suivre, chose peu commune, comme si les belles mélodies bien structurées le lassaient et qu’il aimerait se permettre quelques inconduites pas vraiment prononcées mais qui font justement tout l’intérêt de ces lignes vocales originales.

Les morceaux sont courts, concis, efficaces, (« Opaline », « Capitall », « Open Hand »), il n’y a aucune longueur, on entre dans le vif à chaque fois, aucun soli de guitare pour nous en mettre plein la vue, pas la peine, on a compris que les musicos connaissent leur affaire. Pourquoi enchaîner des milliers de notes à la seconde quand on peut mettre tout le monde d’accord avec un riff de guitare de 3 minutes et un refrain qui tue !

 »Parallel Lines » se termine étrangement avec quelques minutes acoustiques et de beaux et discrets violons, les seules de l’album d’ailleurs, comme si une ballade débutait, et puis s’arrête… laissant la place au feeling pop du guitariste sur « Aurora », se confondant presque avec le reggae blanc de The Police, je me dis même que cette chansonnette aurait pu être composée par ce groupe culte mais en 2012… on peut rêver un peu, non ? Chaque morceau est une petite histoire, une boule d’énergie, jamais lassante avec une belle recherche sur les changements d’accords et les mélodies vocales… L’album s’achève sur une ballade mid-tempo « Destination » aux arpèges de guitare étheriques et colorés et un chant répétant le même gimmick sous différents rythmes alternant lenteur et rapidité maitrisée, comme une ascension, comme un envol vers d’autres univers, comme si une partie du voyage était achevée et qu’il nous fallait passer au niveau supérieur, comme son nom l’indique, vers unedestination…

 



Une véritable révélation que cet album, et ce groupe par la même occasion, maîtrisant parfaitement son style musical, résolument moderne, empruntant aux aînés du style néo-prog sans tomber dans le piège des longueurs infernales instrumentales ni de trop fortes influences actuelles genre electro et compagnie. On sent l’expérience de la scène dans ce très bon rock, organique à l’image de la pochette limite « alchimique », inspiré et rafraîchissant….

Vivement le prochain album !!!

 

Autres albums : Interspheres-Atmospheres.