Chapi Chapo et les petites musiques de pluie est un projet musical solo créé en 2003 par Patrice Elegoët. Sa particularité ? Imaginer la musique sous une autre forme en composant des morceaux avec de vieux jouets. A l’occasion de la sortie de l’album Robotank-z, nous avons interviewé ce musicien pour mieux découvrir son univers.

 

Chapi Chapo et les petites musiques de pluie Robotank-z

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Patrice Elégoët et je vis dans le Finistère. J’ai créé le projet Chapi Chapo & les petites musiques de pluie en 2003. Le principe était le suivant : composer des musiques à partir de jouets musicaux anciens, en invitant des artistes à chanter sur certains de mes morceaux. J’ai, à ce jour, réalisé trois albums : Ar mizioù du (My Little Cab Records / Error ! Lo-Fi Recordings), Chuchumuchu (Autoproduction), et Robotank-z (Les Disques Normal / Differ-Ant).

 

Chapi Chapo et les petites musiques de pluie Robotank-z

 

Votre musique est particulière, puisque vous utilisez de vieux jouets comme instruments.
Pouvez-vous nous les citer ?

J’en ai environ 400. Difficile, donc de tous les citer ! Je me suis rapidement rendu compte que beaucoup de jouets musicaux avaient été imaginés à partir des années 60. Ils proviennent du monde entier, et en particulier des Etats-Unis, où l’on trouve une étonnante diversité. Certains, de par leur originalité et leur esthétique sont fantastiques. Du moins, de mon point de vue ! Il y en a donc de toutes sortes : cloches, pianos miniatures, moulin à musique, jouets à piles, à cordes, sifflets… Une centaine d’entre eux est visible sur le site www.petitesmusiquesdepluie.com

 

Chapi Chapo et les petites musiques de pluie Robotank-z

 

Est-ce simple de composer avec de tels instruments « non traditionnels  » ?
Par exemple, comment parvenez-vous à vous accorder correctement ?

A partir du moment où je compose avec des jouets qui ne sont pas, pour la plupart, destinés à être utilisés comme instruments de musique, et encore moins pour les enregistrer ou les utiliser sur scène, je m’accorde une certaine liberté de justesse. Il est toutefois cependant assez simple, en les apprivoisant, d’en faire quelque chose d’intéressant et d’audible. Je les prends comme ils sont, je ne transforme pas leur son avec des logiciels ou autres, car ce qui m’importe c’est d’utiliser leur sonorité spécifique pour tenter de transmettre des émotions, des ambiances. Il est rare, en tout cas, que je n’utilise pas un jouet en ma possession dans ma musique. Il y a toujours moyen de les « caser » !

 

Chapi Chapo et les petites musiques de pluie Robotank-z album

 

Sur votre album Robotank-z, vous avez collaboré avec plusieurs artistes.
Que vous a apporté cette expérience lors de la création de cet album ? Qu’en retenez-vous ?

Je procède comme cela depuis quelques années. A distance, en échangeant des fichiers par mail. Et j’avoue que le principe me plait beaucoup. C’est toujours très excitant de recevoir le travail d’un chanteur. Et j’ai toujours été ravi du résultat. En général, je compose mes morceaux sans penser à un chanteur ou une chanteuse en particulier. C’est après que se fait le choix. Il m’est toutefois arrivé de composer spécialement pour tel ou tel chanteur. C’était le cas pour ma première collaboration avec G.W. Sok (Here we go again / Chuchumuchu) ou Jason Lytle (Where went the mighty Quinn ? / Robotank-z). Le chant permet de finaliser le morceau. Il y a quelques années, je faisais davantage de musique instrumentale. Mais mes nombreuses collaborations m’encouragent à continuer.

 

 

Après plusieurs écoutes, on peut reconnaître pas mal de genres musicaux finement diffusés dans les morceaux : un côté tribal avec Aounchigata, de l’électro avec Poursuite, de l’indus avec Via airmail.
Quelles ont été vos sources d’inspiration (musicales et autres) pour cet album ?

Lorsque je compose mes musiques, je les enregistre aussitôt. Il n’y a pas de travail préalable de composition avant d’enregistrer. J’improvise sur le moment, et si possible, je fais en sorte de bien avancer mon morceau avant de faire une pause. J’aime bien me lancer dans l’enregistrement sur plusieurs heures. Pour ce qui est des influences, sans doute un mélange de beaucoup de choses, musicales ou autres. La vie, la nature, la mélancolie, la fête, la musique que j’écoute, forcément, et surtout ma matière première : les jouets. Si je composais avec des instruments plus classiques, le résultat serait sans doute très différent.

 

 

Robotank-z semble avoir un côté plus sombre que vos précédents albums.
Ceci annonce-t-il un virage musical pour vos prochaines créations ?

Je n’ai pas l’impression que ma musique est plus sombre que les deux précédents albums. Plus électrique, oui. J’ai utilisé beaucoup plus de petits synthés. Bertrand Pennetier, avec qui je joue aussi sur scène, a joué de la basse sur pas mal de morceaux. Je n’ai pas d’idée de ce que je ferai par la suite, mais je me rapprocherai peut-être encore un peu plus de l’électrique. J’ai beaucoup aimé enregistrer Via Airmail, qui est le morceau le plus noise que j’ai fait. Et faire de la noise avec des jouets, sans dénaturer le son des jouets est quelque chose qui m’intéresse… Et c’est un peu ce que l’on prépare en groupe pour les concerts à venir…

 

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