Je vous parle aujourd’hui d’un nouveau groupe allemand Beyond The Bridge que j’ai découvert grâce à Rock Hard et à sa pochette qui m’a tout de suite interpellé, les couleurs et cet escalier esseulé qui semble monter vers une porte invisible donnant sur on ne sait quoi. Nous avons affaire à un metal progressif très travaillé mais évitant les pièges du style. Ici, tout est dans l’ambiance, on a l’impression d’être dans l’histoire contée par le chanteur et la chanteuse et on se laisse bercer par les humeurs de la musique.

Un concept-album pour un 1er album peut paraître risqué, mais le combo s’en sort avec les honneurs.

 

Beyond The Bridge The old man and the spirit

 

Dans le style et la production, on pense tout de suite  au rock théâtral de Savatage et aux riffs très expressifs de Vanden Plas (ah ce son allemand inimitable…), La voix de Herbie Langhans sur « The Call », même si elle possède un timbre spécial qu’on apprivoise très vite, fait penser à DC Cooper (ex-Royal Hunt, Silent Force) ou encore David Readman…. (ex-Pink Cream 69, ex-Adagio) et elle se mêle parfaitement avec la voix calme et doucereuse de Dilenya Mar, chanteuse très différente de ses comparses du même style.
Point d’envolée lyrique ni de susuration, Dilenya porte sa voix sur l’histoire, comme si elle narrait en chanson un conte ou une  légende. On aurait pu se lasser et sentir qu’elle manque d’expression, il n’en est rien, on se laisse flotter au gré de ses notes et mélodies (« The Apparition », « The spirit of it all », « World of wonders »). Belle musicalité dans l’instrumental « Triumph od irreality » où les soli guitares claviers et les mélodies symphoniques s’enchaînent pour notre plus grand bonheur.

 

De conte il en est bien question puisque la voix masculine est « the old man » et la femme le « spirit »… Cette voix féminine qui me rappelle un peu Phoenix, le personnage dans le film culte « Phantom of the Paradise », voire les mélodies de Butterfly Ball, « Doorway to salvation » nous montre un côté un peu énervé avec de superbes duos vocaux et guitares/claviers.

Arrive l’apogée de l’album à savoir « The Struggle », avec son chant très Savatage, on croirait même entendre un remix de « Dead winter dead » et Jon Oliva himself qui aurait repris du poil de la bête. Un solo jazzy piano vient pimenter le metal prod des teutons et un travail magnifique de voix décalées, que ne renieront pas les admirateurs de Queen, des envolées orientales colorent les harmonies parfois (incroyable comme nos voisins allemands mettent des mélodies orientales partout…)… Et autre monstre de musique et d’inspiration, « The difference is human », morceau de bravoure par excellence, épique et vocalement époustouflant de maîtrise et de musicalité… 

On calme le jeu avec une belle ballade « Where the earth and sky meet », saupoudrées de choeurs bien sentis, les sons de claviers dans tout l’album d’ailleurs sont intéressants, autant acoustiques que lead.

 

« All a man can do » clôt cette aventure introspective de cet homme qui se prépare à mourir et le final est somptueusement relevé de plans de batterie furieux et de chœurs lyriques, comme un belle oraison funèbre, un requiem, la célébration d’une vie bien remplie qui s’achève pour atteindre le monde du silence.

Point de vue, des textes, on comprend mieux la symbolique de cette fabuleuse pochette, un vieil homme à la fin de sa vie désire savoir d’où il vient et s’il va rencontrer quelqu’un ou quelque chose qui s’appelle Dieu, ou un créateur de vie, il appelle un ancien esprit pour lui poser toutes les questions avant de mourir…

Leurs influences sont là, c’est indéniable, mais elles sont digérées…

 

Un véritable souffle de musique, inspirée et mélodieuse, rendant, ma foi, le metal progressif beaucoup plus attractif et ouvert d’esprit. Bonne chance pour le deuxième album !!!