Voici un chouette roman que je vous propose de découvrir à travers cet article. L’histoire d’une jeune fille dont la vie possède trop de mailles à l’envers, et pas assez à l’endroit…

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mailles a l'envers

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Marlène Tissot

Marlène Tissot est née dans les années 1970. Elle vit aujourd’hui à Valence et « écoute beaucoup de musique, dort très mal, écrit souvent la nuit, de préférence au stylo bille ». (source : éditions lunatique).

L’auteur est très attachée à la poésie. Elle est en effet à l’initiative de plusieurs recueils de poésie (« Nos parcelles de terrain très très vagues », « Celui qui préférait respirer le parfum des fleurs », « Mes pieds nus dans tes vieux sabots bretons »).

Marlène Tissot participe également à des revues littéraires (Dissonances, Nouveaux délits, Les cahiers d’Adèle…).

marlene tissot

Marlène Tissot

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« Mailles à l’envers », publié aux éditions Lunatique, est le premier roman de Marlène Tissot. Mais un autre devrait suivre puisqu’il est actuellement en cours de rédaction…

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Site de l’auteur : http://monnuage.free.fr/

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Le résumé

« Mailles à l’envers », c’est l’histoire d’une jeune fille, dont on ne connaît pas le nom et dont on découvre le quotidien de sept à dix-neuf ans.

Les chapitres sont d’ailleurs découpés selon l’âge de la jeune fille, et l’auteur alterne avec brio des chapitres où elle est jeune fille et des chapitres où elle est adolescente.

Au travers de diverses anecdotes (parfois sinistres), on découvre alors cette vie pas tous les jours facile, entre un père alcoolique et une mère accro au sexe et à l’héroïne.

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Extrait

C’était comme ça les départs en vacances quand j’étais môme. Juste un peu plus de silence que d’ordinaire. Je regardais les paysages défiler, sagement assise sur la banquette arrière. L’herbe, sur le bord de la route, faisait des dessins flous comme un film en accéléré. Je retenais ma respiration pour essayer de ralentir tout ça. Freiner un peu ma vie qui se tricotait. Trop de mailles à l’envers, pas assez à l’endroit. Je savais bien que fermer les yeux ne servait à rien. C’était un peu comme éteindre la lumière pour camoufler le désordre.

Papa conduisait. Il bâillait.

Parfois il arrêtait la voiture sur le bord de la route et s’éloignait pour pisser contre le tronc d’un arbre. Parfois sa pluie jaune acide dégommait une colonie de fourmis. Il s’appliquait à les viser au mieux avec l’air de se prendre pour Dieu, essorant son orage jusqu’à la dernière goutte. Puis il remballait sa bite et sa toute-puissance, et on repartait sur les routes cabossées, exiler nos désespoirs vers d’autres paysages. Maman s’endormait. Sa tête penchait doucement sur le côté. J’étais sage. J’étais un bagage sur la banquette arrière. Silencieux. Encombrant.

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Mon avis

Certes, ce roman est loin d’être gai, mais il ne tombe pas dans le pathos, et il y a tout de même certains passages où l’on sourie.

A ne pas mettre entre toutes les mains toutefois, car certains propos sont assez crus. Mais cela colle bien à la peau de la jeune fille dont on découvre, petit à petit, la personnalité provocatrice.

On notera d’ailleurs l’écriture très spontanée de Marlène Tissot, ce qui rend le roman vivant et réaliste.

En tous cas, j’ai beaucoup aimé la lecture de ce roman, et une fois commencé j’ai eu du mal à m’en détacher car on a envie de savoir comment la jeune fille va se sortir de cette vie pas toujours très drôle… si elle arrive à s’en sortir d’ailleurs… (pour cela il vous faudra lire le livre!)

Un de mes coups de cœur de 2012 !