Daniel Pagés est auteur et également éditeur aux éditions L’ametlièr. Pour en savoir plus sur sa passion de l’écriture, nous l’avons invité à nous parler de sa maison édition et de ses livres. Découvrons tout de suite Daniel Pagés dans l’interview qui suit.

 

daniel pages

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Daniel Pagés et je suis né dans la montagne du Haut-Languedoc à 80 km de la Méditerranée à vol d’oiseau. Études littéraires puis fac de droit à Toulouse. Très vite l’animation et le social m’ont davantage attiré et je suis rentré à ce qu’on appelait à l’époque « l’Éducation surveillée » et qui s’appelle aujourd’hui « Protection judiciaire de la jeunesse ».

C’est là, lors d’un stage, que j’ai rencontré l’océan, le milieu marin et la Bretagne. La voile m’a intéressé, et j’ai commencé à naviguer. Une traversée Saint Malo-Pointe à Pitre sur un des bateaux du Père Jaouen, puis deux ans après, un convoyage Corse-Martinique sur un voilier de 10m m’ont donné le goût du large et de la croisière découverte.

Après une dizaine d’années en région parisienne à m’occuper de jeunes en grandes difficultés, je suis rentré dans mon pays occitan. Là une activité agricole m’a permis de m’aérer l’esprit et de gagner ma vie. L’achat d’un voilier et la navigation en Méditerranée m’ont amené à faire une formation professionnelle et à passer le brevet de Patron à la Plaisance.

Pendant cinq ans j’ai exercé le métier de skipper professionnel à mon compte au départ de Banyuls sur mer vers la côte espagnole proche et les Baléares.
Les difficultés financières m’ont fait cesser mon activité et revenir vers la direction de centres de vacances, puis pour retrouver l’océan, vers l’animation des classes de mer en tant que spécialiste du milieu marin.

 

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Pouvez-vous nous parler des éditions L’ametlièr ?

Les « Éditions L’ametlièr » fait partie des maisons de micro-édition. Je l’ai créée en 2010 après avoir refusé un contrat d’édition avec un éditeur qui souhaitait publier mon premier roman  » Clara des tempêtes « . J’ai décidé là d’éditer des bouquins à ma manière et de pouvoir présenter un livre dont je serais responsable de A à Z avec une qualité tout à fait professionnelle.
 » Clara des tempêtes  » a été tiré à 300 exemplaires en mars 2010. Un deuxième tirage de 500 exemplaires a été nécessaire sept mois plus tard. Un troisième est prévu début 2013.

Deuxième livre en 2011,  » L’île secrète « .
Le troisième en mars 2012 :  » Les trésors d’Ismeralda « .

Si jusque-là, en période de test, L’ametlièr n’a édité que mes livres, à l’automne paraîtra un album jeunesse fait en collaboration avec Auriane Laïly, une de mes jeunes illustratrices. D’autres devraient suivre. Et je suis prêt désormais à éditer d’autres auteurs de romans pourvu que j’aie eu un coup de cœur en les découvrant et que l’avis de mon comité de lecture soit favorable.

La diffusion et la distribution a été jusque-là effectuée par mes soins. Je cherche actuellement un diffuseur au niveau national et francophonie.

 

 

Vous êtes éditeur … et aussi auteur.
Comment avez-vous commencé à écrire ? Quel a été le déclic ?

J’ai toujours écrit et dès le collège mes professeurs appréciaient ma plume. De la poésie (pas si nulle que ça, lue avec du recul), pendant mon adolescence. Des petites nouvelles par la suite. Lorsque j’ai eu des enfants en âge de lire, j’ai commencé à écrire un conte en occitan (et à en faire un petit livre très artisanal) pour eux à chaque Noël. L’un de ces contes a été remarqué par une enseignante et publié en album illustré.

 » Lo nadal dels lops  »  est mon premier livre édité en 2001.

Il faudra attendre 2008 pour que, poussé par mes collègues, je me mette sérieusement à écrire les petites histoires que je raconte aux enfants en classes de mer dans un petit recueil Histoires bleu marine que j’ai publié par l’intermédiaire d’un imprimeur à la demande du web.

Mon premier roman est né à la suite de ce petit livre.

Je venais de le terminer et j’étais parti pour en écrire un second, tellement j’avais ressenti de plaisir à écrire. J’avais une idée pour un premier conte : un jeune pêcheur rencontrait en mer un bateau fantôme…

J’ai commencé à écrire. Au bout de quelques essais, mon histoire s’est transformée en toute autre chose. À partir de ce moment là, je n’ai eu qu’à tirer sur le fil comme on déroule une pelote de laine. Trois mois après, j’ai dû admettre, le cœur déchiré, que Clara des tempêtes était terminé.

Depuis je n’ai pas arrêté d’écrire…

 

Vous avez eu un parcours professionnel riche et varié *…
De quelle façon ce parcours vous a inspiré pour vos livres ?
(* Successivement éducateur de jeunes en difficultés, paysan et skipper professionnel de voiliers.)

Une de mes lectrices après avoir lu  » Clara des tempêtes « , a écrit que je parlais aussi bien de la terre que de la mer.

 

Je me présente souvent comme ça :

« Mon cœur a deux versants. Un vert et un bleu.

Le vert a le parfum de mon enfance au milieu des bois et des prairies du Haut-Languedoc. Les pieds dans l’eau de la rivière claire qui chante en Occitan, de cascade en cascade, au fond de la vallée du Gijou.

Le parfum des truites pêchées à la main, des mûres qui remplissaient trop lentement le petit seau émaillé et des cèpes cachés sous les feuilles de châtaignier dans les sous-bois, près du village.

Le bleu… ah, le bleu ! Celui-là porte les senteurs du Sud.

Des couleurs de l’éternel été, d’éternelles vacances. De Méditerranée. Des îles que l’on atteint après si longtemps de navigation. De douloureuses impatiences. De tendres complicités.

Des grands poissons pêchés à la traîne sur la route des tropiques. Des cocos dépecées à la machette en trois sourires éclatants.

Celui-là porte bien des rêves !

Mes écrits sont nés de cette palette de couleurs. De sensations. Du besoin de partager. De projeter, devant les yeux d’êtres humains fatigués, des images à poursuivre. De pousser à la découverte, au voyage…

Les pieds bien ancrés dans le vert, la tête dans le bleu… »

 

Écrire et publier des livres est ma dernière aventure en date. La mer et les images qui l’accompagnent ne m’ont jamais quitté depuis mon adolescence où Jules Vernes, Mac Orlan et Stevenson, puis Moitessier et Tabarly ont commencé à me faire rêver d’ailleurs.

Dans mes livres on va retrouver les décors de mes aventures et toute la culture accumulée tout au long de mon parcours. On y lit la fascination pour les grands espaces, pour la lumière des îles et des sourires, pour l’histoire des grands navigateurs, pour le temps où les grands voiliers couraient dans les eaux du Cap Horn, pour les mystères qui restent à percer, pour la triste histoire de la traite et de l’esclavage, pour les pirates de toutes les mers, pour les grands drames qui ont secoué certains pays. On va y retrouver mon amour de la nature, mon esprit militant d’éducateur et mon envie de donner des héros positifs aux enfants qui sont notre avenir.

 

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Depuis vos débuts en tant qu’auteur, quel livre (que vous avez écrit) vous tient particulièrement à cœur ?

 » Clara des tempêtes  » est mon livre chouchou.

D’abord, c’est mon premier roman et il était totalement inattendu. Il est sorti de moi sans grand travail. Spontanément. Cette magnifique goélette fantôme s’est imposée. Les personnages sont apparus et je les ai acceptés comme ils étaient. Ils m’ont emporté au pays catalan que j’aime, sur les clippers qui apportaient les immigrants vers l’Amérique du sud, dans l’Espagne en guerre et dans l’Argentine de la fin du 19e siècle… L’écriture a été un immense plaisir.

Ensuite, depuis sa publication, je n’ai pratiquement eu que des retours enthousiastes et des yeux brillants, Et mes salons sont devenus des moments de bonheur… deuxième grand plaisir !

 

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