Pendant le festival interceltique de Lorient, les auteurs et les libraires vous donnent rendez-vous au Quai du livre, de 11 h à minuit, quai de Rohan (entre le palais des congrès et l’office de tourisme). A cette occasion, nous avons interviewé Jean-Sébastien Blanck, directeur de collection chez Alzabane éditions. Présent à cet événement depuis plusieurs années, il nous présente Alzabane éditions et nous donne ses impressions sur le festival interceltique de Lorient.

 

alzabane editions

 

Pouvez-vous nous présenter Alzabane éditions ?

Alzabane éditions est une maison d’édition majoritairement jeunesse (mais pas exclusivement). Plus précisément, nous proposons de la littérature illustrée : des nouvelles, des contes et des romans courts illustrés. Nous ne publions pas d’albums pour les petits, mais bien des livres à texte, et parfois, d’un niveau de langue volontairement riche ou en tous cas… littéraire. C’est pourquoi nous diffusons beaucoup notre catalogue dans les écoles et collèges.

Notre catalogue est donc, pour la plus grande part, destiné aux lecteurs de 7-12 ans, mais pas seulement. L’un des nos plus gros succès,  » Ils ne sont pas comme nous « , (Prix de la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde 2010) est une nouvelle illustrée pour adultes ou jeunes adultes (collèges et lycées). Nous avons publié également un magnifique recueil de poésies de Jean-Marc Wollscheid, en 2009  » Lettre à Joséphine « , ou encore, en 2012, une adaptation illustrée d’un roman de Cyrano de Bergerac,  » Du fabuleux voyage sur la lune que fit Cyrano de Bergerac « .

Depuis cette année nous publions aussi des livres-CD et multilingues pour les petits et l’un d’eux,  » Le Lion qui ne savait pas chasser « , est d’ailleurs devenue une de nos premières applications numériques jeunesse. Nous venons en effet de lancer un catalogue numérique d’applications iPad-iPhone, les Contes d’Alzabane, des contes audio et vidéos.

 

 

Vous êtes également auteur. Comment avez-vous commencé à écrire ?

En fait, j’ai tout d’abord commencé par raconter des petites histoires, dès l’âge de 9 ans, notamment en colonies de vacances ou en classes de mer. Je voulais me rendre intéressant. J’improvisais le soir des petites histoires pour mes copains de chambre, avant de dormir. J’adorais déjà ça et en plus j’ai constaté que mes copains m’écoutaient avec attention ! Pour l’anecdote, l’une de ces histoires, inventée à Crozon en Bretagne, est devenue un livre, qui a été mon premier succès  » L’Un et L’Autre « . Un conte comique qui décrit la guerre de voisinage de deux arbres stupides…

Puis, vers 11 ans, j’ai commencé à écrire ces mêmes histoires. Je voulais seulement les coucher sur le papier pour ne pas les oublier. Mais, j’ai immédiatement adoré le travail d’écriture, la recherche des mots, la mise en scène, la narration, bref, tout ce qui permet de mettre en vie l’imaginaire par les mots.

 

Est-ce qu’il y a eu un déclic ? Ou est-ce que ça a toujours été une évidence pour vous ?

Il y a eu un déclic : quand j’ai lu pour la première fois le texte de  » L’Un et L’Autre  » à certains de mes copains. Là, je ne leur racontais plus. Je leur lisais cette fois ce que j’avais écrit. Et j’ai vu qu’ils aimaient ce que j’avais écris ! Alors, j’ai commencé à me dire qu’il se passait quelque chose , dans le fait d’inventer des histoires, mais aussi de les écrire. Je me suis dit que que j’étais fait pour ça. J’ai eu une réelle sensation de   » vocation « .

 

Alzabane éditions est l’un des tous premiers éditeurs jeunesse indépendants à se lancer dans la réalisation d’applications numériques jeunesse… 

C’est une suite logique. En effet, parmi les éditeurs jeunesse français, Alzabane éditions a en effet été pionnière sur ce nouveau marché des applications iPad-iPhone puisque nous avons lancé notre catalogue – Les Contes d’Alzabane – , dès 2011. Nous avions d’abord réfléchi pendant un an auparavant à ce qu’un éditeur jeunesse, pouvait – et même, devait -, proposer à son public avec ce nouvel outil, l’iPad et ses concurrents androïd. La tablette offre de l’audio, de la vidéo, de l’interactivité. Les contes audio illustrés ce sont imposés à nous comme une évidence. Mais nous avons voulu aller encore plus loin en tentant ce pari, autant artistique que commercial : pour chaque application, il s’agissait de proposer – pour le prix d’une chanson (1,59 euros) – un livre à lire et écouter, sous forme de contes audio d’une demi-heure, avec une atmosphère sonore très riche. Le point d’orgue : que chaque application soit internationale et offre trois langues d’écoute et de lecture.

C’était un pari très risqué et coûteux, mais ça a immédiatement marché. Nos deux premières applications,  » Le Lion  » et  » Alzabane « , (adaptées de nos livres du même titre), ont été téléchargées dans plus de 30 pays, sur les Appstore du monde entier ! Après 4 mois, elles étaient même classées dans le top 30 des applications iPad en catégories Livres, tous pays confondus, et notées cinq étoiles ! C’est pourquoi nous n’avons pas hésité à réaliser la troisième,  » L’Un et L’Autre « , lancée fin juin. Elle connaît en ce moment un succès qui dépasse nos espérances, et cela montre que le public jeunesse est très fidèle, je dirais même un peu  « addict  » à ces nouveaux produits culturels ! Par ailleurs, beaucoup d’enseignants de tous niveaux, les téléchargent pour enseigner les langues.

 

ALZABANE APPLICATIONS

 

Que répondriez-vous aux personnes qui pensent que le numérique va finir par  » tuer  » le livre ?

D’abord, je pense que ce débat ne concerne pas vraiment ces applications iPad que nous réalisons. Elles proposent de l’audio, de la vidéo, des dimensions que, de toutes façons, n’a jamais eu le livre. Ces applications numériques sont un nouveau média à part entière, qui ne remplace pas le livre mais qui s’ajoute au livre.

Ensuite, de manière générale, je pense que le support papier continuera d’exister et même de dominer certains secteurs. En revanche, je pense qu’il abandonnera plus ou ou moins à l’édition numérique d’autres secteurs, comme la presse quotidienne par exemple, qui en France a déjà complètement raté la révolution du web. Il s’agit plus d’un repositionnement et il vaut mieux que le public et les professionnels apprennent à tirer profit de ces nouveaux supports plutôt que de montrer une hostilité d’arrière garde du type :  » Moi, je n’aime que le papier et je ne toucherai jamais à cette saleté de tablette ». N’oublions pas que depuis plus d’un siècle, nous vivons tous les 20 ans l’apparition d’un média et que je sache, aucun n’a disparu !

 

Vous serez présent pour la cinquième année consécutive au Festival Interceltique de Lorient, pour le Quai du livre. Comment percevez-vous ce Festival ?

J’ADORE le FIL ! Ce festival à ciel ouvert est vraiment hors norme. C’est un rendez-vous désormais incontournable pour Alzabane et son public. Je l’attends toujours avec impatience pendant des mois. C’est aussi éprouvant que joyeux et intense. En plus, d’années en années, le public fidèle à Alzabane éditions grandit et revient donc toujours plus nombreux chercher des nouveautés. A chaque fois , on se sent galvanisé. De plus, Alzabane éditions y est toujours bien accueillie par les organisateurs : nous avons été plusieurs fois invités à présenter la maison lors de conférences et débats.

 

alzabane editions

 

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

Mes meilleurs souvenirs sont trop nombreux à citer mais évidemment ce sont toutes ces dédicaces extraordinaires, uniques, parfois émouvantes, la nuit tombée, sous les étoiles et devant les bateaux. Ce sont aussi des moments de gaieté, d’hilarité avec ce même public mais aussi avec mes confrères et voisins éditeurs. C’est aussi ce soleil qui finit toujours par revenir, malgré cette satanée pluie qui tombe drue, malgré les flaques qui se transforment en lac sur le quai du livre, malgré tous ces k-ways héroïques qui défilent sous les parapluies gorgés d’eau. J’adore aussi le matin, quand nous installons avec autant de fébrilité que d’espoirs nos stands, sous le soleil de la mer.

 

alzabane editions

 

Lors de votre présence au Quai du livre, quelles sont vos attentes en tant qu’auteur et éditeur ?

Ce sont évidemment les échanges avec le public, notamment pendant les mini-séances de contes que j’improvise sur le stand. Le soir, quand le stand est illuminé par nos petits spots, je raconte beaucoup le livre  » Alzabane, l’oiseau de la lune  » ou alors   » La Feuille et son vent « . Ce sont des contes qui attirent autant les jeunes lecteurs que leurs parents. Du coup, cela crée un petit attroupement et ça peut-être magique.

Ce que j’attends aussi c’est de retrouver les lecteurs de l’an passé, et des autres années, pour qu’ils me donnent leur avis sur ce qu’ils ont lu, et accessoirement, s’ils ont aimé, leur conseiller un nouveau livre…

 

alzabane editions

 

Justement, est-ce qu’il y a un livre en particulier dont vous aimeriez nous parler ?

Bien sûr, il y a une des trois nouveautés de cette année. C’est un livre qui est je crois très attendu par les fans de  » Heureux qui comme Ulysse ou le premier voyage « . Il s’agit de  » La légende véritable du roi d’Orient, ou le second voyage  » (tome 1). Nous le recevrons le 7 août, en plein festival. Il s’agit d’une incroyable aventure, au XIIe siècle, pendant la première croisade. Un jeune écuyer va découvrir les brillantes civilisations d’Orient et devenir un roi. Mais je présenterai aussi le livre-CD  » Le Lion qui ne savait pas chasser  » et…son application iPad !

 

alzabane editions

 

Plus d’informations :

Site officiel d’Alzabane éditions
Twitter d’Alzabane éditions
Chaîne YouTube d’Alzabane éditions
Chaîne Dailymotion d’Alzabane éditions