« Absolution par le meurtre » est le premier roman des aventures de Fidelma de Kildare. Un  roman policier passionnant et instructif sur fond d’histoire médiévale.

 

absolution par le meurtre

 

L’auteur

Peter Berresford Ellis est un historien, biographe et auteur britannique, passionné de culture celte, né en 1943 à Coventry en Angleterre. Il a publié plus de 90 livres et quelques 95 nouvelles sous son nom propre ou sous différents pseudonymes, les plus connus étant Peter MacAlan et Peter Tremayne.

 

peter tremayne

 

Peter Berresford Ellis débute sa carrière comme journaliste pour un journal anglais local et devient rédacteur en chef adjoint d’un hebdomadaire irlandais puis rédacteur en chef d’un journal financier hebdomadaire. En 1964, Peter part travailler pour journal quotidien en Irlande et cette expérience le marquera profondément.

En 1975, Peter devient un écrivain à plein temps et débute une série de publications concernant ses recherches sur la culture celtique. En 1988, il reçoit l’Irish Post Award pour avoir apporté une importante contribution à l’étude de l’histoire irlandaise. En 1994, il publie sous le pseudonyme Peter Tremayne, le premier roman des aventures passionnantes de Sœur Fidelma.

 

Résumé

« Le sang sera versé en ces murs avant que la semaine se termine ». Malheureusement personne en l’abbaye ne tient compte de l’avertissement du pauvre mendiant. En 664, le roi Oswy de Northumbrie a convoqué en l’abbaye de Whitby toutes les éminences politiques et religieuses afin de décider de l’avenir religieux de son royaume. Que faire? Suivre les nouveaux dogmes de l’église romaine ou continuer à suivre les doctrines des églises celtes ? La situation est difficile, toute décision peut mettre à feu et à sang un royaume au bord de la rupture. C’est dans ce climat tendu qu’une abbesse est retrouvée assassinée. Sœur Fidelma de Kildare, en sa qualité de Dálaigh et d’Anruth, et amie de la victime, est mandatée pour résoudre ce meurtre. Le roi compte sur ses compétences diplomatiques pour ne pas mettre le feu aux poudres. Elle sera épaulée dans son enquête par un moine saxon, Eadulf.

 

Mon avis

« Absolution par le meurtre » est sorti en France en 2004, soit dix ans après sa première publication en Angleterre, sous la collection « Grands Détectives » aux éditions 10-18.

Il est important de préciser en préambule que je n’ai pas débuté les aventures de Sœur Fidelma par ce livre. En fait, j’ai reçu en cadeau « Maître des âmes » que j’ai dévoré et qui m’a donné envie d’en lire plus. Mais comme il s’agit de ma toute première chronique au sein de l’équipe de Nanook, autant bien faire les choses. Vous ne croyez pas ?

De plus, je ne suis pas particulièrement friand des polards. Quand j’ai lu le « Maitre des âmes », je ne fus pas attiré par le côté meurtre et enquête bien que cela, je dois l’avouer, donne du corps à l’histoire. Je fus plus attiré par l’Histoire avec un grand « H ».

Pour bien comprendre les choses, un petit retour historique est important. L’histoire se déroule en 664 pendant le concile de Whitby (Witebya). Plus de 2 siècles auparavant, la nouvelle église de Rome, en pleine expansion, veut convertir les barbares du nord. C’est alors qu’un certain Maewyn Succat débarque en Éire (future Irlande) dans la ferme intention d’évangéliser les insulaires. Il construira plusieurs monastères et il expliquera le principe de la trinité en montrant un trèfle qui deviendra plus tard, le symbole du Pays et Saint Patrick, son patron. L’île deviendra ainsi le point de départ de nombreux évangélisateurs. En 563, un missionnaire Irlandais nommé Saint Colomba établit un nouvel ordre monastique et installe sa communauté sur l’île de Iona. De l’autre côté des terres de Bretagne (l’actuelle Angleterre), différents peuples barbares (Angles, Saxes, etc.) persécutent les chrétiens, les repoussant vers le nord de l’île. Malgré cela, petit à petit, le travail des évangélisateurs conquit saxons et autres barbares qui se convertissent à l’église de Rome. Eglise celte et église romaine s’affrontent alors sur différentes doctrines et ces dissensions menacent de plonger le pays dans une guerre. Le Concile de Whitby marque le point de départ d’un long processus de conciliation où peu à peu l’église de Rome gagne du terrain sur l’église celte.

Peter Tremayne a construit son récit autour de lieux et d’événements historiques plus ou moins certains. Quelques personnages ont réellement existé comme par exemple le roi Oswy. Quant à l’héroïne Fidelma de Kildare – tout droit sortie de l’imagination de Peter – elle est une moniale de l’église Irlandaise, Dálaigh (avocat) et Anruth (Qualité qui permet de parler d’égal à égal avec les rois). Elle fait la connaissance d’Eadulf, un moine saxon partisan de l’église de Rome. Les deux personnages sont à l’image du concile qui les a réunis. L’une est libre, volontaire, fonce tête baissée en quête de vérité et de justice, l’autre est posé et tempéré, quelque peu timide mais doté d’un grand savoir. Dans le livre, les deux protagonistes vont unir pour la première fois leurs compétences et leur caractère si différent pour résoudre l’enquête.

Au delà de l’enquête criminelle, ce qui est intéressant dans ce premier livre, c’est d’observer la mise en place des personnages, c’est de comprendre les mœurs et les coutumes de la Grande-Bretagne médiévale et plus particulièrement les différences entre l’église celtique irlandaise et l’église catholique. « Absolution par le meurtre » n’est pas l’épisode le plus palpitant des aventures de Sœur Fidelma. Il reste néanmoins un épilogue passionnant et fort intéressant.