Nanook vous invite ce mois-ci à retourner au cœur de la série des Power Games avec le troisième opus de la série. Mêlant l’aventure spatiale aux enjeux stratégiques bien plus terre à terre, ce nouvel épisode est cependant quelque peu décevant.

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Power Games 3 : ronde furtiveTitre : Power Games : Ronde Furtive
Auteurs : Tom Clancy (dir.) et Martin Greenberg
Genre : Thriller Technologique
Édition : Albin Michel
Date de parution : 2001 (France)
ISBN : 2-7028-6582-8
Nombre de pages : 428 pages

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– Les auteurs, rappels :

Tom Clancy est un écrivain américain né en 1947. Il est connu pour être le maitre du Techno-Thriller, des romans géopolitiques très documentés, où les hautes technologies se mêlent aux complots les plus évolués. Son personnage le plus célèbre est sans aucun doute Jack Ryan, dont nombre d’aventures ont bénéficié d’adaptation cinématographiques ( La Somme de toutes les Peurs, Jeux de Guerre, A la poursuite d’Octobre Rouge, etc) au casting prestigieux : Sean Connery, Harrison Ford, Ben Affleck, Samuel L. Jackson, etc. Ayant fait ses armes durant la Guerre Froide, Tom Clancy a cependant su évoluer au fil du temps. Depuis la fin des années 90, il a différents projets connexes, notamment une société de production de jeux vidéos dont sont issus les célèbres Ghost Recon, Rainbow Six et autres Splinter Cell bien connus des joueurs. Il appose également sa griffe sur des séries de romans se déroulant dans le même « univers » que ses romans phares, bien qu’il ne participe, semble-t-il, qu’indirectement à leur rédaction. Pour la série dont il est ici question, deux auteurs principaux se partagent les intrigues : Martin Greenberg (T.1.2.3.7) et Jérôme Preisler (T4.5.6.7.8.).
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– Bibliographie sélective

A la Poursuite d’Octobre Rouge, 1984
Jeux de Guerre, 1987
La Somme de toutes les peurs, 1991
Rainbow Six, 1998

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– Dans la même série

Power Games 1 : Politika, 1997
Power Games 2 : Ruthless.com, 1998
Power Games 4 : Frappe Biologique, 2000
Power Games 5 : Guerre Froide, 2001
Power Games 6 : Sur le Fil du Rasoir, 2002
Power Games 7 : L’Heure de Vérité, 2003
Power Games 8 : Wild Card, 2004 (pas de traduction française pour l’instant)

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– Le pitch :

Alors qu’une des navettes chargées de ravitailler la station spatiale internationale est victime d’un incident au décollage causant la mort d’un de ses astronautes, le complexe brésilien de la division astronautique d’Uplink est attaqué par un commando lourdement armé. Y a-t-il un lien entre les deux ? La proximité des évènements laisse penser qu’il pourrait ne pas s’agir d’une simple coïncidence. Aux États Unis, au Brésil et au Kazakhstan, Roger Gordian, le PDG d’Uplink International, se retrouve une nouvelle fois mêlé à des intrigues géostratégiques dont il se serait bien passé.
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– L’avis de Lord_Akhen@ton :

De mon point de vue, ce tome est le moins bon de toute la série. Certes, le fait que je ne sois pas spécialement passionné par la course à l’espace n’aide probablement pas, mais mes principales critiques, positives comme négatives, portent avant tout sur la narration et non sur la thématique.
Comme dans toutes les séries, la lecture d’un nouvel opus fait avancer l’histoire générale de l’univers créé par l’auteur. On retrouve donc avec plaisir des personnages qui, pour certains, sont présents depuis le premier tome. On regrettera cependant que ces personnages présents depuis le début soient de moins en moins nombreux et qu’un personnage comme Roger Gordian, introduit dans les deux premiers opus comme étant le personnage majeur de la série, perde de manière fulgurante sa place de personnage principal dans cet épisode.

D’autre part, les personnages secondaires de la série, dont les trajectoires individuelles ont été largement détaillées dans ces trois premiers tomes, sont finalement de moins en moins nombreux (retraites, décès, etc). Pourquoi prendre autant de temps pour décrire des personnages qui serviront à peine avant leur « disparition » de la trame ?

De plus, cet opus laisse pas mal d’intrigues individuelles en suspend. Ce sentiment de laisser le lecteur sur sa fin est malheureusement vrai pour l’ensemble du roman. Si la machination propre à ce tome est en effet mise au jour, tout le reste semble en attente … comme une « suite au prochain épisode ». Ce sentiment est probablement lié à un déséquilibre majeur dans l’écriture de cet opus. Les auteurs ont accordé trop de temps et de détails aux deux évènements cités dans le synopsis de la quatrième de couverture : l’accident de la navette et l’attaque du complexe brésilien d’Uplink (à lui seul plus d’une centaine de pages). Le lecteur arrive en fait à la moitié du livre avant que la trame n’ait dépassé ce qui est évoqué en accroche. Du coup, la seconde moitié de l’ouvrage doit assumer la lourde charge de développer puis résoudre l’intrigue en à peine 200 pages. Les évènements se bousculent et cela se sent.

Si l’écriture est de moins bonne qualité, il faut bien reconnaître que le scénario souffre d’un mal identique. Plus alambiqué, plus flou, moins crédible et plus manichéen, ce nouvel opus peine à trouver son registre. La diminution progressive du nombre de personnages secondaires, déjà évoquée, tend à réduire l’étendue de l’univers dans lequel le lecteur est porté. Les points de vue étant moins nombreux, l’auteur perd peu à peu ce qui faisait la qualité des premiers tomes, à savoir le fait de tisser une toile d’araignée de points de vue qui faisaient avancer l’histoire et conduisaient progressivement à son dénouement. Ici, même les « méchants » sont peu nombreux, d’où cet impression d’une opposition binaire entre deux équipes de petites tailles … tout le contraire de ce que l’on recherche dans un thriller géopolitique.

On notera également que, le domaine de l’espace se prétend tout particulièrement à l’utilisation à outrance de termes techniques, l’auteur tend à confier tout le réalisme de son roman à ces derniers. Ce qui est bien sûr très décevant au final.

Vous l’aurez compris, je ne recommanderai pas cette lecture, même si elle fait avancer l’histoire générale de la série. Il faut dire que ce sentiment que le travail a été bâclé est probablement dû au rythme imposé à cette série dont la publication s’est faite à la fréquence d’un tome par an. Une écriture à la chaine dont la baisse de qualité se fait sentir au niveau de ce troisième opus plutôt décevant et qui laissera le lecteur sur sa faim. Vous aurez très bientôt des nouvelles du quatrième livre, dans les pages critiques de Nanook.

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Note indicative du rédacteur

1,5/5

( Article de Lord_Akhen@ton )

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