Ce mois-ci, Nanook vous emmène dans le monde de la finance internationale avec une série de BD écrite par Stephen Desberg et mise en forme sous la plume de quatre dessinateurs différents.

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IRS All Watcher

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IRS All Watcher

Titre : IRS : All Watcher
Auteurs : Stephen Desberg (Scénario) – Marc Bourgne, Alain Queireix, Andrea Mutti et Daniel Koller (Dessins)
Genre : Aventure / Thriller financier
Édition : Le Lombard
Date de parution : 2009 – Aujourd’hui
Nombre de pages : 48 pages par tome.
Nombre de tomes : 7

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– Stephen Desberg, Scénariste

Né à Bruxelles d’un père américain, il a toujours suivi avec attention l’actualité de son « autre pays », et y a beaucoup réfléchi à la nature profonde des États-Unis. De ces réflexions sont nées des séries telles que I.R.$., Tosca, Black OP ou Rafales. Féru d’histoire, il délaisse volontiers le contemporain pour des siècles plus anciens, allant de la Rome Antique de Cassio au Far-West de L’Etoile du Désert , en passant par l’Italie du Scorpion.

Mais toutes ses séries sont liées par cette volonté d’interroger la nature de l’homme, son besoin de croire, et sa capacité à utiliser le mythe (qu’il soit historique ou religieux) en tant qu’outil politique.

Toujours pro-actif, il essaye également de faire évoluer le mode de conception des BD franco-belges, à travers l’ambitieux Empire USA, réalisé avec pas moins de cinq dessinateurs. C’est aussi le cas du spin-off d’I.R.$, I.R.$ All Watcher, que nous présentons ici, réalisé en collaboration avec quatre dessinateurs différents.

Bibliographie sélective : I.R.$., Tosca, Black OP, Le Scorpion, Cassio, Rafales et Sherman.

Source : site web des éditions Le Lombard
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– Les Dessinateurs :

Ne souhaitant pas surcharger l’article avec une multitude de biographie, je vous propose les liens de la maison d’édition les concernant. Ceci permettra aux intéressés de se renseigner plus avant et aux autres de poursuivre la lecture de cette critique.
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Marc Bourgne (Tomes 5 et 7)
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Alain Queireix (Tomes 1 et 3)
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Andrea Mutti (Tome 4)
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Daniel Koller (Tomes 2 et 6)
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– La série I.R.$. All Watcher

1. Antonia (Dessin Alain Queireix, 2009)
2. La Nébuleuse Roxana (Dessin Daniel Koller, 2010)
3. Petra (Dessin Alain Queireix, 2010)
4. La spirale McParnell (Dessin Andrea Mutti,2010)
5. Mia Maï (Dessin Marc Bourgne 2010)
6. La théorie des cordes fiscales (Dessin Daniel Koller, 2011)
7. Le trou noir financier (Dessin Marc Bourgne, à paraître)

.IRS All Watcher

– Le pitch :

Malgré les contrôles sur les marchés mondiaux, des fortunes colossales disparaissent chaque jour. Certains initiés ont une théorie pour expliquer cette aberration : le principe du trou noir financier. Des milliards de dollars seraient inévitablement aspirés vers une entité mystérieuse… qui semble tout voir. All Watcher.

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L’ avis de Lord_Akhen@ton :

Grand fan de la série originale IR$, j’attendais beaucoup de ce spin-off … Peut être trop. Finalement je dois bien admettre qu’après 6 tomes sortis au rythme effréné – rarement vu dans le monde de la BD franco-belge – d’un tome tous les 3 mois, je suis plutôt déçu. Il y a plusieurs raisons à cela.

Si l’idée de départ semblait originale et prometteuse – tous les ans des sommes colossales semblent disparaître de l’économie globale sans que l’on sache pourquoi, ni ce qu’elles deviennent – son traitement n’est pas à la hauteur.

Au niveau du scénario, Desberg a, comme à son habitude, placé la barre très haut. L’idée d’utiliser la récente crise financière comme support de la machination qu’il a inventée est à porter à son crédit car il l’a mise en scène avec brio. Mais je trouve que cette intelligence dont il a fait preuve dans l’élaboration de l’intrigue ne se retrouve pas dans la création des personnages de la série. Hormis ceux déjà connu de Mia Maï et Larry Max, les autres personnages semblent creux et sonnent faux. Pire, si l’on en apprend un peu plus sur le passé de Mia, Larry Max, personnage principal de la série originelle et supposé co-principal de ce spin-off, ne fait véritablement que de la figuration. Leurs alliés, un climatologue-baroudeur africain et un escroc français, sont peu crédibles, quant à leurs adversaires, Desberg a tenté à travers eux de personnifier les grands secteurs de la finance (un magna des médias, un oligarque russe ayant fait fortune dans les hydrocarbures, une spécialiste de l’immobilier, le dirigeant d’une société militaire privée et une riche veuve qui « tue » le temps en vendant ses services d’assassin), mais cette entreprise a échoué.

Ces personnages, bien qu’intelligemment intégrés à l’histoire et reliés entre eux, ne parviennent pas à convaincre. Déjà car ils incarnent une vision trop simplifiée de l’économie globale, d’autre part parce qu’il n’y a pas assez de place en 6 tomes pour développer l’histoire d’autant de personnages.

J’ai choisi de publier cette critique aujourd’hui car un premier cycle (et non l’intrigue) se clôt avec la Théorie des cordes fiscales, l’identité d’All Watcher est révélée et plusieurs des personnages disparaissent. Cela m’a permis de faire un premier bilan vis à vis du scénario d’une part et des dessins d’autres part.

Pour amorcer la transition vers la partie dessin de ma critique, je vais aborder un point tout à fait intéressant dans l’écriture de Desberg. Il a véritablement écrit ces BD comme un scénariste de série TV.

Si le premier tome est très proche de ce qu’il fait dans la série originelle, dès le deuxième le ton est donné. L’on y découvre une des scènes du tome 6, où les différents protagonistes se retrouvent dans un observatoire astronomique désert, les uns et les autres s’interrogeant sur l’identité d’All Watcher. Cette scène est ensuite reprise à chaque épisode, comme un fil conducteur à la série, une scène qui n’est pas le dénouement du cycle, mais en est les derniers instants de suspens. Le concept est plutôt novateur en BD, mais aurait été bien plus efficace avec un seul dessinateur ou du moins avec des dessinateurs dont les dessins sont très proches. Là les styles sont très différents, si bien qu’il est parfois très difficile de reconnaître les personnages. En effet, si aucun dessin n’est parfaitement repoussant, ils sont tous très variés et bien éloignés du dessin originel de Vrancken. Comment réussir à suivre une série dans laquelle on peine à reconnaître les personnages ? Cela me semble délicat et c’est probablement la principale critique que j’émettrais à l’encontre de ces Bd.

Je me suis permis, très modestement, d’attribuer une notation tout à fait subjective (c’est mon avis personnel), qui prend pour critère la qualité du dessin, sa proximité avec l’univers originel de Vrancken ainsi que la « reconnaissabilité » des personnages.

A mon sens, la série aurait été bien meilleure si il avait été choisi un rythme de parution plus raisonnable et un nombre plus limité de dessinateurs. Un duo Marc Bourgne, Alain Queireix, dont les styles sont relativement proches aurait été, à mon humble avis, très efficace pour traiter ce scénario, plutôt original mais desservi par des dessins trop différents et des personnages trop nombreux qui restent d’antipathiques inconnus (ou presque).

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Note indicative du rédacteur

Scénario 3/5

Dessins :

Marc Bourgne (Tomes 5 et 7) 4/5 ;
Daniel Koller (Tomes 2 et 6) 2/5 ;
Andrea Mutti (Tome 4) 2/5 ;
Alain Queireix (Tomes 1 et 3) 3/5.

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( Article de Lord_Akhen@ton)

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