DE ZACK SNYDER AVEC EMILY BROWNING, SCOTT GLENN, VANESSA HUDGENS…

 

Sucker Punch

 

 

Nouveau film de Zack Snyder, quelques mois seulement après la sortie du Royaume de Ga’Hoole, Sucker Punch raconte l’histoire de Baby Doll, enfermée dans un asile, et qui va chercher, avec l’aide de ses amis, à retrouver la liberté…

Fermez les yeux. Libérez-vous l’esprit. Rien ne vous prépare à ce qui va suivre. Bienvenue dans l’imaginaire débordant d’une jeune fille dont les rêves sont la seule échappatoire à sa vie cauchemardesque… S’affranchissant des contraintes de temps et d’espace, elle est libre d’aller là où l’entraîne son imagination, jusqu’à brouiller la frontière entre réalité et fantasme… Enfermée contre son gré, Babydoll a toujours envie de se battre pour reconquérir sa liberté. Combative, elle pousse quatre autres jeunes filles – la timorée Sweet Pea, Rocket la grande gueule, Blondie la futée, et la loyale Amber – à s’unir pour échapper à leurs redoutables ravisseurs, Blue et Madame Gorski – avant que le mystérieux High Roller ne vienne s’emparer de Babydoll. Avec Babydoll à leur tête, les filles partent en guerre contre des créatures fantastiques, des samouraïs et des serpents, grâce à un arsenal virtuel et à l’aide d’un Sage. Mais ce n’est qu’à ce prix qu’elles pourront – peut-être – recouvrer la liberté…

Cinquième film de Zack Snyder, Sucker Punch est pourtant la première œuvre « personnelle » du cinéaste, après un remake (L’Armée des morts), deux adaptations de romans graphiques (300 et Watchmen) et celle d’un livre pour enfants (Le royaume de Ga’hoole).

Son film raconte l’histoire de Baby Doll, une jeune fille internée dans un asile psychiatrique par son beau-père, après la mort de sa mère et le décès accidentel de sa sœur. Le style de Snyder est reconnaissable dès l’intro, durant laquelle sont exposés les faits qui ont amenés Baby Doll à l’asile, grâce notamment à une grande utilisation du ralenti, sur une reprise de la chanson Sweet dreams (are made of this). Le métrage débute réellement lorsque Baby Doll fait la rencontre d’une autre pensionnaire de l’asile, Sweet Pea. Dès lors, nous sommes plongés dans un monde imaginaire, monde dans lequel un genre de cabaret-maison close prend la place de l’asile ; les membres du personnel deviennent des macs, la psychiatre une chorégraphe, et les patientes des danseuses. C’est le premier monde auquel nous sommes confrontés.

Emprisonnée dans cet univers, orpheline, Baby Doll ne rêve que de liberté et, avec l’aide de sa nouvelle famille (les filles rencontrées dans l’asile), part à la recherche des moyens qui vont lui permettre d’échapper au triste sort qui l’attend. Dès qu’elle entame une danse, cette dernière, ainsi que ses « soeurs », sont transportées dans un autre monde, un autre fantasme, à chaque fois à la recherche d’un élément qui leur servira dans leur quête d’évasion.

 

Sucker Punch

 

Ce film permet en fait à Snyder de laisser éclater toutes ses envies, ses influences, ses fantasmes : en effet, une fois les filles sont amenées à se battre contre des samouraïs,des soldats-zombies, des dragons, des robots, et ce dans une esthétique de jeux vidéo clairement revendiquée. Le parcours des héroïnes du film est d’ailleurs construit à la façon d’un jeu vidéo : la quête d’un objet permettra aux filles de partir à la recherche de l’élément suivant avec pour but suprême la liberté.
Malheureusement pour les protagonistes, les choses ne se passeront pas toujours de la façon espérée, et certaines devront se sacrifier. Le sacrifice, ainsi que le rapport à la famille, sont des thèmes importants du film, comme d’ailleurs dans les autres métrages du réalisateur. Le film démontre que la vie ne peut se faire sans l’aide et l’appui des gens qui nous entourent, de ces personnes en qui nous avons une totale confiance. Et c’est justement par un sacrifice que se finit le film… Mais Sucker Punch ne s’arrête pas uniquement à ces niveaux de lecture. Malgré un scénario un peu faible, Snyder aborde le problème du réel par rapport au virtuel, la nécessité du rêve (sachant que dans le film, ce que vivent les personnages dans la réalité est bien plus terrible que dans le rêve, et ce malgré les ennemis affrontés), l’importance de la musique…Le film est d’une richesse incroyable, et mérite peut être plusieurs visions avant d’en saisir toutes les subtilités. Par ailleurs, il est étonnant de voir que ce sont des filles qui sont les personnages principaux du film. Zack Snyder, souvent catalogué comme un réalisateur viril et réactionnaire, voire même nazi, montre un amour sans faille à ses protagonistes, et ici, ce sont souvent les hommes qui ont le mauvais rôle (le beau père, le personnage de mac joué par Oscar Isaac). Le seul rôle masculin positif est celui interprété par Scott Glenn, figure paternelle qui guidera nos filles vers la liberté.

Côté réalisation, si Snyder réutilise des techniques déjà vues sur certains de ses films, les ralentis, même s’ils sont parfois utilisés abusivement, permettent une icônisation des personnages qui nous fait saliver dans l’optique du Superman que va réaliser le cinéaste de 300, sous l’œil avisé de Christopher Nolan.

Sucker Punch se révèle être au final ce que Kill Bill fut pour Tarantino : un film dans lequel le réalisateur peut laisser libre cours à son imagination, ses influences, et porté par une réelle sincérité, une valeur qui se perd trop souvent dans le cinéma hollywoodien…