Après un mois de compétition, la 19ème édition de la Coupe du Monde de football s’est achevée sur la victoire de l’Espagne sur les Pays-Bas, la première pour la « furia roja ». Faisons un bilan complet sur cette compétition.

 

Au niveau de l’organisation

Les médias évoquaient plusieurs mois avant le début de la compétition qu’il y avait des retards dans la construction des infrastructures sportives et de transport mais force est de constater que tout fut près à temps. Les stades sont de belles réussites et ont d’ailleurs fait le plein de spectateurs (on parle de 3 millions de spectateurs au total, soit une des meilleures affluences totales depuis la création de la compétition). Cependant, se pose désormais la question de l’avenir de ces enceintes sportives car l’Afrique du sud n’est pas un grand pays de football (le sport n°1 étant le rugby). La question se pose notamment pour les stades des villes de moindre importance. En plus des infrastructures sportives, l’Afrique du Sud a investi 2 milliards d’euros dans les infrastructures de transport (transports collectifs, routes, aéroports, etc) ; la coupe du monde a donc permis sur ce point là d’accélérer les choses et de moderniser le pays. Enfin sur le plan de la sécurité qui était le point noir que redoutaient les organisateurs, la FIFA et les supporters, cela s’est plutôt bien passé. Certes il y a eu des mouvements de grève d’agents de sécurité mais l’Etat a su mettre en place suffisamment de forces de l’ordre pour dissuader les malfrats. Reste à savoir si cela durera dans le temps.

 

Les espagnols soulèvent pour la première fois la Coupe du Monde

Sur le plan sportif

Au niveau sportif, cette Coupe du Monde ne restera pas dans les annales. Après un début très poussif avec des matchs très ennuyeux et peu de buts, on se disait que cette compétition serait longue à suivre. Peu à peu, les choses se sont légèrement améliorées mais loin d’atteindre des sommets. On a eu ainsi droit à de beaux matchs avec plus de buts sur la fin des matchs de poule et sur la compétition à élimination directe. Sur le plan individuel, les stars n’ont pas vraiment brillé comme il était légitime de le croire, je pense notamment à Messi, Ronaldo, Rooney, Drogba pour ne citer qu’eux. En fait ce sont plutôt des joueurs que l’on n’attendait pas qui se sont illustrés, mis à part les joueurs espagnols, comme Forlan, Muller ou Sneijder. On a vu sur cette coupe du monde un nivellement des équipes avec des grandes nations en difficulté, tantôt ridicules (France, Italie, les deux finalistes de 2006) tantôt médiocres (Angleterre, Portugal). D’autres équipes ont déçu comme le Brésil et son jeu inhabituel initié par Dunga ou encore l’Argentine qui avait réussi de bons matchs jusqu’à la claque infligée par l’Allemagne. Ce sont des équipes d’outsiders qui se sont illustrées comme l’Uruguay auteur d’une belle quatrième place, le Paraguay ou le Ghana.
L’Espagne n’a pas déçu mais si elle n’a pas été flamboyante avec un premier match face à la Suisse synonyme de défaite. Les espagnols ont gagné grâce à leur formidable collectif, leur solidarité et leur solidité ; bref ils ont été efficaces à défaut d’être étincelants. C’est finalement leur régularité depuis plusieurs années qui est récompensée. Les néerlandais, finalistes malheureux ont eux aussi réalisés un bon parcours sans être exceptionnels et ont été aidés par la chance en quarts face au Brésil et en demies contre l’Uruguay. Le troisième de la compétition, l’Allemagne est peut être l’équipe qui a déroulé le plus beau jeu illustré par des scores larges infligées aux anglais et argentins. Malheureusement pour eux, ils ont été incapables de reproduire cela face à l’Espagne. Cette équipe a cependant beaucoup d’avenir car ses joueurs sont jeunes (23 ans de moyenne d’âge) et seront de sérieux prétendants lors de l’euro 2012 ou de la CDM 2014.

Iniesta, buteur de la finale

Le football africain a déçu dans ses résultats. Alors qu’ils jouaient cette compétition pour la première fois sur leur continent, ils n’ont pas su répondre présents, mis à part le Ghana qui est allé jusqu’en quarts et aurait pu atteindre les demi-finales. Le Cameroun et le Nigeria sont totalement passés au travers, l’Algérie n’a fait guère mieux mais si elle a pu produire du beau jeu par séquences. L’Afrique du Sud n’a pas démérité mais son niveau était trop juste pour prétendre rejoindre les huitièmes de finale ; c’est d’ailleurs la première fois que le pays organisateur est éliminé en phase de poule. Enfin la Côte d’Ivoire n’a pas pu sortir d’un groupe très difficile avec le Brésil et le Portugal.

L’arbitrage a été souvent pointé du doigt lors de la compétition. En effet, de nombreuses erreurs ont émaillé différents rencontres. On pensera tout de suite aux deux huitièmes de finale Allemagne-Angleterre et Argentine-Mexique où des buts n’ont pas été validés et d’autres n’auraient pas du l’être. Il y a également la finale où Van Bommel aurait du se faire expulser pour son action très agressive. La FIFA a réagit en prévoyant de se pencher une nouvelle fois sur la vidéo mais l’immobilisme de l’instance internationale me fait dire qu’on n’est pas prêt de voir cela un jour. Faut-il qu’un incident ait lieu en finale pour que les choses évoluent ?

Terminons enfin par cette « fameuse » équipe de France, ridicule jusqu’au bout. Déjà qu’elle n’aurait pas du être là ; les irlandais doivent vraiment l’avoir mauvaise… Ridicule donc sur le plan sportif avec un seul point obtenu. Il n’y avait aucune cohésion dans ce groupe et bien pire, aucune envie de jouer. Tout cela couronné par un sélectionneur inapte à la fonction et à mener des joueurs. Ridicule ensuite sur le plan extra sportif, avec déjà avant de commencer l’affaire Zahia, puis les caprices de Gallas et d’autres, la grève de l’entraînement, les insultes, l’hôtel de luxe, etc. Ah ça on ne s’est pas ennuyé…

Voilà, le rideau est tombé, la prochaine édition aura lieu de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil. Espérons que les brésiliens réussissent aussi bien que les sud africains dans l’organisation de cet évènement. Je ne doute pas un instant de leur motivation à organiser cet évènement dans un pays où le football est roi. Ils auront à cœur de démontrer si cela était nécessaire que le Brésil est une grande nation tout court et pas seulement de football.