Fairyland, combo (groupe ou projet ?) français emmené de main de maître par Phil Giordana (claviers, chœurs, guitares), sort son troisième album « Score To A New Beginning » (2009) et on peut constater l’ampleur du travail accompli. Toujours dans une veine métal symphonique, habillé de textes « heroic fantasy », cet album nous transporte dans des mondes imaginaires, colorés et féériques, d’où le nom du groupe me direz-vous…

 

Fairyland Score to a new beginning

 

L’intro nous dresse sans mentir le tableau. Avec des orchestrations dignes des plus belles musiques de films actuelles, on se dit que ce qui suit ne nous décevra pas. Les choses sérieuses commencent avec le deuxième morceau « Across the endless sea ». Il nous emporte ailleurs, dans le monde de Fairyland : des mélodies frappantes, des choeurs majestueux, rappelant tout de suite Rhapsody (qui reste la référence du style), même si les compositions semblent plus progressives, donc plus variées…
Le chant de « Assault on the shore » rappelle indéniablement Symphony X sans pour autant plagier leur son. Les choeurs nous enveloppent de leur corps somptueux. Il faut se rendre à l’évidence qu’un pas gigantesque a été fait depuis le 1er album, tant au niveau des idées que de la production.

 

« Master of the waves » enchaîne des accords improbables et originaux. Les vocaux féminins de Flora Spinelli (chanteuse de Kerion) embellissent le propos. On pense parfois au 1er album d’Adagio dans le refrain, qui est d’une beauté imperturbable. Les soli alternés guitares-claviers sont toujours mélodiques à souhait et maîtrisés à la perfection.
« A soldier’s letter », ballade médiévale vient calmer un peu les ouïes, bien que les orchestrations soient omniprésentes et nous ravissent toujours autant. On continue dans l’épique avec « Godsent », plus raffiné, puissant et symphonique comme « At the Gates of Morken », et on se prend à désirer rester le plus longtemps possible dans cet univers musical si magique.

Puis suit « Rise of the Giants », un instrumental épique, symphonique, royal, digne d’un « Pirate des caraïbes » ou d’un « Seigneur des anneaux », oui, rien que ça… Enfin le monument de l’album, « Score to a new Beginning » : une chevauchée de cordes rapides et guitares saccadées qui nous donne envie de danser et chanter, un morceau épique et magnifique qui se permet un final somptueux avec ses choeurs originaux et prenants.
L’album aurait pu terminer ainsi en beauté mais un dernier court morceau vient clore le disque : « End credits », une sorte de fable enfantine, emmenée par la douce Flora, reprise par le chanteur Marco Sandron (Pathosray), relevée d’un clavecin décalé. Peut-être le seul regret de l’oeuvre, car trop convenu, trop « final de conte de fée » où tout est bien qui finit bien… Mais je chipote…

 

Pour conclure, je dirais qu’une telle musique mériterait de vivre sur scène, sur une tournée avec un vrai orchestre et des choeurs qui prennent aux tripes. C’est une musique positive qui donne de l’entrain et de la joie de vivre. Les invités sont nombreux, issus du fleuron métal symphonique francais, (Pathosray, Anthropia, Kerion, Serenity, Heavenly, Whyzdom..) Mention spéciale à Marco Sandron, le chanteur principal, qui fait un travail remarquable, autant dans l’agressivité, la mélodie et les suraigus propres au style de musique.
Il manquerait peut-être un brin de folie, le tout est presque trop bien fait (Ah le studio !!!), trop lissé, sans écueil… Mais je chipote encore, me direz-vous…