Dès que l’on pense au Brésil, on pense souvent et à juste titre au football. Il est vrai que les brésiliens ont à chaque époque eu des joueurs talentueux ; la meilleure preuve est qu’ils possèdent le plus beau palmarès avec 5 Coupes du Monde. Cela s’explique notamment par le fait que le football est plus qu’un sport dans ce pays, et l’on pourrait sans exagérer parler de « religion ». Voici un aperçu de leur formidable histoire.

 

Un début mitigé

La première équipe nationale du Brésil a été formée en 1914 mais les premiers pas ne sont pas une réussite. De nombreuses luttes entre les différentes fédérations du pays, ainsi qu’entre le monde amateur et le monde professionnel font que le Brésil est incapable d’aligner ses joueurs les plus talentueux. La participation aux deux premières éditions de la Coupe du Monde se solde sans surprise par une élimination dès le premier tour (1930 et 1934). En revanche, lors de l’édition 1938, les auriverde (vert et or) atteignent la troisième place de la compétition. A cela s’ajoutent les victoires en Copa America (équivalent du Championnat d’Europe des Nations) en 1919 et 1922.

Après la seconde guerre mondiale, l’édition 1950 est organisée par le Brésil sous un format atypique de championnat et non de confrontation à élimination directe. Les brésiliens réalisent de très bonnes performances jusqu’au dernier match où ils affrontent l’Uruguay pour la victoire finale. Il leurs suffit d’ailleurs d’un match nul pour remporter le titre. Malgré la présence d’environ 200 000 supporters au Maracanã, le Brésil s’incline 2-1 contre son voisin, résultat qui prend des airs de catastrophe nationale dans tout le pays.

 

La consécration

Il faut attendre huit ans et 1958 pour retrouver une grande équipe et des joueurs talentueux, l’édition intermédiaire de la Coupe du monde s’étant terminée sur une élimination en quarts de finale. Ces joueurs se nomment Pelé qui n’a alors que 17 ans, Garrincha ou Vava. Afin de maximiser ses chances de réussite, l’entraîneur envoie notamment un observateur superviser les matchs de qualification européens. Grâce à leur talent, les brésiliens sortent de la phase de poule en tête devant les soviétiques et les anglais. La suite du parcours n’est qu’une succession de victoires dont la demi-finale contre la France gagnée 5-2 et surtout la consécration contre la Suède qui permet au Brésil de remporter son premier trophée mondial.

 

Quatre ans plus tard, la Coupe du Monde est organisée au Chili. Le Brésil plus que jamais mené par ses stars réalise un bon parcours de poule puis s’imposent assez largement en quarts de finale contre l’Angleterre 3-1 puis en demi contre le Chili 4-2 ; tout cela sans le phénomène Pelé blessé dès le premier match mais avec un Garrincha impressionant. En finale, la Selecão rencontre la Tchécoslovaquie rencontrée en phase de poule et s’impose finalement 3-1.

 

1966 : la Selecão détrônée

Minée par des querelles internes et une importante pression psychologique, le Brésil version 1966 est méconnaissable comparé aux deux dernières éditions. Ajoutons à cela, un Pelé véritablement « attaqué » à chaque match par les défenseurs adverses sans réaction particulière de l’arbitre et vous obtenez un Brésil qui s’incline en phase de poule avec seulement une victoire.

En 1970, les brésiliens désireux de faire oublier le cuisant échec de 1966 et emmené par un nouvel entraîneur Mario Zagallo réalise le parcours parfait. Les coéquipiers de Pelé très doués sur tous les plans (aussi bien en attaque qu’en défense) remportent tous leurs matchs et s’imposent facilement en finale contre l’Italie 4-1.

Une période plus difficile

Le superbe titre conquis en 1970 a marqué la fin d’une époque avec la retraite internationale de nombreux cadres dont le célèbre Pelé. C’est donc un Brésil manquant d’expérience qui participe à l’édition 74 mais qui termine néanmoins a une honorable quatrième place. A l’époque, les équipes étaient divisées en deux groupes lors d’un second tour dont les deux premiers allaient en finale.

Quatre ans plus tard lors de l’édition 78 organisée par le voisin argentin, le Brésil se fait à nouveau piéger dans cette formule à deux groupes à la différence de but. Dans la petite finale, ils battent néanmoins les italiens 2-1 pour prendre la troisième place.

Le Brésil arrive en Espagne en 1982 avec une équipe impressionnante dont le joueur le plus connu est Zico. Après un premier tour aisé le Brésil s’impose contre l’Argentine lors de la seconde phase de poule mais s’incline 3-2 face à l’Italie, les privant du même coup de finale.

Zico

C’est quasiment les mêmes joueurs qui participent à l’édition 1986 au Mexique mais les performances sont en demi-teinte et la Seleção montre ses limites en s’inclinant en quarts de finale face à la France ; la formule passant à une phase poule puis élimination directe.

Pour le Mondial 90 organisé par l’Italie, les brésiliens offrent une stratégie défensive totalement à l’opposé du style de jeu traditionnel développé auparavant. Malgré trois victoires au premier tour, les auriverde tombent sur un os en huitième de finale, os qui se nomme Argentine, emmenée par Maradona.

Romario

Le renouveau brésilien

En 1994, la Coupe du Monde est organisée aux Etats-Unis, pays connu pour ne pas être amateur de football. Le Brésil présente une équipe très solide en défense et d’une attaque très célèbre avec le duo Romario-Bebeto. Revenant à un style de jeu plus offensif, la Seleção arrive en finale sans surprise et remporte un trophée qu’il n’avait plus remporté depuis 24 ans en battant les italiens aux tirs aux buts.

C’est donc logiquement que les sud américains arrivent en France avec le statut de favori. Ils effectuent un bon parcours jusqu’à la finale mais sans éclat. C’est face à la France qu’ils disputent leur sixième finale. Celle-ci se soldera néanmoins par une défaite sévère 3-0 et donc le premier titre des Bleus.

En 2002, la compétition est organisée pour la première fois en Asie (Japon et Corée du Sud). Le Brésil quant à lui se qualifie de justesse pour la phase finale mais présente un tout autre visage dans la compétition remportant chacun de ses matchs dont bien entendu la finale face aux allemands 2-0.

 

Enfin en 2006 où la compétition a lieu en Allemagne, les auriverde ont le statut de favori, étant les tenants du titre et grâce à une pléiade de stars (Ronaldo, Ronaldinho, Kaka et Adriano). Le début de parcours est parfait avec quatre victoires mais en quarts de finale, les brésiliens offre un jeu médiocre et sont logiquement battus par la France 1-0.

Au final, le Brésil est l’équipe la plus impressionnante de l’histoire de la Coupe du monde avec cinq titres au total (record) et une participation à toutes les éditions, ce qu’aucune autre équipe n’a réalisé.