Suite de notre série sur l’histoire de la F1 avec la première partie des années 70 dominée par l’écossais Stewart et le brésilien Fittipaldi, le premier représentant l’expérience et le second le talent.

 

1970
Le début de la saison est marqué par la séparation entre les Matra et Tyrell, ce dernier ne souhaitant pas utiliser le moteur V12 estimant qu’il est inférieur à celui du motoriste Cosworth. De son côté, Matra engage Jean-Pierre Beltoise comme pilote ainsi que Henri Pescarolo auteur de belles prestations aux 24h du Mans. On note aussi l’arrivée de trois écuries : March fondée par Max Mosley (qui deviendra plus tard président de la FIA), Surtees et de Tomaso. L’écurie March qui a recruté Jackie Stewart termine en troisième position pour sa première course, la victoire revenant à l’expérimenté Jack Brabham. Le GP suivant qui a lieu en Espagne voit néanmois l’écurie March s’imposer. Ensuite, l’autrichien Jochen Rindt s’impose à Monaco, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Sa belle série s’arrête en Autriche battu par les Ferrari de Ickx et Regazzoni mais le pire arrive en Italie où il trouve la mort suite à un problème de freinage lors des essais qualificatifs. Son écurie, Lotus prend alors la décision de se retirer du championnat. Malgré quelques bonnes performances en fin de saison, Ickx ne parvient pas à refaire son retard sur Rindt. L’autrichien est donc sacré champion du monde… à titre posthume. C’est la seule fois dans l’histoire de la F1.

 

1971
Ferrari deuxième de la saison 70 confirme ses bonnes dispositions de la saison précédente en s’imposant lors du premier GP en Afrique du Sud. Lors des deux courses suivantes, Jackie Stewart sur Tyrell permet au récent constructeur de remporter ses premières courses malgré une lutte acharnée avec Ickx. Ce dernier prend sa revanche à Zandvoort (Pays-Bas) mais ne peut rien faire face au talent de son rival lors des trois courses suivantes où Stewart s’impose à chaque fois. Malgré son abandon au GP suivant, il est sacré champion du monde trois courses avant la fin de la saison. Les pilotes Tyrell ne s’arrêtent néanmoins pas là en remportant les deux dernières courses : une par Stewart, l’autre par le français Cevert. C’est donc tout naturellement que Tyrell remporte le titre constructeurs.

 

Jackie Stewart

1972
C’est le champion sortant, Stewart, qui ouvre la saison et s’impose en Argentine lors du premier GP. Les courses suivantes ne lui offrent guère de succès avec deux abandons. Ce sont Hulme sur Mc Laren et Fittipaldi sur Lotus qui les remportent. C’est un quatrième pilote qui s’impose pour la quatrième épreuve à savoir Beltoise sur sa BRM. A ce moment là du championnat c’est Fittipaldi le leader du championnat qui conforte sa position en remportant la course en Belgique. Les Ferrari se réveillent au Nurburgring grâce à Ickx et Regazzoni. Les deux favoris Fittipaldi et Stewart sont tous deux victimes d’une sortie de piste. Les deux GP suivants sont remportés par Fittipaldi qui ne peut désormais plus être rejoint malgré les deux victoires finales de Stewart. Le brésilien devient ainsi le plus jeune pilote de l’histoire de la F1 à 25 ans.

 

Emerson Fittipaldi

1973
L’année 73 voit peu de transferts de pilotes entre les écuries. Sur le plan technique, Lotus introduit une nouvelle innovation avec une modification de son aileron postérieur afin de gagner en rapidité. Cette amélioration ne tarde d’ailleurs pas à être reprise par les concurrents, Tyrell en tête. C’est le champion sortant, le brésilien Fittipaldi qui s’impose lors des deux premières courses en Argentine et au Brésil. Stewart s’offre quant à lui la victoire en Afrique du Sud, course marqué par un accident entre plusieurs voitures qui voit Hailwood sauver Regazzoni de sa monoplace en feu. La lutte entre Fittipaldi et Stewart continue aux courses suivantes, le premier étant vainqueur en Espagne, le second en Belgique. A Monaco, c’est une nouvelle course très serrée qui voit l’écossais triompher de son rival et ainsi se rapprocher au classement. Les trois courses suivantes sont remportées par des outsiders : Hulme en Suède, Peterson en France et Revson en Grande Bretagne. Un drame survient à Zandvoort aux Pays-Bas où le jeune Williamson décède asphyxié au volant de sa voiture en feu. Pour l’anecdote c’est Stewart qui s’imposera. Il récidivera même en Allemagne permettant ainsi de conforter son avance. C’est finalement à Monza que Stewart est sacré, Fittipaldi ne pouvant plus le rejoindre. Au dernier GP, au Canada, un nouveau décès survient avec l’accident du français Cévert. Enfin, Stewart annonce sa retraite sportive.

 

1974
Quelques changements en début de saison avec l’arrivée de Fittipaldi chez McLaren qui est remplacé chez Lotus par Ickx en provenance de Ferrari. On notera enfin l’arrivée du jeune Niki Lauda chez la scuderia. Hulme signe la première victoire de la saison devant les deux pilotes Ferrari (Lauda et Regazzoni) qui retrouve des couleurs après deux saisons difficiles. Fittipaldi s’impose au GP suivant devant ses fans au Brésil et Regazzoni qui prend la tête du classement. La lutte entre les leaders se poursuit sur les courses suivantes même si ceux-ci ne s’imposent pas forcément et sont même rejoints par un troisième concurrent, Lauda vainqueur en Espagne. Fittipaldi reprend la tête du championnat en Belgique avec une belle victoire mais le classement reste néanmoins très serré. L’autrichien Schekter fait forte impression en s’imposant en Suède, aux Pays-Bas et prend même provisoirement la tête du classement avec son podium en France. Malheureusement pour lui, les courses suivantes sont un désastre avec une série d’accidents et de pannes. C’est donc Regazzoni qui reprend la tête en Allemagne grâce à ses divers podiums. Dans ce championnat à suspense, Regazzoni ne termine pas dans les points en Allemagne ce qui profite à Fittipaldi. Ce dernier en gagnant le GP du Canada juste après revient à égalité de point avec Regazzoni alors qu’il ne reste plus qu’une manche à disputer. C’est finalement le brésilien qui s’impose avec une quatrième place et gagne le titre de champion du monde alors que l’italien termine à la onzième place ; au niveau des constructeurs, c’est McLaren qui remporte la couronne mondiale.

Fittipaldi sur Mc Laren