Kip Winger (rock expérimental) … Ce nom ne dit sûrement rien à la plupart d’entre vous mais sachez que le bonhomme n’est pas novice puisqu’il a été bassiste de Alice Cooper et a formé à la fin des 80’s le groupe de Hard FM Winger, combo américain dans la lignée de Bon Jovi et Survivor, en plus métal quand même. Le groupe comportait un certain Rod Morgenstein, qui allait faire des étincelles quelques années plus tard en solo et avec Jordan Rudess (l’actuel claviériste de Dream Theater).

 

Kip Winger From the moon to the sun

 

Sorti en 2008, cet album est le 4ème en solo de ce chanteur-guitariste et c’est vraiment une réussite. Je ne sais pas si c’est la collaboration avec le guitariste et producteur turc Ceruk Eroglu qui a engendré une telle merveille musicale. En tout cas, l’univers que l’on découvre au fil des chansons réunit mille et une facettes de beauté.

Dès les premières notes de ce petit moog aigu, la séquence limite jungle et les envolées orientales de « Every Story Told », on sent immédiatement que l’on va passer un super moment. La voix de Kip est magnifique, claire ou éraillée dans les médiums mais jamais forcée. Le son est superbe, les arrangements arabisants que l’on doit à Ceruk ne se montreront jamais de trop tout au long de l’album. Alors on se délecte des refrains de « Nothing », de « Wherever we go » et on imagine des mondes magnifiques pendant la mélodie de chant très variée de « Pages and pages » – la fin de ce morceaux est d’ailleurs très intéressante, très atmosphérique, traînant en longueur, percussions lancinantes, ostinato entêtant de guitares (et de harpe je pense) sur des nappes de claviers éthériques…

 

Avec « Ghosts », on passe du bonheur à la surprise totale ! Piano dissonant, violons pleureurs, violoncelles hurlants… Nous sommes en plein dans la musique contemporaine. Kip ne joue pas sur ce morceau mais l’a néanmoins entièrement composé. Comme quoi, lorsqu’on fait des albums solo, avec une réputation bien encrée, on peut se permettre de composer la musique que l’on veut, qu’importe les styles… C’est ça la vraie liberté… Après ce déroutant interlude, une autre chanson dotée d’une ligne de chant particulière et un refrain envoûtant à nouveau, « In your eyes another life », sans basse ni batterie, juste des mélodies superbes et ambiantes à souhait…

Le reste de l’album est plus classique, du bon rock américain, très bien fait mais n’ayant pas le charme des 6 morceaux précédents, à part « Runaway » doté d’une superbe intro à la 12 cordes et encore un très mélodieux refrain. Je dirais même que « Reason to Believe » est dispensable car trop évident. « Why » est assez bon et à nouveau surprenant par sa fin, encore une longue fin atmosphérique s’éloignant petit à petit en nous invitant à suivre ses notes….

 

On pense tour à tour à un Toto transcendé, un Floyd sous coke ou encore un Fleetwood Mac qui se serait remis en question, même parfois quelques intonations à la Peter Gabriel… Le dernier morceau est un remix de « Monster », chanson déjà parue sur son premier album (« This conversation seems like a dream » – 1997), mais elle ne réussit pas à surpasser la version originale, plus brute. Allez voir également son site web (kipwinger.com) et son Myspace, vous verrez une petite vidéo-teaser très bien faite, présentant l’album et qui vous donne une parfaite idée du contenu du disque.

 

 

–  Si vous aimez voyager en écoutant de la musique, je vous conseille de vous procurer ce bijou de sensations fortes. Ce musicien et chanteur magnifique qui m’a ouvert à de nouveaux horizons musicaux. Vous pouvez aussi chercher ses précédents albums solo, ils sont également très bons et vous ne serez pas trop dépaysés…

 

 


–  Liens :

–  www.kipwinger.com
–  www.myspace.com/kipwingermusic