Fair to Midland (Metal progressif) est un groupe texan et le nom de l’album ainsi que la pochette et les titres font tout pour aiguiser notre curiosité (Kyla Cries For Cologne, A Wolf Descends upon the Spanish Sahara…). Est-ce un recueil de contines, de fables contemporaines ? Un disque de Chantal Goya Américaine ? Si l’on feuillette le livret, nous sommes en plein dans les dessins d’animaux exhibant des postures humaines un peu glauques… Superbe travail, intéressant certes, mais on ne voit pas trop le rapport… Alors, Narnia Metal ?

Grosse erreur : cet album, sorti en 2007, est un bijou de métal progressif, mâtiné de folk et d’ambiances modernes sans être electro pour autant. A l’écoute des deux premiers morceaux, nous sommes totalement emportés par des ambiances à la fois féeriques et métalliques, des couplets recherchés des refrains accrocheurs…

 

Fair to Midland Fables from a Mayfly What I Tell You Three Times Is True

 

Le point fort est sans conteste la voix du chanteur, Darroh Sudderth, qui peut passer d’un registre doux et mélodique à un timbre écorché, aigu et violent (refrain de « Vice/Versa », « Dance of the Manatee » ou encore le magnifique « Walls of Jericho »), ou faire vibrer son larynx avec ses doigts pincés sur sa gorge (« A Seafarer’s Knot »), comme il le montre sur les diverses vidéos présentes sur leurs sites officiels et myspace. Plus on s’enfonce dans la musique, plus on se demande de quelle lampe sort ce génie, crachant ses cordes vocales avec tant de brio et d’inconscience, même d’impertinence (« April fools anf eggmen », « Upgrade Brigade »)…

 

Les guitares et la basse sont souvent à l’unisson, crachant des riffs mélodiquement puissants et originaux (« The wife, the kids and the white Picket Fence »), un batteur époustouflant de feeling et un clavier éthérique, mais vraiment sous-mixé à mon goût…
Du début à la fin du disque, on s’imprègne de ces deux sentiments contraires : puissance sonore et mélodie colorée. La voix ne faiblit pas, registres médiums souvent rompus par des notes folles, improbables de justesse… Les morceaux déroulent leurs histoires, (lisez les paroles sur leur site, présentées dans un vieux grimoire dont on peut tourner les pages, en route pour le rêve !), les titres sont énigmatiques… Quelques sons de clavier donnent encore plus de mystère à la musique (« Say When » et l’intro de « A Seafarer’s Knot », ambiance cirque maudit)…

 

Alors on ne peut s’empêcher de comparer Fair to Midland à… à qui d’abord ? Ah, nous sommes bien embêtés ! Allez, un peu de Kansas qui aurait mangé deux boîtes d’amphétamines, deux ou trois relents Queenesques dans les riffs de guitare… mais à part ça ? Allez, on peut citer de loin System of a Down et Tool, peut-être également Mars Volta… mais Fair To Midland a définitivement une identité propre !

 

–  Ce jeune groupe avec ce premier album peut être fier d’appartenir à la grande et trop variée famille du métal progressif sans pour autant faire penser à tel ou tel de leur confrère… Style unique, nouveau oserai-je dire, et résolument moderne… Et bien sûr, comme d’habitude lorsqu’on touche à du haut-de-gamme musical, très mal distribué en France, merci donc Internet ! On attend avec impatience le deuxième opus, pour être encore plus surpris du monde sonore et du mystère Fair To Midland.

 

 


–  Liens
:
–  www.myspace.com/fairtomidland
–  www.fairtomidland.com