Quelques semaines après la clôture des Jeux Olympiques de Pékin, voici une analyse non exhaustive de l’évènement sur le plan sportif et sur le plan politique.

 

Le bilan sportif

Comme cela était prévu, les chinois ont réalisé une impressionnante moisson de médailles. Au total, les athlètes de l’empire du milieu ont glané 100 médailles dont 51 en or. Les chinois réalisent leur meilleur bilan grâce aux disciplines dans lesquelles ils excellent : gymnastique, tennis de table, plongeon, badminton mais également dans des disciplines qui leur étaient totalement étrangères auparavant (voile, kayak, tir à l’arc, etc). Cette réussite était prévisible étant donné les mesures prises par le gouvernement dans le domaine sportif avec par exemple les « pépinières à champions » où les enfants suivent une stricte discipline et un entraînement intensif depuis leur petite enfance. On peut même avoir des doutes sur l’âge réel de certaines gymnases bien que cela soit démenti par les autorités.

Les Etats-Unis ne terminent pour la première fois depuis 1992 à la première place du tableau des médailles. En effet, avec 110 médailles au total dont 36 en or, les américains se classent à la deuxième place derrière la Chine. Cependant, le classement des nations par titre n’a aucune valeur officielle comme le stipule la Charte olympique. Argument dans lequel les médias américains n’ont pas hésité à s’engouffrer en prenant comme classement celui du nombre total de médailles… Cela ne doit cependant pas masquer la baisse de régime des sportifs d’outre atlantique, notamment en athlétisme autrefois grand pourvoyeur de médailles. Les américains se sont notamment fait doubler par les jamaïcains, nouveaux rois du sprint. Heureusement pour eux la natation est en forme avec en chef de file Michael Phelps qui ramène à lui seul 8 titres. On peut légitimement avoir des soupçons sur une telle performance car comment peut-on remporter des titres sur autant de disciplines qui ont lieu en même temps.

L’autre grand phénomène de ces JO est le jamaïcain Usain Bolt qui a empoché 3 médailles d’or en athlétisme (100m, 200m et relai 4x100m). La Jamaïque est LA nation du sprint puisque ses athlètes ont remporté 11 médailles au total, toutes en athlétisme et toutes en sprint !

Usain Bolt, roi du sprint

Au total, 86 nations ont remporté au moins une médaille. Le meilleur ration médailles/athlètes revient au Zimbabwe qui a remporté 4 médailles avec seulement 13 représentants soit 1 médaille pour 3,3 athlètes.

 

Le bilan des français

Avec 40 médailles remportées dont 7 en or, le bilan des français est paradoxal. D’un côté, les athlètes tricolores n’ont jamais remporté autant de médailles à une olympiade ; de l’autre, leur classement n’a jamais été aussi bas depuis les jeux de Los Angeles 1984 avec une dixième place et surtout un faible nombre de médailles d’or remportées. Est-ce un problème de préparation, de mental ? Difficile d’y répondre pour l’instant, mais une chose est sûre, il faut agir dès maintenant pour préparer les champions de demain avec en ligne de mire les JO de Londres dans 4 ans.

Alain Bernard

Certaines disciplines ont déçu à Pékin comme l’athlétisme avec un bilan peu flatteur (2 médailles remportées par des athlètes quasiment inconnus), l’équitation, le cyclisme sur piste (en pleine reconstruction) alors que d’autres nous ont offert de belles émotions : handball, BMX, VTT, escrime, natation, lutte gréco-romaine, etc. Sur les 28 sports présents aux JO, la France s’est aligné sur 22 et a remporté au moins une médaille sur 16 d’entre eux.

 

Le bilan politique

L’organisation proprement dite des jeux aura été sans faille, étant donné le coffre-fort dans lequel ceux-ci ont été disputés. Pas de place à l’improvisation, tout a réglé comme du papier à musique, et donc malheureusement sans ce brin qui fait vibrer les peuples.

Caricature du logo des JO de Pékin

Du côté des libertés, aucune médaille n’est à décerner ; les autorités chinoises ont muselé la liberté de la presse et la liberté de parole, n’ayant que faire des protestations. Une vingtaine de journalistes aurait été agressée ou harcelée dans leur travail, des centaines de dissidents avaient bien avant les jeux été mis en résidence surveillée ou bien expulsés de la capitale. D’autres ont même été arrêtés pour avoir demandé à manifester. Et le CIO dans tout ça ? Celui-ci est tristement lâche et faible pour ne pas avoir su s’imposer face aux autorités chinoises dès l’attribution des JO. Il est dans tous les cas bien éloigné des valeurs de fraternité et de liberté qu’il est sensé représenter…