Troisième article consacré à la formule 1 avec cette fois-ci les années 1965 à 1969. La première partie de la décennie a vu la domination très nette des britanniques que ce soit au niveau des pilotes (Jim Clark notamment) et des voitures. Découvrons désormais la suite et la fin des années 60.

 

1965

L’année 1965 présente peu de changements avec 1964 : Jim Clark est toujours chez Lotus, Bruce McLaren chez Cooper, Surtees au volant d’une Ferrari et Graham Hill chez BRM. Ce dernier a pour nouveau coéquipier le jeune et prometteur Jackie Stewart. La saison démarre en Afrique du Sud par une impressionnante victoire de Clark. Il faut attendre ensuite quatre mois avant l’épreuve suivante qui se déroule à Monaco. Là, c’est Graham Hill qui s’impose après avoir remonté tous ses concurrents. A noter l’absence de Clark qui choisit de disputer les 500 miles d’Indianapolis et qu’il remporta par la même occasion. La suite de la saison est à sens unique avec un Clark que personne ne peut arrêter ; celui-ci s’impose en effet aux grands prix de Belgique, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Allemagne. Il devient du coup champion du monde trois courses avant la fin de la saison. La belle série de Clark est stoppée en Italie où celui-ci doit abandonner, la victoire revenant à Jackie Stewart, la première de sa carrière. Le dernier GP de la saison, qui a lieu au Mexique est remporté par Richie Ginther au volant d’une Honda. C’est la première victoire pour l’écurie nippone.

 

Jim Clark

1966

L’année 66 est marquée par un changement au niveau de la réglementation. La motorisation passe au régime 3L au lieu de 1,5L. A noter aussi que Bruce McLaren se lance dans la création de sa propre structure qui s’intitule tout simplement « Mc Laren » comme a pu le faire Jack Brabahm avec son écurie Brabham. Toutes les équipes ne sont pas au même niveau de préparation pour entamer la saison, certaines ont un nouveau moteur 3L comme Ferrari et d’autres se contentent d’un 1,5L porté à 2L en attendant mieux (Lotus). La saison débute à Monaco, un circuit où ce n’est pas la puissance qui donne l’avantage. C’est donc Jackie Stewart sur BRM qui s’impose avec un moteur 2L. Le GP suivant (Belgique) est perturbé par la pluie et donc des accrochages multiples. Au terme de plusieurs rebondissements, c’est Surtees qui gagne la course. Ce dernier supportant mal la préférence de son directeur sportif pour son coéquipier quitte la scuderia pour Cooper-Maserati. Les quatre courses suivantes sont remportées par un seul homme : Jack Brabahm, sur la voiture qu’il a conçu ! Ce dernier malgré son abandon en Italie est officiellement champion du monde suite à l’abandon de ses rivaux.

1967

Quelques changements pour cette année 67 avec l’arrivée du motoriste Cosworth soutenu par Ford. Celui-ci fournit en exclusivité un nouveau V8 pour l’écurie Lotus. Au niveau des pilotes, Graham Hill (champion du monde 1962) est le nouveau coéquipier de Jim Clark. L’équipe à battre, Brabham conserve ses pilotes Jack Brabham et Denny Hulme ainsi que son vieux moteur H16. La saison débute par une surprise en Afrique du Sud où la course est gagnée par le mexicain Rodriguez, nouveau venu chez Cooper-Maserati. Le GP suivant qui a lieu à Monaco est marqué par l’accident de Bandini (Ferrari) qui après avoir rejoint le leader Hulme, part à la faute dans une chicane. Le pilote décèdera peu de temps après. La suite du championnat se résume à une alternance de victoires entre Lotus et Brabham bien que les Lotus soient plus rapides. Les Lotus empochant les GP des Pays-Bas, Grande-Bretagne, Etats-Unis et Mexique contre France, Allemagne et Canada pour Brabham. Au final, grâce à un grand nombre de podiums, c’est Denny Hulme qui remporte le titre de champion du monde devant son coéquipier et patron Jack Brabham ; Jim Clark prenant la troisième place. Du même coup, Brabham reporte son deuxième titre constructeur.

 

La Matra de Stewart

1968

Le prometteur moteur Cosworth n’est plus exclusivement utilisé par Lotus mais également Matra et Mc Laren. La grande nouveauté de cette saison est l’arrivée de l’écurie française Matra. Cette dernière adopte d’ailleurs une attitude originale avec une voiture équipée d’un moteur maison pilotée par Jean-Pierre Beltoise et l’autre voiture motorisée Ford et pilotée par Jackie Stewart. Le champion du monde Hulme rejoint quant à lui l’écurie Mc Laren. De son côté, la firme Brabham recrute l’autrichien Jochen Rindt. La saison démarre par un grand coup de Clark qui signe la 25ème victoire de sa carrière, battant du même coup le record de victoire de Fangio. Ce sera malheureusement la dernière course du talentueux écossais qui trouve la mort le 7 avril 1968 lors d’une course de F2. Les GP suivants sont remportés par Graham Hill sur Lotus qui profite de l’absence de son rival Stewart blessé au poignet. Au GP de Belgique, Bruce McLaren remporte la course et devient le troisième pilote-constructeur a remporter une course. Aux Pays-Bas, la jeune écurie Matra gagne son premier Grand Prix grâce à Stewart. Autre première, la victoire du belge Jacky Ickxsur Ferrari au GP de France. Lors des courses suivantes, la lutte pour le titre se joue entre trois hommes : Hill, Stewart et Hulme (vainqueur de deux courses) ; c’est finalement Hill qui remporte la couronne mondiale, la deuxième de sa carrière, au dernier GP devant Stewart.

 

1969

Championne du monde en titre, l’écurie Lotus conserve le moteur Cosworth, moteur adopté également par la firme Brabham après la catastrophique saison 68. Matra décide quant à elle de mettre en place ce moteur pour ses deux voitures (au lieu d’une auparavant). Les deux premières courses de la saison (Afrique du Sud et Espagne) sont remportées par Jackie Stewart. Sa victoire espagnole fût néanmoins obtenue grâce aux abandons de ses principaux concurrents. Au Grand Prix suivant, c’est Graha Hill qui s’impose et qui grâce à l’abandon de Stewart se rapproche de ce dernier au classement. Cependant, les trois épreuves suivantes sont gagnées par Stewart grâce à une Matra performante et fiable. La fin de saison est moins à l’avantage de Stewart qui doit faire face au redoutable Ickx, vainqueur en Allemagne et au Canada, ce qui ne l’empêche pas de remporter son premier titre mondial à quatre courses de la fin de saison.