Après un premier article sur les débuts de l’histoire de la Formule 1 et les années 50 qui suivirent, découvrons désormais la deuxième décennie de ce sport automobile.

 

1960

Après avoir remporté le titre mondial en 1959, l’australien Jack Brabham est sans surprise reconduit chez Cooper en compagnie de Bruce Mc Laren. En raison des bonnes performances du bolide britannique et de son fameux moteur arrière, plusieurs écuries privées signent avec Cooper. Le premier Grand Prix de la saison qui a lieu en Argentine voit une cascade d’abandons qui profitent au jeune Mc Laren qui s’offre ainsi une nouvelle victoire. Quelques mois après, au second GP de la saison à Monaco, c’est le britannique Stirling Moss qui s’impose sur une Lotus alors qu’il avait commencé la saison sur une Cooper. C’est d’ailleurs la première victoire de Lotus en Formule 1. Le champion en titre Brabham remet les pendules à l’heure au GP des Pays-Bas et écrase la concurrence en remportant les quatre courses suivantes. Cependant cette domination est à relativiser en raison de la blessure de Moss au quatrième GP qui était le seul véritable rival de Brabham. Le britannique revient trois courses plus tard et remporte pour l’honneur la dernière course de la saison au Etats-Unis. C’est donc sans surprise que Brabham est de nouveau champion du monde devant Mc Laren et Moss.

 

Jack Brabham

1961

L’année 1961 est marquée par l’introduction d’une nouvelle réglementation en matière de motorisation, réglementation farouchement combattue par les britanniques qui ne se sont pas préparés pas à celle-ci. En conséquence, c’est Ferrari qui profite de la situation avec la victoire lors de cinq GP sur huit disputés. Les deux pilotes Ferrari, Phil Hill et Wolfgang von Trips se livrent une lutte acharnée et c’est finalement le premier qui remporte le titre lors de l’avant dernière épreuve à Monza dans des conditions dramatiques puisque son coéquipier trouve la mort lors d’un accrochage. On notera tout de même dans cette saison les belles performances de Moss qui sur une écurie privée (voiture Lotus) parvient à remporter deux courses. C’est également en 1961 que Porsche fait sa première apparition en Formule 1.

1962

Après une année de transition, les écuries britanniques sortent l’artillerie lourde pour contrer Ferrari. Lotus lance une nouvelle voiture tandis que BRM et Cooper sortent un nouveau moteur. Au niveau des pilotes, Ferrari reconduit Phil Hill avec à ses côtés le mexicain Rodriguez. Lotus engage le prometteur Jim Clark et BRM, Graham Hill. Quant à Stirling Moss, un accident survenu hors championnat le prive malheureusement de F1 pour toujours. L’année 62 se résume en fait à une lutte acharnée entre l’anglais Graham Hill et l’écossais Jim Clark puisqu’ils remportent à eux deux sept GP sur neuf disputés (quatre pour Hill et trois pour Clark). Seuls Mc Laren et Gurney viennent troubler cette bataille, Gurney signant du même coup la première victoire de Porsche en Formule 1. Le sort du championnat se joue lors de la dernière épreuve : Clark alors en tête de la course doit abandonner sur casse moteur et laisser Hill s’emparer de la couronne mondiale.

 

Graham Hill

1963

La saison de l’année 63 voit peu de changement au niveau des effectifs, les équipes leaders BRM, Lotus et Cooper conservant les mêmes duos. A noter le départ de Porsche qui après deux années préfère se retirer et s’orienter vers d’autres épreuves. La saison redémarre comme elle avait terminé en 1962 ; Graham Hill gagne la course en profitant de l’abandon de Clark sur ennui mécanique alors qu’il était en tête. Cependant, la chance sourit à Clark et tout son talent s’exprime lors des courses suivantes où il réalise un véritable triomphe : quatre victoires d’affilée ! Seul Surtees sur Ferrari vient freiner sa boulimie de victoire au GP d’Allemagne. Clark s’impose à l’épreuve suivante en Italie où il remporte un titre mondial largement mérité. Il remporte également deux des trois dernières courses de la saison et accroche du même coup le record de victoires en championnat (sept).

 

Jim Clark

1964

Après une saison remportée d’une main de maître par l’écossais Clark, les concurrents de Lotus mettent les bouchées doubles pour rattraper le retard technique. A noter l’arrivée de Honda en Formule 1, c’est la première firme nippone à faire son entrée dans cette catégorie. Comme en 1963, c’est Graham Hill sur BRM qui remporte le premier GP de la saison à Monaco en profitant d’un ennui mécanique de Jim Clark juste avant la fin de la course. Clark se rattrape néanmoins sur les deux épreuves suivantes en empochant la victoire. Sur la deuxième victoire, il bénéficie même d’une chance incroyable. En effet, pointant en quatrième position à deux tours de l’arrivée, ces trois rivaux abandonnent sur panne d’essence ou batterie ce qui lui permet de décrocher la victoire. Au GP de France, c’est au tour de Clark d’abandonner, la victoire revenant à Dan Gurney sur l’écurie privée Brabham. Jim Clark s’impose dans l’épreuve suivante après une lutte acharnée avec Graham Hill. Le pilote britannique John Surtees et l’écurie Ferrari en général se réveillent en Allemagne avec leur première victoire de la saison. La fin de saison est palpitante puisque les pilotes Ferrari remportent les deux Grands Prix suivants tout en profitant des abandons des deux leaders Clark et Hill. A l’avant dernier GP de la saison, c’est Hill qui s’impose devant Surtees alors que Clark doit pour la quatrième fois consécutive, abandonner la course. Lors de la dernière épreuve, trois pilotes peuvent être champions : ce sera finalement Surtees qui empochera le titre grâce à l’abandon malheureux de Clark à deux tours de l’arrivée.

Le début des années 60 est donc marqué par la prédominance des britanniques (Clark, G. Hill, Surtees) sur la Formule 1 tant au niveau des pilotes qu’au niveau des voitures. On notera la fin de carrière de Stirling Moss qui aurait certainement mérité de terminer sur un meilleur sort et le talent de Clark qui s’il n’avait pas connu tous ces ennuis mécaniques auraient pu rêver d’un palmarès plus étoffé.