Voici le début d’une série sur l’histoire de la Formule 1. Bien évidemment, le sport automobile débute bien plutôt, à la fin du XIXème siècle. Nous commencerons donc par les années 1950, date à laquelle la Formule 1 fut créée.

Les années 50

Le tout premier championnat du monde de F1 débuta en 1950. Cela n’avait évidemment rien à voir avec aujourd’hui, on ne trouvait en effet que les Grands Prix de six pays : la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, la Suisse, Monaco et la Belgique (contre 17 en 2007). Les écuries n’étaient pas légion non plus : Alfa Romeo, Ferrari, Talbot, Maserati et trois marques privées. Cette première édition fut dominée d’une main de maître par les pilotes Alfa Romeo (Farina, Fangio et Fagioli) qui finirent tous trois sur le podium final. L’italien Farina vainqueur de trois courses, ne gagna le titre mondial qu’à la dernière course de la saison à Monza (Italie) à la faveur d’une défaillance technique de la voiture de Fangio.

En 1951, le championnat comptait une course supplémentaire avec l’apparition des Grands Prix d’Allemagne et d’Espagne, et l’absence de Monaco. La saison 1951 fut bien différente de la précédente où les Alfa ne dominèrent plus outrageusement. Certes, c’est un pilote Alfa qui remporta le titre pilote mais ce fut Ferrari qui marqua le plus de points. La saison fût en fait coupée en deux : les trois premières courses furent gagnées par Alfa, les trois suivantes par Ferrari. En revanche, comme en 1950, le titre pilote ne fut décerné qu’à la dernière course avec la victoire de Fangio. A la fin de la saison, Alfa Romeo annonca son retrait du championnat car la marque italienne se trouvait dans l’incapacité de financer une nouvelle voiture capable de rivaliser avec Ferrari.

L’année 1952 voit l’introduction de nouvelles règles moins strictes (Formule 2) ayant pour but de diversifier le nombre de voitures et de combler le départ d’Alfa Romeo. Ce changement permet la venue de nouvelles marques comme Gordini, Cooper-Bristol ou Connaught. Les deux grands pilotes Fangio et Farina autrefois coéquipiers chez Alfa rejoignirent respectivement Maserati et Ferrari. La marque au cheval cabré disposa ainsi d’une équipe de choc avec Farina, Ascari et Taruffi ce qui lui permit de remporter aisément le championnat constructeurs officieux (quatre pilotes Ferrari aux quatre premières places), le titre constructeur n’existant pas à l’époque. Le titre pilote fut de son côté remporté par l’italien Ascari qui remporta six courses sur les sept du championnat. Fangio ne put malheureusement pas démontrer ses qualités en se blessant en début de saison.

En 1953, Fangio fait son grand retour après un an d’absence avec une équipe Maserati bien décidée à ne pas laisser le champ libre à Ferrari. Cette année est également marquée par le premier Grand Prix hors d’Europe : en Argentine, la patrie de Fangio. Cependant, ce qui devait être une fête fût gâchée par des spectateurs indisciplinés qui traversèrent la piste. Le bilan fut lourd avec 9 morts. Sur les différentes courses qui se déroulèrent cette année là, les duels Ferrari-Maserati furent âpres et disputés mais c’est une voiture Ferrari qui finissait quasiment à chaque fois à la première place, celle d’Ascari notamment. Cependant, les pilotes Maserati ne se découragèrent et ils réussirent à obtenir la victoire au dernier GP de la saison à Monza grâce à Fangio. Au final, Ascari fut titré pour la seconde fois devant son rival Fangio et son coéquipier Farina.

Avec l’année 1954, une nouvelle réglementation vint remplacer les règles de Formule 2. Cet événement fut complété par l’arrivée de Mercedes-Benz dans le championnat qui recruta l’argentin Fangio, et celle de Lancia qui recruta Ascari. La W196 de Mercedes n’apparut qu’à la troisième course de la saison et c’est donc sur une Maserati que Fangio disputa les premiers Grands Prix. Cela lui réussit plutôt bien puisqu’il remporta les deux premières courses. Au GP de France, la nouvelle Mercedes frappa d’entrée avec un doublé pour sa première course, ce fut également la troisième victoire consécutive pour Fangio. Ensuite, ce fut un festival pour Mercedes et Fangio à chaque course sauf au GP de Grande-Bretagne et d’Espagne, remportés tous deux par Ferrari. Finalement, Fangio gagna son second titre mondial assez aisément.

Pour la saison 1955, Mercedes engagea Stirling Moss en provenance de Maserati pour épauler Fangio. Les flèches d’argent possédaient ainsi les meilleurs pilotes pour tenter de gagner une seconde couronne mondiale. Le premier GP de la saison se déroula en Argentine dans une fournaise et fut remporté par l’enfant du pays : Fangio. A Monaco, la victoire revint au français Maurice Trintignant, vainqueur surprise, qui s’imposa grâce en partie aux abandons des pilotes Mercedes et au plongeon, sans gravité, d’Ascari dans le port de la principauté. Ce dernier décéda quelques jours plus tard dans un accident de voiture au volant d’une Ferrari. Après la débâcle monégasque, les Mercedes retrouvèrent leur classe à Spa en Belgique avec le doublé Fangio-Moss. Le week end suivant (le 11 juin 1955) lors du GP de France, se déroula la plus grande tragédie de l’histoire de la F1. Alors que la course avait débuté depuis quelques minutes, la voiture de Pierre Levegh (Mercedes) faucha les spectateurs et fit 80 victimes. En conséquence, les GP de France, d’Allemagne, Suisse et Espagne furent annulés ; seuls restaient au programme les GP Pays-Bas, de Grande-Bretagne et d’Italie. Ces trois dernières courses furent toutes remportées par Mercedes qui réalisa deux doublés et un quadruplé. Fangio quant à lui remporta son troisième titre mondial devant son coéquipier Moss. La fête fut cependant gâchée pour ces deux pilotes avec l’annonce de Mercedes de se retirer de la compétition.

Les deux pilotes arrivés en tête en 1955 ne tardèrent pas à trouver une nouvelle écurie : Fangio alla chez Ferrari-Lancia, Lancia étant passé sous giron Ferrari, tandis que Moss rejoignit Maserati. Pour le premier GP de l’année 1956, c’est une nouvelle fois Fangio qui s’imposa sur ses terres. En revanche, à la course suivante, à Monaco, son ancien coéquipier, Stirling Moss remporta l’épreuve devant le triple champion du monde. Ensuite, vint le GP de Belgique qui vit triompher le britannique Collins le nouvel équipier de Fangio. Ce même Collins récidiva au GP de France et failli réaliser le triplé en Grande-Bretagne où il dut se contenter de la seconde place derrière Fangio. En fait, la victoire pour le titre se joua entre quatre hommes jusqu’au dernier Grand Prix : Fangio et Collins pour Lancia-Ferrari, Moss et Behra pour Maserati. Alors que Fangio rencontra des soucis mécaniques, Peter Collins lui céda sa voiture afin de terminer deuxième derrière Stirling Moss, ce qui permit à Fangio d’acquérir son quatrième titre.
L’année 1957 vit de nouveaux transferts de pilotes : Fangio quitta Ferrari pour revenir chez Maserati tandis que Moss partit rejoindre la prometteuse écurie britannique Vanwall. De son côté, Collins resta chez Ferrari et fut rejoint par son compatriote Hawthorn. Comme à l’habitude, Fangio s’imposa en Argentine et Maserati trusta les quatre premières places. La course de Monaco fut décimée par un carambolage impressionnant qui profita à l’inévitable Fangio. Les courses marquantes de cette saison furent le GP de France où Fangio triompha devant quatre Ferrari et le GP de Grande-Bretagne qui vit la superbe victoire de Moss sur sa Vanwall. Enfin, au GP d’Italie, Moss s’imposa de nouveau sur Fangio mais cela ne fut pas suffisant pour battre Fangio qui conquit son cinquième et dernier titre de champion. Maserati annonça par la même occasion son retrait de la compétition suite à des difficultés financières.

En 1958, Fangio ne disputa que deux courses avant de mettre un terme à sa belle carrière en F1. Ferrari qui voulait effacer l’année 57 avec aucune victoire se montrait ambitieuse mais se trouvait face à de redoutables équipes britanniques, Vanwall en tête. En Argentine, Moss remporta la course sur une Cooper. Cette dernière fit une nouvelle fois sensation à Monaco où elle arriva en tête grâce à Trintignant. Moss remporta le GP des Pays-Bas et il fallu attendre le GP de France pour voir une Ferrari gagner, en l’occurrence, celle de Hawthorn. Cependant, la fête fut gâchée par la mort de son coéquipier Musso pendant la course. Au GP d’Allemagne, ce fut au tour de Collins de perdre la vie. Moss remporta le dernier GP de la saison au Portugal mais il échoua pour la conquête du titre qui revint à Hawthorn récompensé grâce à ses nombreux podiums ; mais cette course fut malheureusement ternie par la mort de Lewis-Evans à la suite d’un accident. Enfin, alors qu’un grand avenir s’ouvrait à lui, Hawthorn se tua dans un accident de la route en janvier 1959.

Fangio

En 1959, Vanwall annonca son retrait de la compétition alors que l’écurie britannique avait remporté le premier titre constructeur de la F1. Ce fut une autre voiture britannique qui succéda à Vanwall dans les succès, à savoir la Cooper-Climax fonctionnant avec un moteur à propulsion arrière La saison fut une lutte entre trois pilotes : Moss qui courait tantôt sur une BRM, tantôt sur une Cooper, Brabham sur une Cooper et Brooks, pilote de Ferrari. La victoire finale revint à l’australien Brabham qui avait finalement mené la saison bien que suivi à la trace par Brooks et Moss, auteurs tous deux de belles victoires mais parfois trahis par leur mécanique. On notera l’apparition du GP des Etats-Unis cette année là, Grand Prix remporté par le jeune néo-zélandais Bruce McLaren à l’âge de 22 ans.