« LE VOL DU CORBEAU » ET « LE SURSIS » : DEUX HISTOIRES SE DÉROULANT PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE.

 

Dans cet article j’ai eu envie de vous faire découvrir, non pas un livre en particulier mais plutôt un auteur car je trouve qu’il mérite vraiment qu’on parle de lui ! Je me suis attardée sur deux de ses bandes dessinées « Le vol du corbeau » et « Le sursis » qui sont en fait liées l’une à l’autre. Les deux histoires se déroulent pendant la seconde guerre mondiale, La France est sous l’occupation allemande … Venez vite découvrir l’incroyablement talentueux Jean-Pierre Gibrat !

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– Jean-Pierre Gibrat : présentation.

Jean-Pierre Gibrat

Jean-Pierre Gibrat est né le 17 avril 1954 à Paris. Il étudie d’abord le graphisme publicitaire, puis l’art plastique et, s’oriente enfin vers la bande dessinée. Il publie ses premiers récits en 1977. Certains de ses dessins sont également publiés dans « Le nouvel observateur », « Science et avenir » et les mensuels jeunesse « Okapi » et « Je bouquine ».

En compagnie de Jacky Berroyer il se lance dans la publication de « Goudard » en 1978. Puis, fin 1982, Gibrat dessine « La Parisienne » tandis que Berroyer en écrit le scénario. Les deux personnages vont se rejoindre dans l’album suivant « Goudard et la Parisienne » En 1985, sur un scénario de Saval, Gibrat dessine dans Télé Poche une aventure mettant en scène, Zaza, la chienne de Michel Drucker. Puis, en 1997, Gibrat commence à écrire et dessiner en solo. C’est ainsi que naissent « Le sursis » et « Le vol du corbeau ». Jean-Pierre Gibrat est donc à la fois scénariste, dessinateur et coloriste, ce qui est plutôt rare pour un même homme ! Son éditeur le qualifie de blagueur, inquiet et perfectionniste.

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– Le Sursis

« Le Sursis » est divisé en deux tomes sortis en 1997 et 1999.

Le sursis tome 1  Le sursis tome 2.

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En 1943, Julien Sarlat saute du train qui le conduit en Allemagne. Il se retrouve à Cambeyrac dans l’Aveyron. Coup du destin : le train duquel il vient de sauter est bombardé et un corps inanimé a été identifié comme le sien. Julien Sarlat passe donc pour mort aux yeux de tous afin de se protéger jusqu’à la fin de la guerre. Sa tante l’aide à se cacher et, depuis la chambre de l’instituteur, il assiste à son propre enterrement … Mais comment rester cloîtré dans une chambre pendant des mois et des mois ? Il faut également réussir à vivre … Julien occupe donc son temps en observant les autres (miliciens et résistants) et, surtout, en vivant une étrange histoire d’amour avec Cécile… Puis au fil des pages, Julien finira par devenir non plus spectateur mais acteur de son propre destin.

« Le Sursis » raconte la seconde guerre mondiale à l’échelle d’une petite commune de l’Aveyron (département cher à Jean Pierre Gibrat) ce qui permet d’être plus proche des personnages et de leurs émotions. Émotions d’ailleurs mises au premier plan de l’histoire par l’auteur. Les allemands ne sont ici pas mis en scène : ce sont les français qui oppriment les français ! Le style du dessin et la mise en couleur (à la peinture) sont par ailleurs très réalistes. Sans oublier les petites touches d’humour qu’on apprécie beaucoup !

L’histoire est à sa juste longueur : ni trop courte ni trop longue. Même si au bout du deuxième tome on en veut encore. Mais dans ce cas on se rue sur « le vol du corbeau »

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– Le vol du corbeau

« Le vol du corbeau » est divisé en deux tomes. (2002 et 2005).
Le vol du corbeau

Fin juin 1944 à Paris, Jeanne, une jeune résistante, est traquée par la police française. Elle se réfugie sur la péniche d’Huguette et René. Elle rencontre alors François, sympathique cambrioleur avec qui elle va se lier d’amitié… Mais, la péniche de René est un jour réquisitionnée par les allemands. L’embarcation quitte alors Paris pour se diriger en Bourgogne. Règne alors autour de Jeanne un climat d’insécurité permanent. Pendant tout ce temps, la jeune héroïne se demande toujours qui a bien pu la dénoncer à la police française et qu’est devenue Cécile, sa sœur ? En lisant cette histoire on pense un peu au film « Monsieur Batignole » avec Gérard Jugnot.

Et, là encore, les dessins sont, esthétiques et élégants. L’auteur utilise essentiellement des couleurs chaudes. Gibrat a ici fait en sorte de laisser une grande place au décor pour permettre au lecteur de reconstituer plus facilement Paris sous l’Occupation.

Jean-Pierre Gibrat

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L’avis de Laetitia56

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Ces deux histoires sont différentes mais elles présentent tout de même des points communs dans leur conception et leurs personnages (Jeanne est la sœur de Cécile). En effet, « Le Sursis » et « Le vol du corbeau » peuvent exister indépendamment mais quand on a lu les deux histoires ces bandes dessinées prennent une dimension supplémentaire.

 

Jean Pierre Gibrat